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CHAPITRE XII

l’eau

1. — L’Eau a été symbolisée par deux canards affrontés, car ce sont des oiseaux aquatiques (Mosaïq. du baptist. de Latran, ve s.) ; par un poisson, qui ne peut vivre que dans cet élément (Cath. d’Aoste, xie s.) ; parla couleur bleue , parce qu'elle reflète le.firmament (fresq. de Raphaël).

2. — Au naturel, elle est généralement blanche , bleue ou glauque. Pour exprimer qu’elle coule, on la figure ondulée. Elle est peu-

plée de poissons et à sa surface voguent de petits bateaux conduits par des génies (Mos. de Saint Jean de Latran, xme siècle).

3. — Personnifiée, elle a pour attributs : une aiguière ou urne, d’ou Peau s’épanche ; une barque, pour naviguer ; une rame , pour conduire la barque ; un roseau ou des joncs, qui croissent dans son sein ou sur ses bords; des pinces de crabe au front, afin de rendre sa puissance ; une longue barbe et de longs cheveux , par allusion à son expansion.

La personnification est toujours un homme. La tapisserie de Mi-

lan (xvie s.) en fait un Neptune, à l’instar de Benvenuto Cellini sur la salière de Vienne. Les nymphes, d’origine païenne, sont revenues à la renaissance (fontaine des Innocents, à Paris, xvie siècle.

4. — L'Océan est un masque cornu, qui vomit l’eau par la bouche ( Crypte d Anagni, xne s.) : sous cette forme, on le voit à Rome, sculpté en pierre pour une bouche d’égoût, à Sainte-Marie in Cosmedin . Au Vatican, sur une fresque du xvie siècle, la mer , «mare»,, est représentée par une vue de la mer et le port d'une ville antique : elle a pour devise « Potestas ejus a mare usque ad mare. »

Le Jourdain est ordinairement formé par deux rivières, le Jor et le Dan, qui confondent leurs eaux.

5. — Dans l’Ancien Testament, le baptême est figuré par Y eau qui couvre la terre et sur laquelle est porté l’Lsprit de Dieu; par les quatre fleuves du paradis terrestre ; par le déluge, qui sauve Noé et engloutit les méchants; par l'eau du désert, qui d’amère devient douce ; par celle qui coule du rocher frappé par Moïse ; par la mer rouge , qui délivre les Hébreux et noie les Egyptiens ; par la mer d airain, dont les fonts de Liège (xue s.) expliquent ainsi le sens mystique :

Duodecim qui fontes sustinent Boves, typum gratiæ continent.

Materia est de mysterio Quod tractatur in baptisterio.

L’Eglise, à la bénédiction des fonts, le samedi saint, rappelle ces figures : « Deus eujus spiritus super aquas, inter ipsa mundi primordia ferebatur, utjam tune virtutem sanctificationis aquarum natura conciperet. Deus, qui nocentis mundi crimina per aquas abluens, regenerationis speciem in ipsa diluvii effusione signasti, ut unius ejusdemque elementi mysterio et finis esset vitiis et origo virtutibus... Qui te de paradisi fonte manarefecit et in quatuor flu-

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