‹ Traité d'iconographie chrétienneChapitre 38 sur 285 · LE MOUVEMENT · texte numérisé non relu

LE MOUVEMENT

1. — Le mouvement met en jeu les différentes parties du corps, séparément ou simultanément. Le visage donne l’expression, le corps prend une attitude, le bras fait le geste.

2. — Le visage exprime les sentiments de l’âme, passion, joie, deuil, douleur, indignation, espérance, résignation.

Les yeux baissés indiquent la modestie et fixes, l’orgueil ; dirigés vers le ciel , la prière; ils voient, pleurent, menacent et commandent.

La tête droite dénote le calme; rejetée en arrière , l’arrogance; inclinée, la compassion et la pitié, la mort (le Christ sur la croix,); penchée en avant, la modestie, la soumission.

La bouche s’ouvre pour chanter ou vociférer, ce qui n’est pas toujours gracieux (chœur à la façade de N. D. d! Avioth, xiv° s.). Elle reste fermée , quand il s’agit simplement de la parole. Montrer les dents est signe de colère et tirer la langue signe de mépris.

L’oreille écoute; le nez odore [panneau du xive s. au mus, chrét. du Vatican , résurrection de Lazare).

3. — L’ attitude est, suivant l’Académie, « la position du corps. »

Le personnage est debout , dignité ou résurrection; assis, majesté, sainteté et enseignement (les évangélistes, les arts libéraux) ; agenouillé , supplication (les donateurs); couché , mort et abaissement; prosternés soumission, adoration, pénitence et humiliation ; incliné , respect ; soulevé de terre , extase ; volant , glorification ; transporté, vénération.

4. — Les pieds marchent ou sont immobiles. La marche dénote l’activité et l’agilité, le voyage, le pèlerinage, les affaires. Les pieds superposés sont un indice de fatigue et de lassitude : le Christ les a ainsi sur la croix, ce qu’expliquent ces vers du Dies iræ :

Quærens me sedisti lassus,

Redemisti crucem passus.

Quand les jambes sont croisées, le personnage est au repos et prend ses aises ; par exemple, Hérode ordonnant le massacre des Innocents, sur la chape de Boniface VIII, à Anagni.

5. — Le geste accompagne d’ordinaire la parole qu’il accentue ; en iconographie, il la remplace presque constamment. Il se fait avec le bras, la main et le doigt.

Bras levés , supplication ; bras ouverts , joie, accueil, bonté (le Père éternel, le père de l’enfant prodigue) ; bras tendus , rédemption (le Christ en croix) ; bras droit levé , geste de colère (le Christ du jugement dernier de Michel- Ange) ; bras droit tendu et main horizontale, silence demandé ou imposé ; bras tendu et main ouverte , démonstration (Pilate à la scène de l’Ecce homo) ; bras passé autour du cou , protection (S. Pierre et S. Paul pour Sainte Praxède et Sainte Puden tienne, mosaïque romaine du ix° s.); coude appuyé, méditation, attention à ce qui se dit.

6. — Les mains gesticulent, agissent, combattent, tiennent les attributs : mains jointes , prière, grâce reçue (la Vierge à la Con-

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