LIVRE CINQUIÈME. — LES VERTUS ET LES VICES
hs,la?2ce au poing, pour fondre sur l’ennemi.' — Le lion vigoureux des déserts, aux membres nerveux, le plus redoutable des animaux, qui rugit ou dort à ses pieds, car elle Ta dompté ; ailleurs, elle est assise sur lui ou vêtue de sa peau; ce lion pose souvent une de ses pattes sur le globe du monde, en signe de domination. — Un livre ouvert, sa parole écrite étant un glaive à deux tranchants, auquel rien ne résiste. — Une masse cT armes ou une massue , avec laquelle elle écrasera son ennemi, ou qui repose à ses pieds, car l’heure du combat est passée. — Un miroir , dans lequel elle se contemple. Est-ce que la beauté n’est pas une puissance qui agit fortement sur le cœur humain ? — La pique, variante de la lance. — Le pressoir , qui écrase la vendange. — - Le serpent , symbole du démon, dont elle brise la tête avec sa massue.
4. — La Force est accoudée , comme dans l’attente du combat, soit sur une colonne, emblème de son immobilité ; soit sur un chêne au tronc noueux, l’arbre dur, vigoureux et résistant par excellence ; soit sur une statue, haute et robuste. — Elle est chaussée, pour mieux résister à la marche, ou a les pieds nus, car elle ne redoute pas les accidents du terrain. — Elle porte /’ armure des guerriers, et est coiffée d'une peau de lion, qui descend sur ses épaules ou, dans sa confiance, elle ne songe même pas à couvrir sa tête parée d’une belle chevelure, et à recouvrir sa robe d’une armure. — - • Son geste indique le commandement. — Son regard est tourné vers le ciel, d’où vient toute puissance et toute énergie et où elle puise les motifs de ses ordres ; c’est là que réside le Dieu fort et puissant, qui lui ordonne de vaincre. — Sa main, appuyée sur sa poitrine, y sent battre un cœur que rien n’effraie. Elle invoque Dieu pour affermir sa confiance, et lui rend grâces après la victoire. — De la pointe d'un compas, elle trace un cercle sur une feuille de papier, carie cercle qui n’a ni commencement ni fin est le type de l’immobile éternité, qui est la force suprême. — Elle renverse et brise des idoles et un trépied où fume l’encens destiné aux faux-dieux, car la croix du vrai Dieu qui lui apparaît au ciel
lai a donné la puissance morale. — Elle soulève un linceul , la' mort même ne l’effrayant pas. — Elle n’a pas de peine à culbuter un vieillard , vrai dupe de sa faiblesse, qui réchauffe en vain, parla peau d’un lion, ses membres glacés. — Entourée des trophées de sa victoire à la fois sur terre et sur mer, elle reçoit des mains d’un angeleglaive pourlaguerre sainte ; l’Eglisea pour elle desprières, et chaque année, la veille de Noël, le Saint-Père bénit l’épée qu’il envoie à un prince catholique qui a bien mérité du Saint-Siège.
La Force est encore figurée en musicienne , qui fait résonner les cordes de sa harpe pour apaiser les fureurs de Saül ; en prêtresse , qui fait brûler l’encens sur l’autel ; en Hercule antique, qui vient de terrasser le lion de Némée ; mamelue, signe de vigueur corporelle.
A Saint Jean de Latran, assise, elle regarde paisiblement la lutte de deux enfants, dont l’un tient un cœur, et l’autre une écharpe. C’est un proverbe des saints Livres que l’amour est fort comme la mort, « fortis est ut mors dilectio ». ( Cant . Gant., vin, 6). N’est-ce pas le cœur qui aime, en lui que résident les saintes et durables affections ? L’écharpe nuptiale, dont l’épouse voile sa pudeur, n’estelle pas aussi un de ces liens puissants qui l’attachent à l’époux d’une manière indissoluble, et que la mort seule sera assez forte pour rompre ?
5. — On inscrit sur une banderole ou sur un cartouche ces paroles : Robur sum omnium timentium te, Domine , car la crainte du Seigneur fait la force du chrétien ; ou ces autres des Proverbes (xxviii, 1) : Jus tu s quasi leo confidens , Erit fortitudo vestra , Meum est in audendis confïdere.
6. — Au tombeau d’Erard de la Marck, la Force est victorieuse de l’orgueilleux Iiolopherne : Fortitudo Holofernem super bum périmit.
7. — Types iconographiques. Fig. 118. La Force, par André de Pise, à Florence, xive s. — Fig. 119. La Force, à la catli. de Nantes, xvie s.