‹ Traité d'inconographie chrétienneChapitre 48 sur 272 · Le luminaire est un honneur rendu à Dieu 6t aux saints · texte numérisé non relu

Le luminaire est un honneur rendu à Dieu 6t aux saints

2. — 11 se manifeste de trois manières : lampe^ cierge, torche. La lampe, récipient de métal ou de verre, brûle de l'huile : elle est

suspendue.

Le cierge est une mèche enduite de cire^ jaune ou blanche : on le pose sur un chandelier.

La torche réunit plusieurs cierges ensemble, de façon à augmenter la flamme. Ces cierges sont souvent tordus, intorlitia : au moyen âge, on les allongeait à Taide d'un grand manche en bois et on les agrémentait de targes armoriées.

3. — On trouve les lampes devant les tombeaux, les autels, les images vénérées. La lampe est l'attribut ordinaire de la vigilance et des vierges sages. Elle signifie la nuit, par exemple à la Nativité de Notre-Seigneur.

Les chandeliers figurent devant les corps saints^ les reliques, aux offices liturgiques.

Les torches sont surtout affectées à l'élévation de la messe et à la procession du Saint-Sacrement.

A. — Le chandelier à sept branches du Tabernacle de Tanciennc loi a donné lieu à un chandelier analogue, populaire au moyen âge : le plus remarquable est celui du dôme de Milan, qui est en bronze et date du xiii^ siècle. 11 symbolise les sept dons du Saint- Esprit, de même que les sept chandeliers de la messe pontificale, dont Torigine remonte jusqu'à l'Apocalypse : « Et conversus vidi septem candelabra aurea. Et in medio septem candelabrorum aureorum similem filio hominis. » {Apoc ,i, 12, 13).

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5. — Les couronnes de lumière, oii les cierges et les lampes sont en nombre, figurent la Jérusalem céleste, que TAgneau éclaire : « Lucernaejus est Agnus » {Apoc,^ xxi, 23) et où les justes brillent : « Fulgebunt justi et tamquam scintillae in arundineto discurrent » {Sap., 111,7). Celle d'Aix-la-Chapelle est la plus célèbre de toutes: Frédéric Barberousse la donna au xii° siècle. Une inscription métrique explique pourquoi les prophètes, les apôtres et les béatitudes y sont figurés et comment le type primordial a été fourni par TApocalypse :

Celica Jherusalem signalur imagine tali

Visio pacis, cerla quietis spes ibi nobis.

nie Joannes, gralia Cbrisli prcco saluli?,

Quam prophelavit quamque propbcLa?, dcniquc virlus

Lucis aposlolicc fiindavit dogmate vitani,

Urbem syderea labenlem viditin a^Uira,

Auro ridenlem mundo gemmisquo nitenlcm.

6. — Les offrandes des fidèles reconnaissants, à la suite d'une grâce obtenue, ont consisté, pendant tout le moyen âge, en cierges portés aux sanctuaires où ils avaient prié. Ces cierges sont de deux sortes : allongés ou enroulés. Une des formes les plus curieuses est certainement celle qui, par sa longueur, représentait le pourtour d'une ville, comme hommage de tous ses habitants collectivement : on le nommait roue ou rouelle^ parce qu'on Tenroulait sur lui-même ou sur un cylindre de bois pour pouvoir le porter en procession et exposer dans l'église, sans être trop encombrant.

7. — Ttjpes iconographiques. Fig. 53 : Torche tenue à l'élévation, tableau de Roger van der Weydcn, xv° s. — Fig. 5i : Bougie enroulée, ofi^rande à Saint Eloi, enseigne de pèlerinage, xiii'' s.

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