‹ Traité d'iconographie chrétienneChapitre 43 sur 285 · LIVRE PREMIER · texte numérisé non relu

LIVRE PREMIER

NOTIONS GÉNÉRALES

pas toujours, le manteau jeté d’une épaule à l’autre, porté en chape ou formant chlamyde, c’est-à-dire agrafé sur l’épaule.

La tunique exomide , propre aux esclaves, paysans et artisans, ne dépasse pas le genou : elle laisse à découvert l’épaule et le bras droit, afin d’assurer la liberté d’action.

Le vêlement est ordinairement double , tunique et manteau : « Yestiti sunt duplicibus » (Proverbe xxxi, 21 ).

La ceinture signifie particulièrement le travail, la marche, la force et la chasteté : « Accinxit fortitudine lumbos sues » ( Prov ., xxxi, 17). « Induam ilium tunica tua et cingulo tuo confortaho eum » (Isaï. , xxn, 21). » Renes vestros accingetis » (. Exod ., xii, 10).

4. — Les jambes sont tantôt nues, tantôt couvertes. Aux premiers siècles, les anaxyrides sont attribuées aux orientaux ; c’est pourquoi elles sont portées par les rois mages.

5. — La chaussure varie, suivant les temps et les circonstances ; soulier , sandale à la romaine, brodequin , cothurne.

6. — La nudité complète devrait être le signe de l’apothéose, comme le pratiquait le paganisme : le moyen âge n’a pas osé aller jusque-là. Il y a donc, pour les saints et les élus, un costume glorieux. A la .Transfiguration, celui du Christ est blanc : « Vestimenta autem ejus facta surit alba sicut nix. »(A. Matth,, xvn, 2). Les anges, assimilés à l’homme puisqu’ils en prennent la forme, ont aussi des vêtements blancs : « Et vestimentum ejus sicut nix. » ( S . Matth., xxviii, 3). « Duos angelos inalbis. » (S. Joan ., xx, 12) ; « in vestibus albis » [Act. Ap . , i, 10). Dans l’Apocalypse, les martyrs sont habillés de même, « amicti stolis albis » (vu, 9), parce qu’ils ont lavé leurs robes dans le sang de l’Agneau, « et laverunt stolas suas et dealbaverunt eas in sanguine Agni » (vu, 14). Le Te Deum le répète dans ce verset : « Te martyrum candidatus laudat exercitus. )>

L’Apocalypse a pu sur ce point déterminer l’iconographie, car il y est écrit des martyrs : « Et datæ sunt illis singulæ stolæ albæ » (vii, il). Le bréviaire romain a ce verset au commun des contes-

seurs : « Amavit eum Dominus et ornavit eum. stolam gloriæ induit eum », parce que l’Apocalypse dit des saints : « Qui non inquinaverunt vestimenta sua et ambulabunt mecum in albis » (in, 4). Dans les miniatures du moyen âge, on voit souvent les anges remettre une robe aux élus, à leur entrée au ciel, suivant le texte de Saint Paul : « Si tamen vestiti, non nudi inveniamur... nolumus expoliari sed supervestiri. » (2 ad Corinth ., v, 3-4).

En général, les saints gardent au ciel le costume qu'ils ont porté sur la terre, comme marque de distinction ; autrement, l'uniformité empêcherait de les reconnaître. Les artistes, pour exprimer l’état glorieux, ont employé trois moyens : les étoffes précieuses, un glacis ou des reflets d’or sur les vêtements, un semis d’étoiles , comme l’a fait Fra Angelico pour la chape de S. Dominique [tabl. du couronnement de la Sainte Vierge , au Louvre ).

7. — - Type iconographique . — Fig. 49 : la Vierge, en voile, robe et manteau, dalmatique impériale à Rome,xn° s.

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