‹ Traité d'inconographie chrétienneChapitre 45 sur 272 · LIVRE PREMIER. — NOTIONS GÉNÉRALES · texte numérisé non relu

LIVRE PREMIER. — NOTIONS GÉNÉRALES

pas toujours, le manteau jeté d'une épaule à Tautre, porté en chape ou formant chlamyde, c'est-à-dire agrafé sur Tépaule.

La tunique exomide, propre aux esclaves, paysans et artisans, no dépasse pas le genou : elle laisse à découvert l'épaule et le bras droit, afin d'assurer la liberté d'action.

Le vêtemtnt est ordinairement double^ tunique et manteau : î* Vestiti sunt duplicibus » {Proverb., xxxi, 21J.

La ceinture signifie particulièrement le travail, la marche, la force et la chasteté : « Accinxit fortitudine lumbos suos » [Prov.j XXXI, 17). « Induam illum lunica tua et cingulo tao confortabo oum » (Isaï., XXII, 21). » Renés vestros accingetis » [Exod.^ xii, 10).

4. — Les jambes sont tantôt nues, tantôt couvertes. Aux premiers siècles, les anaxyrides sont attribuées aux orientaux ; c'est pourquoi elles sont portées par les rois mages.

5. — La chaussure varie, suivant les temps et les circonstances : soulier, sandale à la romaine, brodequin, cothurne,

0. — La nudité complète devrait être le signe de l'apothéose, comme le pratiquait le paganisme : le moyen âge n'a pas osé aller jusque-là. 11 y a donc, pour les saints et les élus, un costume glorieux. A la ^Transfiguration, celui du Christ est blanc : « Vestimenta autem ejus facta sunt alba sicut nix. ^^{S.Matth., xvii, 2). Losanges, assimilés à l'homme puisqu'ils en prennentla forme, ont aussi des vêtements blancs : « Et vestimentum ejus sicut nix. » [S. Matth.y xxviii, 3). « Duos angelos in albis. » (5. Joan-^ xx, 12) ; « in vestibus albis» [Act. Ap.^ i, 10). Dans l'Apocalypse, les martyrs sont habillés de même, « amicti stolis albis » (vu, 9), parce qu'ils ont lavé leurs robes dans le sang de l'Agneau, « et laverunt stolas suas et dealbaverunt eas in sanguine Agni » (vu, 14). Le Te Deum le répète dans ce verset : « Te martyrum candidatus laudat exercitus. »

L'Apocalypse a pu sur ce point déterminer l'iconographie, car il y est écrit des martyrs : « Et datée sunt illis singulœ stolœ albœ » (vu, 11). Le bréviaire romain a ce verset au commun des confes-

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seurs : « Amavit cum Dominus et ornavit cum, slolam gloriir induit eum », parce que TApocalypse dit des saints : « Qui non inquinaverunt vestiraenta sua et ambulabunt mecum in albis » (ni, 4). Dans les miniatures du moyen âge, on voit souvent les anges remettre une robe aux élus, à leur entrée au ciel, suivant le texte de Saint Paul : « Si tamen vestiti, non nudi invenîamur... nolumus expoliari sed supervestiri. » [2 ad Corhith,, v, 3-4).

En général, les saints gardent au ciel le costume qu'ils ont porté sur la terre, comme marque de distinction ; autrement, l'uniformilé empêcherait de les reconnaître. Les artistes^ pour exprimer l'état glorieux, ont employé trois moyens : les étoffes précieusesy un glacis ou des reflets cTor sur les vêtements, un semis (Tétoiles, comme Ta fait Fra Angelico pour la chape de S. Dominique (/aô/. du couronnement de la Sainte Vierge, au Louvre).

7. — Type iconographique. — Fig. 49 : la Vierge, en voile, robe et manteau, dalmatique impériale à Rome, xif s.

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