LIAISONS, UTILITÉ ET BUT
mêmes sofastuioei ponr arrirer à des règles toachant leur emploi. £lle s'assi* mile les matériau d*empnint, les spécifie par la mélbode et par la destination; mais elle ne transporte pas dans son domaine les sciences qu'elle met à contribution, elle en accepte les résultats pour les iiaire converger à son but
Si rhygîène emprunte, elle donne aussi : Tétiologie, la prophylaiie, reposent presque exdusiferoent sur elle ; la thérapeutique puise en elle plus de ressources que dans l'arsenal pharmaceutique. Il est impossible d'étudier les effets f ariés que déterminent chez l'homme les choses dont il ose et jouit, sans être conduit aux causes qui troublent sa santé. Rechercher ce qui peut lui être nuisible, c'est passer en revue tous les foyers de l'étiologie morbide ; l'écarter de sa personne, c'est rendre inutile l'intenrention de la médecine. Quand la maladie n'a pu être conjurée, le traitement consiste encore plus dans une juste appropriation des modificateurs hygiéniques que dans l'administration des moyens spéciaux. Régler la température qui convient au malade, son régime, son vêtement, ses sensations morales, n'est-ce point là, avec les autres éléments de son assiette hygiénique, la première obligation du praticien, la garantie essentielle du succès de toute médication ? Ici encore l'exemple nous a été donné par les anciens. Ce qu'ils appelaient la diète (ètaira) les préoccupait avant tout; l'expectation hippocratique, motivée en théorie par la doctrine des crises, se fondait en réalité sur l'efOcacité des modificateurs hygiéniques : c'était laisser à la maladie toute sa latitude d'évolution naturelle ; c'était assurer au malade le bénéfice de sa force de réaction propre ; et comme HIppocrate, imité en cela par les praticiens sages de tous les temps, se faisait une loi première de ne point nuire (1), c'est sur l'hygiène que s'étayait sa médecine.
L'hygiène publique s'appuie sur la statistique médicale et sur l'économie politique ; elle constitue, à vrai dire, la seule médecine possible parmi les masses. Si l'on y réfléchit, on s'aperçoit que la thérapeutique échoue généralement contre les épidémies, contre les endémies; les explosions épidémiques foudroient les populations, étourdissent les praticiens, et l'art de ces derniers n'intervient avec quelque avantage que sur le déclin de l'affection, alors qu'elle se rapproche par son allure des maladies sporadiques. On ne saurait croire combien quelques mesures d'hygiène, telles que l'isolement et la dissémination des cholériques, leur traitement à l'air libre sous les tentes et sur des points exposés aux brises de la mer (juillet et août 185^), la séparation des convalescents, etc., ont contribué à abréger la durée de la terrible épidémie de Varna. Les endémies, attaquées en détail, ne cèdent que pour renaître avec une énergie nouvelle, et les constitutions qui en ont subi l'attaque réitérée finissent par se détériorer en dépit de tous les efforts thérapeutiques. Mais où l'art est impuissant à guérir, il lui est donné souvent de préserver; où il ne peut espérer d'étouffer le mal, il réussit au moins à le restreindre, à
(i) HippoeraCe, Œuvres eoniplètes, trad. Littré, De tancienne médecine, 1. 1, p. 637.
Tatténuer : double fortune que Thygiène lui octroie. Sans Tobservance rigoureuse de ses principes, les vastes établissements que la charité consacre au soulagement de Thumanilé deviendraient des lieux de désolation et de mort ; c*est par elle que les grandes réunions de travailleurs échappent au double danger de la condensation humaine et des travaux industriels ; elle est le génie tutélaire des armées en mouvement; durant la paix, elle pourrait en faire les vigoureuses pépinières de la nation ; dans une autre sphère, elle inspire le législateur, elle intervient dans les destinées des gouvernements qui se soutiennent moins par Tautorilé des formes et des conventions que par la force et le bien-être des peuples. Disons donc que si la médecine guérit les individus, l*bygiène sauve les masses; que Thygiène privée nous révèle les conditions de notre conservation personnelle, et Thygiène publique celles du progrès social.