LES PÈLERINAGES
1. — Les pèlerinages furent très fréquents au moyen âge: on les faisait par dévotion ou par pénitence, à pied et avec un costume spécial.
2. — Il faut distinguer trois sortes de pèlerinages: les grands , les nationaux et les provinciaux .
Les grands pèlerinages sont ceux de Rome, de Terre sainte et de Saint Jacques de Compostelle. Ceux qui faisaient le premier étaient appelés Romipètes ou Romieux\ les seconds, Paumiers, parce qu’ils avaient été au pays des palmes ; les derniers, Jacquiers.
Les pèlerinages nationaux concernent une contrée,, comme en Italie, ceux du mont Gargan et de Lorette et en France, ceux de Saint Denis et du Moût Saint Michel.
Les pèlerinages provinciaux ou diocésains sont exclusifs à une province ou un diocèse, comme en Lorraine celui de Benoite- Vaux.
3. - Chaque sanctuaire avait, à l’usage du pèlerin, un certain nombre d’objets qui lui rappelaient son voyage et qu’il gardait pieusement: enseignes de plomb, images gravées et coloriées, rubans ayant touché aux reliques, fac simile de l’objet vénéré, médailles , statuettes^ symboles pieux, comme le cor de chasse du
pèlerinage de Saint Hubert, etc. L’enseigne se plaçait au chapeau ou sur les vêtements, au cou ou au côté gauche de la poitrine.
On trouve souvent dans les tombes des coquilles et des médailles qui attestent l’accomplissement d’un pèlerinage. Un évêque d’Angoulême, au xn° siècle, avait recommandé de l’ensevelir avec la palme qu’il avait rapportée de Terre Sainte; elle était encore dans son sarcophage lorsqu’on l’ouvrit il y a quelques années.
4. — Le pèlerin avait pour signes distinctifs : un vêlement grossier et court, parfois en peau de mouton, à cause des intempéries de l’air ; une ceinture, à laquelle pendait un chapelet ; une escarcelle , fixée à la ceinture ou passée en bandoulière ; un chapeau à larges bords, relevé en avant ; une pèlerine , qui lui couvrait les épaules ; un bourdon ou bâton, ferré à la pointe, terminé par une ou deux boules et muni d’un crochet , portant la gourde et le mouchoir pour essuyer la sueur ; enfin des coquilles , disséminées sur le chapeau, la pèlerine et l’escarcelle, pour indiquer, dans le principe, un voyage d’outre-mer.
Sur la pèlerine et au chapeau, deux clefs en sautoir dénotent le pèlerinage à Home, au tombeau de Saint Pierre, quia les clefs pour attribut.
Le Pèlerinage a été personnifié au xvi° siècle, dans une fresque du Vatican, qui le représente ayant en main le bourdon sur lequel il s’appuie et le globe du monde qu’il parcourt.
5. — Dans l’église de Sainte Praxède, à Rome, un pèlerin est gravé sur sa tombe, qui date de 1225. En Limousin, on rencontre souvent, sur les dalles tumulaires, en signe de pèlerinage, un bourdon et une escarcelle sculptés en relief: je citerai entre autres celles qui sont dans le cimetière de la Souterraine et qui datent du xve siècle.
6. — Saint Jacques, patron des pèlerins, est toujours représenté, du xiie au xvie siècle, en costume de pèlerin, afin d’exprimer l’attrait qu’on avait pour son tombeau.
On donne aussi le bourdon aux trois Maries qui se rendent au