‹ Traité d'inconographie chrétienneChapitre 40 sur 272 · LE MOUVEMENT · texte numérisé non relu

LE MOUVEMENT

I. — Le mouvement met en jeu les différentes parties du corps, séparément ou simultanément. Le visage donne Texpression, le corps prend une attitude, le bras fait le geste.

2. — Le z;/5ay^ exprime les sentiments de Tâme, passion, joie, deuil, douleur, indignation, espérance, résignation.

Les yeux baissés indiquent la modestie et fixes, Torgueil ; dirigés vers le ciel, la prière ; ils voient, pleurent, menacent et commandent.

La /^/tf rfm/^ dénote le calme; rejetée en arrière^ Tarpogance; mclinée, la compassion et la pitié, la mort (le Christ sur la croixj; penchée en ava?il^\a modestie, la soumission.

La bouche s'ouvre pour chanter ou vociférer, ce qui n'est pas toujours gracieux ('r/z^î/r () /^^ /^ry/r/^ de N. D. cFAvioth, xiv« s.). Elle reste fermée^ quand il s'agit simplement de la parole. Montrer les dents est signe de colère et tirer la langue signe de mépris. I 4

50 TRAITÉ d'iconographie

L'oreillo écoute; le nez odovQ {pcfnfieau du x\\^ s.ainnus. chréldu Vaiicany résurrection de Lazare).

3. — Vatti'lude est, suivant l'Acaclémie, « la position du corps. » Lo personnage est debout, dignité ou résurrection; assis, majesté, sainteté et enseig nement (les évangélistes, les arls libéraux) ; fl/jr('/202////d, supplication (les donateurs); couché, morl ol abais?em^iit; prosterné y soumission^ adoration, pénitence et humiliation; incliné, respect ; soulevé de terre, extase ; volant, glorification ; transporté, vénération.

4. — Lqs pieJs marchent ou sont inaniobiles. La marche dénote l'activité et Tagilité, le voyage, le pèlerinage, les affaires. Les pieds superposés sont un indice de fatigue et de lassitude : le Christ les a ainsi sur la croix, ce qu'expliquent ces vers du Dies irœ :

(Juicrens me sedisli lassus, Iledcniisti crucem passiis.

Quand Iqs jambes sont croisées, le personnage est au repos et prend ses aises ; par exemple, Hérode ordonnant le massacre des Innocents, sur la chape de Boniface VIII, à Anagni.

5. — r Le ge.fte accompagne d'ordinaire la parole qu'il accenlue : en iconographie, il la remplace presque constamment. Il se fait avec le bras, la main et le doiffi.

Bras tevéSj supplication ; bras ouverts, joie, accueil, bonté (le Père éternel, le père de Tcnfant prodigue) ; bras tendus, rédemption (le Christ en croix) ; bras droit levé^ geste de colore (le Christ du jugement dernier de Michel-Ange); bras droit tendu et main horizontale, silence demandé ou imposé ; bras tendu et ?nain ouverte, démonstration (Pilate à la scène de l'Ecce homo) ; bras passé autour du cou, protection (S. Pierre et S. Paul pour Sainte Praxède et Sainte Pudentienne, mosaïque romaine duix'' s.); coude appuyé, méditation, attention à ce qui se dit.

G. — Les mains gesticulent, agissent, combattent, tiennent les attributs : mai?is jointes, prière, grâce reçue (la Vierge a la Con-

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