LIVRE SEPTIÈME. — LES SACREMENTS
première est cl 'or et la seconde d’ argent ; comme l’exercice du privilège est un dans son essence, les deux clefs sont liées ensemble par un cordon rouge , qui est la couleur papale, ou ont leurs anneaux passés l’un dans l’autre et comme ce pouvoir s’exerce sur le ciel, les 'pannetons des clefs sont tournés en haut .
Raphaël, en figurant la dation des clefs, a introduit une nouveauté blâmable en iconographie, lorsqu’il a agenouillé saint Pierre, Le moyen âge, au contraire, le laisse debout, car le Christ ne l’abaisse pas en cette circonstance, mais l’élève à la hauteur de sa divinité.
3. — Le prophète de la Pénitence est David, qui a chanté le Miserere implorer son pardon, et ses figures expressives sont
Naaman, guéri de la lèpre et Job sur son fumier, sujet représenté aussi fréquemment que la faute de David dans les livres d’heures, en tête des sept psaumes de la Pénitence.
4. — Le but de la Pénitence est d’apaiser la colère de Dieu et do réparer l'offense. Dans les fresques du Vatican (xvie s.), X Offense, « Offensio », frappe au front son adversaire avec une pierre ; la Colère , « Ira Dei », également personnifiée, brandit une épée flamboyante pour frapper le coupable et fait souffler les vents qui brûleront les fruits de la terre ; par allusion à un double châtiment, spirituel et temporel.
5. — - La Pénitence comporte trois actes : la contrition , la confession et la satisfaction.
La Contrition , « Gontritio », dans les fresques du Vatican (xvie s.), d’un geste montre la terre qui lui a donné occasion de pécher et lève les yeux si les mains vers celui qui sait pardonner au cœur repentant. Elle dit, de son regard confiant et solliciteur, avec David : « Cor contritum et humiliatum, Deus, non despicies. » [Psalm. L, 18), et se tient humblement à genoux; ses larmes attestent ses remords,
6. — La Confession a été représentée, surtout à partir du xive siècle, entre autres à la cathédrale d’Orvieto, Elle comporte deux per-
sonnages, le prêtre et le pénitent. Le confesseur, souvent un religieux, porte le surplis, parce qu’il remplit un ministère ecclésiastique et est couvert , en signe de juridiction. 11 est assis sur un banc ou un siège à dossier, dans l’église ou même en dehors, car le pénitent ne sera digne d’y entrer qu’après sa réconciliation avec Dieu. Il tient soit une baguette, pour frapper le pécheur, soit un rouleau où sont écrits les canons pénitentiaux : il impose aussi la main sur la tête du pénitent pour l’absoudre. Celui-ci est agenouillé, mains jointes et tête baissée, à côté du prêtre, sans séparation entre eux. Le confessionnal à compartiments ne se voit pas
avant le xvn° siècle (: Tableau cle J. Crespi , au musée de Turin).
7. — La Satisfaction consiste en prières ou en actes. Parmi ces actes, il faut citer les pèlerinages, qui eurent si grande vogue au moyen âge ; le fouet (S. Louis se faisait fouetter par son confesseur, ce qui est représenté sur les vitraux de la sainte Chapelle de Ghanapigny) ou son équivalent, comme font encore les pénitenciers de Rome, dont la baguette est l’attribut, ainsi qu'au moyen âge (tombe du musée de Lyon) ; X amende honorable, qui se faisait nu-pieds, en chemise et un cierge à la main, devant la porte de l’église ; V expulsion des pénitents publics, dans le même costume, le mercredi des cendres, et leur, réconciliation, le jeudi saint (voir les Pontificaux illustrés).
8. — Les apôtres de la Pénitence sont : saint Pierre, qui expia son reniement dans une grotte et par ses larmes ; saint Paul, dont les fresques d’Orvieto interprètent dans le sens de la confession ce texte célèbre : « Probet autem seipsum homo et sic de pane illo edat (I ad Corinth., xi, 28) ; saint Thadée, qui dit dans le Credo : « Remissionem peccatorum. »
9* — Au sacrement de Pénitence se rattache la question des indulgences.
L’indulgence par excellence est celle du jubilé , qui accorde la rémission complète de la peine du péché. Le jubilé est symbolisé par la porte sainte, qui ne s’ouvre que l’année jubilaire ou, comme