‹ Traité d'iconographie chrétienneChapitre 132 sur 285 · LA VIE · texte numérisé non relu

LA VIE

1. — La vie a été considérée en elle-même, c’est-à-dire limitée à un individu ou dans la génération qui la continue. On l’a alors symbolisée par un arbre.

2. — Le xvi6 siècle a personnifié la SUBSTANCE, « substantia », au palais du Vatican, par une femme , dont les attributs sont : le lait de son sein, qui nourrit l’enfant ; le blé , qui fait le pain et la grappe d’où le vin coule.

3. — Au baptistère de Parme, à la fin du xn° siècle, le tympan de la porte a été rempli par une sculpture symbolique, dont le sujet est tiré d’une parabole de Saint Barlaam, insérée dans la Lé gende d'or. La vie est un arbre, feuillu et fruité; deux rats, un blanc et un noir, en rongent la base ; c’est le jour et la nuit, figurés à côté parle soleil et la lune personnifiés et accompagnés des quatre saisons. Dans l’arbre est grimpé un jeune homme, qui tend la main vers une ruche d’abeilles, symbole de la douceur de la vie. Au pied de l’arbre est un dragon, la gueule ouverte qui, quand l’arbre sera tombé, s’empressera de dévorer le jeune homme : c’est la mort.

Voir à ce sujet dans les Annales archéologiques , t.XV, l’article de Didron intitulé La vie humaine.

4. — La généalogie ou filiation d’une même famille a été aussi exprimée par un arbre, dont le tronc donne la descendance directe et les rameaux les branches latérales. On y joint des écussons et des médaillons, où sont inscrits les noms des membres.

L’arbre de Jessé est célèbre entre tous : la filiation y est rendue

par des personnages, émergeant du calice d’une fleur ou assis sur les branches, étendues à droite et à gauche.

5. — La vie spirituelle a l’arbre pour symbole, suivant ce texte biblique : « Beatus vir qui non abiit in consilio impiorum et in via peccatorum non stetit et in cathedra pestilentiæ non sedit, sed in lege Domini voluntas ejus et in lege ejus meditabitur die ac nocte. Et erit tamquam lignum quod plantatum est secus decursus aquarum, quod fructum suumdabit in tempore et folium ejus non defluet et omnia quæcumque faciet prosperabuntur. Non sic impii, non sic » (. Psalm . r, 1-5). Aussi, dans l’Evangile, l’arbre stérile est-il l’emblème du pécheur, condamné à la réprobation : « Omnis arborquæ non facit fructum bonum excidetur et in ignem mittetur. » (S. Matth.,vn, 19).

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