LES VICES
1. — Le vice est l’opposé de la vertu: il représente le mal, c’est-àdire le péché et a pour inspirateur le démon.
2. — En iconographie, sa place est surtout au nord, qui symbolise la mort spirituelle de l’âme ; cependant, on le trouve au midi, parce que la chaleur du soleil excite et développe les passions.
3. — La mal se présentant sous plusieurs formes, il s’ensuit une série de vices qui n’ont pas tous le même degré de gravité. La classification des sept péchés capitaux est relativement moderne: le moyen-âge ne l’a pas connue.
4. — Les vices sont personnifiés quelquefois par un homme , mais plus ordinairement par une femme , debout ou assise, se distin-
guant par des attributs spéciaux, presque toujours empruntés à la zoologie. Des inscriptions aident ordinairement aies reconnaître.
Isolés, ces attributs deviennent des symboles.
5. — Voici, par ordre alphabétique, la liste des vices qu’on rencontre généralement dans les manuscrits et sur les monuments:
Amour : Cupidon antique, aux yeux bandés, ailé , armé d’un arc, d’un carquois et de flèches , pour frapper ses victimes ; de chaînes , pour les retenir captives. Auxxme et xive siècles, on le nomme le Dieu d' Amour et il a la figure d’un roi couronné qui lance des flèches sur les amoureux.
Avarice, « Avaritia» : vieille femme, nu-jambes, mal vêtue ou habillée de vêtements qu’elle a dérobés ; bouc, bourse , chat ; chien, qui, dit l’Ecriture, retourne à son vomissement; chouette', coffrefort, où elle entasse ses trésors ; crapaud, qui se gonfle et se nourrit des vapeurs de la terre ; dépouilles , qu’elle cache sous sa robe, car elle est voleuse ; glaive , avec lequel elle frappe ses sectateurs qu’elle aveugle ; lait noir, dont elle alimente les vices ; loup avide, mains fermées; monnaies, qu’elle cache dans un coffre ou son sein etenfouit en terre ; panthère ; pressoir, qui la montre usurière ; râteau, avec lequel elle attire ; singe \ ; taupe , qui vit sous terre. — Symbolisée par le marchand, « mercator. » — A pour filles : la trahison « prodicio » ; le vol, « furtum » ; la rapine, « rapina» ; le parjure, « perjurium » ; Y usure, « usura » ; la simonie, « symonia ».
Bavardage, « Multiloquium » : moine, oisif; moineau, babillard; pie, loquace.
Calomnie, « Calumnia» : armée d’un glaive tranchant, elle traîne un homme devant le juge .
Colère, « Ira » : échevelée , aux regards audacieux, se donnant la mort; aigle , bouquetin, chien rageur, coq, corbeau, croc pour mettre en pièces son adversaire ; cheveux en désordre, vêtements qu’elle déchire; épervier , flèches, glaive meurtrier; hache , qui mutile et tue ; lance , lion , loup , ours, sanglier, taureau . — Renverse d’un coup