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LA DÉVOTION POPULAIRE

1. — La dévotion populaire, moins rigide que la liturgie qui a un caractère officiel, a engendré, dans le cours des âges, cinq formes distinctes ; médailles, fac-similé, mesures, images, ex-voto.

2. — Les médailles sont de plusieurs sortes: médailles pieuses ^ qu'on porte au cou et qu'on pend au chapelet: méreaux de chapitres et de confréries, aux effigies des patrons ; enseignes de pèlerinage, attachées aux vêtements et gardées dans les maisons en signe de protection ; amulettes ou médailles cabalistiques, auxquelles on attache une vertu particulière.

3. — La dévotion a créé un genre d'industrie, qui consiste à reproduire de toutes façons (tableaux, médailles, gravures, etc.) les objets les plus vénérés. A la longue, les copies ont été assimilées aux originaux, au grave détriment de l'authenticité, les plus habiles se perdant en conjectures pour tout expliquer; de là cette

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quantité considérable de Saintes Faces, de Madones de Saint Luc, de clous de la Passion, etc.

Le fac-similé copie un original aussi fidèlement que possible. Souvent, c'est un tableau, comme les reproductions de la Vierge de Sainte Marie Majeure, commandées par Saint François de Borgia ; d'autres fois, c'est un simple linge, où la représentation est très sommaire, mais qu'une attestation, délivrée par l'autorité compétente, affirme avoir touché à la relique.

4. — hsi mesure est plus rigoureuse que le fac-similé, qui ne figure pas toujours exactement les dimensions de l'original : en effet, elle lui attribue sa hauteur, largeur et longueur, mais sans s'astreindre à une reproduction exacte, qui n'est pas son but direct. A Home et à Grotta-Ferrata, voici la mesure delà taille de Notre-Seigneup ; à Rome encore, celle de ses pieds, d'après l'empreinte du Domifie quo vadis et du soulier de la Vierge ; ailleurs, des rubans donnent la mesure de la ceinture de la Vierge, du Saint Suaire de Turin ; une étole, au trésor de la cathédrale de Sens (xvii« siècle), a la même longueur que le Saint-Sépulcre de Jérusalem.

Les livres d'heures gothiques offrent habituellement une gravure qui représente, sur un calice soutenu par deux anges et abrité par un pavillon, la mesure de la plaie du côté de Notre Seigneur^ telle que l'a faite la lance de Longin.

J'ai publié, en 1881, dans la Revue de Cart chrétien, t. XXXII, un mémoire intitulé: Les mesures de dévotion.

5. — Vimagerie gravée sur bois ou sur métal, a pris son essor dès le xv** siècle, en même temps que l'imprimerie dont elle dérive. On tira indifféremment sur parchemin et sur papier. Dieu et les saints en furent le sujet principal au début ; mais, au xvu* siècle, on se lança a l'aventure dans un faux mysticisme.

6. — Les ex-voto n'ont pas eu de forme déterminée : ce sont des plaques votives avec inscriptions ; des effigies en cire, représentant la personne ou le membre malade (tête, jambe, sein,œil, etc.j ;

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