‹ Traité d'inconographie chrétienneChapitre 232 sur 272 · CHAPITRE II l'église · texte numérisé non relu

CHAPITRE II l'église

1. — L'Église représente le pouvoir spirituel dans la loi nouvelle. Le moyen-âge s'est plu à la personnifier, et depuis le xvi^ siècle, cette représentation est devenue très fréquente.

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2. — Elle a pour attributs: le bénitier, avec son goupillon, car elle bénit et exorcise; la branche^ qu'elle va greffer sur une tige sauvage; le calice ei V hostie^ pour rappeler le sacrifice de Tautel qu'elle célèbre ; le casque^ la outrasse et le bouclier^ afin de se défendre contre ses ennemis ; les clefs d'or et d'argent, avec lesquelles elle ouvre ou ferme le ciel ; la corde^ parce qu'elle vit dans la pénitence et la mortification ; la croix de son fondateur ; Vencensoir y a'^ec sa navette ^ car elle prie et parfume l'autel ; la flamme de l'amour de Dieu et de la justice ; la foudre^ parce qu'elle fulmine l'excommunication ; les livres de la Sainte Ecriture, de sa liturgie, aux sept sceaux, à cause des mystères ou des hérétiques qu'elle fouie aux pieds ou brûle; V hérésie^ qu'elle extermine en la perçant de sa croix à double croisillon; le sceptre, parce qu'elle commande au monde ; le soleil de la vérité, qui brille sur sa poitrine ; le Saint-Esprit j qui l'inonde de lumière ; un temple ^ circulaire ou octogone, où elle purifie par le baptême; les vêtements pontificaux^ aube, étole, chape, tiare ; le voile sur la tête, car elle est pudique ; un pauvre près d'elle, parce qu elle assiste les malheureux ; Aaron, grand-prêtre de l'ancienne loi, comme l'ombre suit la réalité ; le serpent cF airain sur le tau symbolique, figure de la rédemption par la mort du Christ sur la croix.

3. — Le xvi* siècle, à Rome, a groupé autour de l'Église quelques personnifications qui en complètent l'idée générale :

Cure des âmes, « Animi cura » : crosse épiscopale, l'évêque étant le premier pasteur du troupeau.

DiME, « Décima > : pain et muids de vin, prélevés sur les récoltes.

Papauté, « Papatus » : branche de grenadier chargée de fruits, car la grenade, par la multitude de ses graines, exprime l'union de tous les enfants de l'Église dans son giron maternel ; clefs, qui ouvrent et ferment le ciel, suivant la parole du Christ à Saint Pierre : « Et tibi dabo claves regni cœlorum » (5. Mat th., xvi, 19) ; livre de la doctrine et de l'enseignement.

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