LES ŒUVRES DE MISERICORDE
1. — Etymologiquement, la Miséricorde peut se définir : la compassion du cœur pour la misère d’autrui. Personnifiée, elle a pour attributs : des tablettes couvertes de caractères hébraïques, qui proclament Dieu miséricordieux : « Misericors Dominus, patiens et multum misericors » ( Psalm . cxliv, 8) ou que Dieu, ayant pitié de son peuple, lui a révélé sa loi ; une femme, que va frapper la Justice et à qui elle sauve la vie ; plusieurs rangs de mamelles , comme la Diane d’Ephèse, parce qu’elle est prodigue d’elle même; un lis, à cause de ses propriétés médicales.
Elle se rencontre avec la Vérité et lui donne un baiser : « Misericordia et Veritas obviaverunt sibi « [Psalm. cxliv, 88), puis avec la J ustice, suivant ce texte de saint Jacques : « Misericordia superexaltat Judicium » (Epist., n, 13J.
2. — La misère atteignant à la fois le corps et l’âme, il s’ensuit qu’à la misère physique et morale correspond un double exercice de la miséricorde, qui est dénommée en conséquence corporelle et spirituelle.
Jésus-Christ, parlant du jugement suprême, motive ainsi l'admission des élus à la droite : « Tune dicet rex his qui a dextris erunt : Venite, benedicti Patris mei, possidete paratum vobis regnum a constitutione mundi. Esurivi enim et dedistis mihi manducare ; sitivi et dedistis mihibibere; hospes eram et collegistis me ; nudus eram et cooperuistis me ; infirmus, et visitastis me ; in carcere eram, et venistis ad me » (S. Matth., xxv, 34-36).