Le nimbe consiste en un champ et une bordure
La bordure, réduite souvent à un simple filet de couleur qui fait ressortir le fond, est plus ou moins large et ornée ; on y voit des perles ou des gemmes, des rinceaux, des festons, une inscription nommant ou désignant le personnage, par exemple Karolus mag?ius rex dans les vitraux de Strasbourg (xii^ s.) et les premiers mots du Miserere autour du nimbe de David, au portail de la cathédrale d'Angers, (xii^ s.) : miserere {meij Deus, secujuDVJA.
Le champ est généralement tim; au moyen âge, on l'orne de stries, pour imiter les rayons lumineux et de rinceaux^ pour exprimer la vie éternelle.
5. — Le nimbe crucifère ost la variété la plus importante du nimbe orné. Une croix le traverse et le coupe en quatre parties égales. Dans le principe, les branches de la croix sont droites, puis elles deviennent /?a//é^^ aux extrémités, enfin elles forment des courbes gracieuses. Les Grecs y inscrivent les deux mots o «v, car Dieu est l'être par excellence et les Latins y ajoutent des pierres précieuses.
Ce nimbe a été précédé, dans les premiers siècles, par un nimbe spécial, marqué du chrisme ou monogramme du nom du Christ. A partir du xvi* siècle, souvent, la croix seule subsiste, comme aux hautes époques.
6. — Le nimbe se place verticalement derrière la tête dont il épouse la forme ; parfois, il est surhaussé, c'est-à-dire élevé audessus du cou. Ou bien, il est appliqué obliquement au sommet de la tète, pratique très usitée en Italie; ou encore, réduit à l'état de filet, il est vu en perspective au-dessus de la tête à laquelle il ne touche pas : ces deux dernières formes appartiennent essentiellement à la décadence de l'art et de la tradition, leur effet d'ailleurs laisse beaucoup à désirer.