LES NEUF PREUX
1. — Le moyen âge eut un culte pour les;;m/,r, qui sont les héros de tous les temps, tradition qui s’est maintenue dans les cartes à jouer.
On en compte neuf: trois pour le judaïsme, Josué, David et Judas Machabée ; trois pour le paganisme, Hector, Alexandre, Jules César ; trois pour lechristianisme, Charlemagne, Artus et Godefroy de Bouillon. Ils ont eu une place à l’église, comme l’atteste un
compte de l’an 1417 à S. Nicolas de Tournai : « A Baudoin Le Clercq,pour avoir repoint tout noef xvi escus des preux. »
2. — Sur un buis sculpté du musée du Lou vre (xvT s.) le dixième est le Christ, parce qu’il mourut en croix pour sauver l’humanité.
3. — Les preux sont représentés en guerriers et achevai, parce qu'ils ont été militants et sont maintenant triomphateurs. Cependant, en 1532., à Caen, les trois preux chrétiens étaient seuls montés sur des chevaux. Les autres montures étaientpour Josué, un chameau; pour David, un éléphant; pour Judas Machabée, un cerf ; pour Hector, une licorne ; pour Alexandre, un griffon et pour César/ un dromadaire. Evidemment ces animaux avaientune signification symbolique qui nous échappe maintenant. Sur la sculpture du Louvre, on les reconnaità leur nom et à leur écusson, qui se blasonne ainsi d’après un manuscrit de 1420 et un imprimé de 1628 :
Josué : d'argent , à un basilic de sable.
David : d'azur , à une harpe d'or cordée d'argent.
Judas Machabée: d'or , à trois corbeaux passants de sable , becqués et armés de gueules , posés 2 et 1.
Hector : de sable , à deux lions affrontés d'or.
Alexandre: d'or, ci un lion de gueules , assis sur une chaire de pourpre , tenant en ses pattes une hallebarde d' argent, le manche d'azur , armé et lampassé de même.
Jules César: d'or , al' aigle double éployée de sable.
Charlemagne: mi-parti , d'or à l'aigle double éployée de sable , qui est Allemagne et d'azur , semé de fleurs de lis d'or , qui est France.
Artus : de gueules , à trois couronnes , 2 et 1 et une Vierge-mère en abîme , le tout d'or.
Godefroy de Bouillon : écartelé en sautoir de Jérusalem et sur le tout d' Auvergne.
4. — Une gravure de la fin du xv° siècle à la Bibliothèque nationale rend ainsi compte en vers de la valeur de chacun des neuf preux: