I I j I I I II
5 10.. i,3o2 1,06 1,799 0,97 2,074 1,12 1,808 i,oJ^
Dans la première observation, le coefGcientd'illuminalioocroil à peine plus vite que l'inverse du carré des longueurs d'onde, 1«* autres donnent une variation plus rapide et une couleur plus >t>lelle que le bleu normal; toutefois, il paraît résulter neliemeul (le la marche des rai)ports p que, dans aucune des séries, ce coefficient ne peut être représenté par une simple puissance desloo' Joueurs d'onde.
I^a moyenne des observations faites à Montpellier, dans le cours (le Tannée, a donné :
À. Hiver. Printemps. É16. Aulnmw.
oH-,r)00 0,723 0,693 o,63i o,JHi
Ici encore, aucune valeur de l'exposant n ne peut rendre compl de l'illuminalion relative, puisque les nombres qui corresponde! aux longueurs d'onde extrêmes, pour chacune des trois dernier maisons, sont tous deux plus petits que ceux d'hiver.
PnOPRtéTKB OPTtQCEB DE L'aIB. 3Rg
Dans le cours de la journée, la richesse du blru 7.<;nilhal esi maximum le matin, elle diminue ensuite et devient minimum au momiiul de la lempûrniurc la plus lîlevôe, pour reprendre vers le ■loir on second maximum plus falLIc que le premier.
Le Uleii est moins pur à mesure que l'on vise des points plus rapprochés de l'horizon ; on en juge facilement à simple vue.
Enfin l'on aperçoit la même teinte hleue sur les fumées légères éclairées par le Soleil, sur les pentes boisées des coteaiiTc, sur les montagnes éloignées, etc.; Tesplication doit en être cherchée également dans la dilTraclion sur les particules en suspension.
Malgré toutes les variations de détail, Fensemble des observations confirme donc la théorie de Lord Rajleigh, et les discordances apparentes se produisent elles-mêmes dans le sens que l'on ponvait prévoir.
La rareté relative des poussières dans la matinée d'un beau nr, ou dans l'air situé au-dessus des sommets élevés, fait prédoïniner le rôle des particules plus petites; elle doit rapprocher la hiffiîèrc sénithale du bleu violet sombre.
Pour les observations voisines de l'horizon, l'abondance des poussières situées dans les couches inférieures augmente l'imporilance des particules degrandes dimensions et, par suite, la proportion (le rouge. En outre, la lumière a dû parcourir une épaisseur d'air plus graode, avant ou après la dilTusion, et l'absorption rapide des vibrations de moindre longueur d'onde contribue également à les alTaiblir. Cet effet est encore exagéré quand te Soleil
trouve lui-même au voisinage de l'horizon. Les couleurs de rhorizon présentent une telle variété, surtout au moment du lever
du coucher du Soleil, qu'on ne peut songer a les décrire ou à les expliquer dans leurs détails; il suffira d'en avoir indiqué le caractère général.
732- Véri/icaiions expèrimcnlaffs. — Nous avons déjà signalé s expériences de M. Tyndall {6i7) qui sont, pour ainsi dire. Sa reproduction du phénomène naturel. La lumière diffusée par !Sgaz qui renferment des traces de matières en suspension présrate quelquefois une teinte comparable au bleu céleste avec les mâmes caractères de polarisation. Il en est de même pour les mi- Jieox troubles, liquides ou solides (6i8).
Sgo CHAPITRE XVlll.
M. Âbncj imite les colorations du Soleil en faisanl passer i^yon de lumière au travers d'une dissolution bien filtrée d'hy sulfite de soude. L'image de la source projetée sur un écran pa alors parfaitement blanche; mais, quand on ajoute au liquide peu d'acide chlorhydrique étendu, l'image devient successivem jaune, orangée et rouge, en même temps que son éclat dimio à mesure que le liquide se trouble davantage par le dépôt soufre. La lumière diffusée latéralement par le liquide est d bleu analogue à celui du ciel.
L'analyse spectrale de la lumière transmise montre égalem l'extinction progressive de toutes les couleurs, à partir du vioJ jusqu'à ce qu'il reste seulement une dernière bande rouge.
M. Hurion (*) a cherché une preuve plus directe dans Tandj de la lumière transmise par un liquide qui renferme des traces matières étrangères. Quelques gouttes d'essence de citron dai l'eau, ou un précipité très léger de chlorure d'argent, dooDCi d'abord au liquide une teinte bleue, qui se modifie plus ou moiii rapidement, et le liquide finit par se troubler en diffusant de i lumière blanche. On détermine au spec tropho tome tre, pour diï férentes couleurs, le rapport des intensités Iq et l de la lumiéff primitive et de la lumière transmise. Si l'on a
l'expression P=:XMogy doit être une constante. Les couleurs
ayant été comparées deux à deux, à cause de la transformalioD rapide du milieu, on a obtenu :
Essence de citron.
Raies.
Chlorure d'argent, P 3i7 309 296 295 334 32;
La valeur du produit P est lentement croissante avec la loo*
(') A. Hurion, Comptes rendus des séances de V Académie des Scie»t» t. CXII, p. 143 1; 1891.
PROPIllâTÊB OPTIQVBB DK L'AIB. 38g
Dans le cours de la journée, la rîcliesae du hleu zcnilhal est le iDatïn, elle diminue cusuile et devient minimum au moment de la tcmpéralurc la plus élevée, pour reprendre vers le soir an second maximum plus faible que le premier.
L.e blf^ii esi moins pur à mesure que l'on vise des points plus rapprochés de l'horizon ; on en juge facilement à simple vue.
Eafin l'on aperçoit la même teinte bleue sur les fumées légères «clairées par le Soleil, sur les pentes boisées des coteaux, sur les montagnes éloignées, etc.; l'explication doit en être cherchée également dans la diffraction sur les particules en suspension.
Malgré toutes les variations de détail, l'ensemble des observations confirme donc la théorie de Lord Rajleigh, et les discordances apparentes se produisent elles-mêmes dans le sens que l'on pouvait prévoir.
La rareté relative des poussières dans la matinée d'un beau JDUr, ou dans l'air situé au-dessus des sommets élevés, fait prédominer le rùle des particules plus petites; elle doit rapprocher la lumière zénithale du bleu violet sombre.
Pour les observations voisines de l'horizon, l'abondance des poussières situées dans tes couches inférieures augmente l'imporlance des particules de grandes dimensions et, par suite, la proportion de rouge. En outre, la lumière a dit parcourir une épaisseur d'air plus grande, avant ou après la diffusion, et l'absorption rapide des vibrations de moindi-c longueur d'onde contribue également ù les aQ'aiblir. Cet effet est encore exagéré quand le Soleil se trouve lui-même au voisinage de l'horizon. Les couleurs de rhorizon présentent une telle variété, surtout au moment du lever ua du coucher du Soleil, qu'on ne peut souger à les décrire ou à les expliquer dans leurs détails; il suffira d'en avoir indiqué le caractère général.
732. Vrrijlca'ions expérimentales. — Nous avons déjà signalé les expériences de AL Tjndall (617) qui sont, pour ainsi dire, la reproduction du phénomène naturel. La lumière diffusée par les gaï qui renfermenl des traces de matières en suspension présente quelquefois une teinte comparable au bleu céleste avec les mêmes caractères de polarisation. H en est de môme pour les milieux troubles, liquides ou solides (6i8).
à 25^, la seconde (B') de lo** à 17", la troisième (A) de 12* quand le Soleil monte vers le zénith, les points neutres B s'en rapprochent de plus en plus (*).
Si Ton appelle lignes de polarisation les courbes tangen
Fig. 365.
chaque point à la direction du plan de polarisation, ces ligne vraient èlre des arcs de grands cercles passant par le Sol( ranthélie. mais les points neutres y produisent une déformi continue, et le phénomène reste évidemment symétrique par port au vertical du Soleil.
Fig. 366.
Rori
/on
Dans ce plan de symétrie, le plan de polarisation est verlici dessus (lu point neutre B {fig^ 360), horizontal dans rinlcï
(') Buscii, Meteorologische Zeitschrift, t. III, p. 53-2; 1886. — J.-L. S» On. SoRET, Comptes rendus des séances de l'Académie des ScienceSf l ]». f'yJi: 1888.
ompris entre les points B et B', pour devenir ensuite vertical auessous du point B'. Du côté opposé, la polarisation est, de même, erticale au-dessus du point neutre A (yî^. 367), horizontale entre L et A', puis dirigée vers Tanthélie S'. Comme la polarisation des points éloignés est, en tout cas, di-
Fi g. 367.
Horizon
gée vers le Soleil ou Tanthélie, les lignes de polarisation, dans î voisinage de ce vertical, ont une forme analogue à celles qui >jit indiquées en courbes pointillées. .
£n appelant positive la polarisation normale dirigée vers le oleil ou l'anthélie, on voit que, depuis les points neutres d'Arago a de Babinet jusqu'à l'horizon, la polarisation est négative, est-à-dire horizontale. En dehors du vertical du Soleil on reraar- •*era, en particulier, qu'il existe, à droite et à gauche des points *utres A' et B', des régions où la polarisation est verticale. Au voisinage de l'horizon, sans doute à cause des diffusions mulples de la lumière, la polarisation tend à se rapprocher de l'ho- ^ontale; elle paraît donc éprouver une rotation gauche ou droite, ^*>^ant que le point observé est à droite ou à gauche du Soleil.
Au lieu de déterminer la direction du plan de polarisation par ^ plus grande netteté des franges de Savart, M. H. Becquerel (*) "*ouve que l'on obtient des résultais plus précis en observant ^limut de 4 5"? qwi se traduit par une bande neutre séparant ■^^ux champs de franges complémentaires ; l'exactitude des mesures pourrait alors atteindre ±: i5' et peut-être ± i' ,
(') H. Becquerel, Ann, de Ch, et de Phys. [5], t. XIX, p. 90; 1880. — Comptes rendus des séances de l* Académie des Sciences, t. CVIII, p. 997; 1889.
Si Ton considère, par exemple, un point situé dans le méridien, à l'horizon sud ou nord, la rotation, généralement croissante avec la réfrangibilité de la lumière, est nulle au lever du Soleil, très faible à midi, et varie de 2® à 3° dans le cours de la journée, gauche le matin et droite le soir pour le point situé vers le sud, de sens contraires pour le point opposé, et le phénomène n'est pas entièrement symétrique par rapport au midi vrai.
La polarisation paraît très régulière quand l'observateur est situé sur un sommet élevé, comme l'ont constaté MM. Sorelau Rigi, mais il se produit souvent des effets accidentels dans les observations faites au voisinage d'une plaine étendue et surloul des nappes d'eau; ces modifications paraissent dues à la lumière réfléchie de diverses origines.
Arago avait remarqué que son point neutre est quelquefois à droite ou à gauche du vertical du Soleil. Quand on vise dans la direction d'une nappe d'eau étendue, la polarisation du ciel audessous du Soleil peut être verticale (*) et le point neutre de Brewsler disparaît. On observe, en même temps, le phénomène curieux de l'apparition de deux points neutres latéraux, à peu près à la hauteur du Soleil; ces nouveaux points neutres seraient produits par une sorte de compensation entre la polarisation régulière du ciel et celle des lumières réfléchies sur l'eau. Dans une série d'observations faites auprès des lacs de Suisse, à Lucerne et à Genève, ou sur les bords de la Méditerranée à Cannes, M. Soret a constaté ainsi l'existence de points neutres latéraux, éloignés de 14** à 18** du Soleil.
Il reste enfin à considérer la rotation du plan de polarisation qui subsisterait dans le vertical du Soleil, pour les points situés au voisinage de rhorizon sud ou nord; M. Becquerel attribue cet effet au mas:nétisme terrestre.
La constante de Verdet pour le sulfure de carbone et la lumière jaune étant o\oi3(o65), la rotation produite par 1™ de liquide dans un champ de 0,1943, qui est la composante horizontale du champ terrestre à Paris, serait o\836. Le rapport de la rotation spéci tique de Tair, dans les conditions normales, à celle du sulfure
v'> J.-L. SoRCT. Compies rendus des séances de l'Académie des Scieneet, u CVll. p. 807: lîiSS.
PROPRIÉTÉS OPTIQUES DE L*AIR. SgS
ie carbone, est 0,159.10"' (569); la rotation produite par une aitmosphère, ou une colonne de 7990™, devient
ce nombre devrait être multiplié par | environ pour le bleu, si l'on admet que la dispersion rotatoire de l'air soit en raison inverse du carré des longueurs d'onde.
Pour une observation faite à l'horizon magnétique, l'épaisseur de la couche d'air (704) est d'environ 35**", 5; la rotation correspondante serait 87', 7 pour le jaune et 57' pour le bleu.
Dans le méridien magnétique, par exemple, en négligeant des nombres manifestement erronés relatifs à la direction du sud^ 'observation a donné :
Rotation calculée Distance ^ ^
Direction. à l'horizon. Épaisseur. Rotation. jaune. bleu.
Nord magnétique.. . 2**i7' 17"^" 25' i6',4 24',6
Id. ... S'^S/ iS-^^^g 23' 12'. 6 i8',9
Le calcul a été fait en tenant compte de l'inclinaison du rayon sur ie champ magnétique. Les rotations observées sont de même ordre que celles qu'indiquerait la théorie en supposant que la lumière se diffuse aux limites de l'atmosphère, pour en traverser ensuite l'épaisseur totale, ou du moins que la fraction la plus importante de lumière diffusée provient des régions très élevées.
Il semble que la diffusion se fait, au contraire, dans toute l'épaisseur de l'air et surtout dans les couches inférieures, relativement plus riches en corpuscules étrangers, de sorte que le chemin parcouru ensuite serait beaucoup moindre. Il est possible toutefois que les diffusions multiples interviennent, de manière à augmenter la rotation définitive, mais cette influence n'est pas facile a dégager. L'observation est d'ailleurs extrêmement délicate, car * angle à mesurer n'est guère supérieur aux erreurs de lecture ; Timportance de la polarisation horizontale tend à diminuer l'effet et à produire une rotation droite ou gauche, dès que le point visé ne se trouve pas rigoureusement dans le vertical du Soleil.
734. Proportion de lumière polarisée. — L'existence même de lumière polarisée et la direction du plan de polarisation partielle
Si Ton considère, par exemple, un point situé dans le méridien, à rhorizon sud ou nord, la rotation, généralement croissante avec la réfrangibilitéde la lumière, estnuUe au lever du Soleil, très faible à midi, et varie de i^ à 3** dans le cours de la journée, gauche le matin et droite le soir pour le point situé vers le sud, de sens contraires pour le point opposé, et le phénomène n^est pas entièrement symétrique par rapport au midi vrai.
La polarisation paraît très régulière quand Tobservateur est situé sur un sommet élevé, comme l'ont constaté MM. Soretaa Rigi, mais il se produit souvent des efiets accidentels dans les observations faites au voisinage d'une plaine étendue et surtout des nappes d'eau; ces modifications paraissent dues à la lumière réfléchie de diverses origines.
Arago avait remarqué que son point neutre est quelquefois à droite ou à gauche du vertical du Soleil. Quand on vise dans la direction d'une nappe d'eau étendue, la polarisation du ciel audessous du Soleil peut être verticale (*) et le point neutre de Brewster disparaît. On observe, en même temps, le phénomène curieux de l'apparition de deux points neutres latéraux, à peu près à la hauteur du Soleil; ces nouveaux points neutres seraient produits par une sorte de compensation entre la polarisation régulière du ciel et celle des lumières réfléchies sur l'eau. Dans une série d'observations faites auprès des lacs de Suisse, à Lucerne et à Genève, ou sur les bords de la Méditerranée à Cannes, M. Sorci a constaté ainsi l'existence de points neutres latéraux, éloignés de i4«à i8« du Soleil.
Il reste enfîn à considérer la rotation du plan de polarisation qui subsisterait dans le vertical du Soleil, pour les points situés au voisinage de l'horizon sud ou nord; M. Becquerel attribue cet effet au magnétisme terrestre.
La constante de Verdet pour le sulfure de carbone et la lumière jaune étant o',o43(585), la rotation produite par i" de liquide dans un champ de 0,1943, qui est la composante horizontale du champ terrestre à Paris, serait o',836. Le rapport de la rotation spécifique de l'air, dans les conditions normales, à celle du sulfure
(*) J.-L. SoRET, Comptes rendus des séances de l'Aceulémie des Seietieit, t. CVII. p. 867; 1888.
pnopntÉTÊs OPTIQUES dk l'aid, Sgî
le carlioae, esl 0,159, lo""' (569); la rotation produite par une iimosplière, ou une colonne de 7990", devient
le nombre devrait élre multiplié par ^ environ pour le bleu, bÎ 'on admet que la dispersion rotaloire de l'air soit en raison inverse lu carré des longueurs d'onde.
Pour une observation faite à l'horizon magnétique, l'épaisseur le la couche d'air (704) esl d'environ 35"", 5; la rotation correslondante serait 3^', 7 pour le jaune el 5y' pour le bleu,
Dans le méridien magnétique, por exemple, en négligeant des ■ombres nianil'cslcment erronés relatifs à la direction du sud, l'observnliou a donné :
Le calcul a été fait en tenant compte de l'inclinsison du rayon rie champ magnétique. Les rotations observées sont de même ordre que celles qu'indiquerait la théorie en supposant que la lumière se dilViise aux limites de l'almosphiTe, pour en traverser ensuite l'épaisseur totale, ou du moins que la fraction la plus importante de lumière diffusée provient des régions très élevées,
II semble que la diffusion se fait, au contraire, dans toute l'épaisseur de l'air et surtout dans les couches inférieures, relativement plus riches en corpuscules étrangers, de sorte que le chemin parcouru ensuite serait beaucoup moindre. Il est possible toutefois que les diffusions multiples interviennent, de niitnière h augmenter la rotation définitive, mais cette influence n'est pas facile â (langer. L'observation est d'ailleurs extrêmement délicate, car l'angle à mesurer n'est guère supérieur aux erreurs de lecture; 'importance de la polarisation horizontale tend à diminuer l'effet et 4 produire une rotation droite ou gauche, dés que le point visé ne se trouve pas rigoureusement dans le vertical du Soleil.
73-1. Proportion de lumière polarisée. — L'existence même de aniîèrc poliirisi'c el la direction du plan de polarisation partielle
SgS CHAPITRE XVIII.
marche que la transparence de l'air. Voici quelques exemples :
Fraction de lamiére polarisée.
8b matin. Midi. 6^ soir?
16 août 0,669 0,616 Oj649
23 » .... o,656 o,5oo 0,574
La lumière de la Lune suffît pour faire apparaître la polarisai atmosphérique (*)• H est naturel que la proportion de lumière larisée ne change pas brusquement du jour à la nuit, si elle t à la diffusion dans Tatmosphère; les observations de M. Pilts* koff(2) à Kharkofont confîrmé cette prévision. .\ux époque pleine Lune, qui sont plus favorables, la fraction de lumière larisée parut la même (o,43 à 0,62) à 10' ou 11** du matin ei soir, ainsi qu'à midi et minuit. Dans le cours d^une belle jour (24 juillet 1891), on a ainsi obtenu :
8 matin
h EE
soir
9 à S** soir
lo 3o
o,6ifi
II à minuit
o,5oo
La proportion de lumière polarisée paraît diminuer avec Fécli (le la Lune, sans doute par l'influence des lueurs crépusculaire ou de la himicre propre des étoiles.
M. Piltschikofl' (•'') a étudié aussi l'influence delà coulcurec munissant le polariscope d'un verre bleu ou d'un verre rouge; la polarisation a toujours été plus grande pour la lumière bleoc L'excès est très variable : il peut atteindre J- de la valeur moyenw <'t paraît d'autant plus grand que la polarisation est elle-mcnK plus faible. Cette diflcrence change avec la direction du veni: A semble croître avec la quantité de vapeur d'eau et l'importâDW des poussières en suspension dans l'atmosphère.
(') Araoo, Œuvres complètes, t. X, p. 55(); iSJa.
( ' ) N. PiLTSCHiKOFF, Cofiiptes rcndus des séances de l'Académie des ScUacc t. CXIV, p. 408; 189J.
(' ) N. PiLTsciiiKOFF, Comptes rendus des séances de r Académie des Scienct l. CXV, p. 555; iS(j:i.
PROPRIÉTlis OPTIQUES OR L tlB.
'aolre miniie du palaiiscope. (.'alidade étant au zéro, la pile se «uvc perpendiculaire an faisceau de lumière et sans influence. >n vise «lors un point du ciel et l'on dirige l'appareil de laeoR ne les franges nient leur maximum de netteté, la plale-fornte étant arallèle au plan de polarisation, c'est-à-dire dirigée vers le Soleil: ne rotation convenable de l'alidade fait disparaître les franges. Si l'un joint par une courbe tous les points du ciel correspondant ta même proportion de lumière polarisée, on obtient les lignes d'égale polarisation. Ces lignes devraient être des arcs de parallèles perpendiculaires ft la direction du Soleil si le phénomène était 'gulier. En fait, elles se trouvent singulièrement déformées soit ir l'existence des points neutres, soit par les troubles accidentels de l'atmosphère.
La distribution des lignes d'égale polarisation varie d'ailleurs ivee la hauteur du Soleil; l'étude de leurs variations continues |irésentcrnit le plus grand intérêt, mais les observations ne sont pas EDCore assez nombreuses pour qu'on en ait une idée exacte.
BrewslerC) adonné, comme représentanlle résultat de plusieurs •DRées d'observations, une Carte où sont tracées les lignes d'égale |)olarisation pour le cas où le Soleil est à l'horizon. Ces courbes cnlcrnreut naturellement les points neutres d'Àrago et de Babinet; MM voisinage du zénith, où la polarisation est maximum, elles ont ta forme d'ellipses allongées dont le grand ase est perpendiculaire aa vertical du Soleil- La fraction de lumière polarisée varie d'ailleurs entre des lilites très étendues, puisqu'elle parait quelquefois nulle. Dans le verlical du Soleil et à 90", M, Cornu (") a observé jusqu'à 0,80 par les vents d'ouest et de sud-ouest; la polarisation diminue beaucoup par les vents froids d'est et de nord, et surtout quand il existe un peu de brume ou des tramées de cirrus.
Sur le mont Ventonx, M. Crova (') a obtenu également des nombres variables d'un jour à l'autre. La polarisation parait présenter un maximum le matin, au lever du Soleil, din midi et augmenter un peu vers le soir; elle suivra
Cl Jomwtos, PkytUttt atlas, lidinburgb, iM48.
(') A. CoBWir, BulUiin de l'An. /ranç.. r ParliL-, p. 167; Limogea, iSi)ii.
Cï A. CuovA. Ann. de Chim. el de Phys. [d], t. XXI, p. nA; iNq'i.
4oo
L^ éclat du ciel doit être croissant à mesure qu^on se rapproche du Soleil, ce qui est conforme aux observations, mab la polarisélion devrait être complète sur le grand cercle situé à 90®.
Fig.
Toutefois ce serait là TefTet de la première diffusion et Tod doit tenir compte des actions secondaires. Considérons mainteniBtle point O comme le siège d'une molécule mise en vibration parla lumière que diffusent toutes celles qui Tentourent.
Le nombre des molécules comprises dans le cône limité ptr I^angle d^ù et le dièdre d^ de deux plans indéfiniment voisins, qoi passent par Taxe des x^ est sinco ^o> rf9. Les différences de marcke étant arbitraires, les intensités di\^ di^ eldi^ des vibrations respectivement parallèles aux axes des x, des j^ et des z sont
dL-=. îi^d^
1 sin
(1) ato
2//«C«) rzz5H^,
di^—Ii'd^ f
005*0) sin coc^co z=z-h}d^ =:Iirf6.
Si le plan du fuseau s'incline de o à a, les vibrations parallèle* à Taxe des x ne changent pas de direction et Tintensité totale esl
|lla.
Les autres composantes changent progressivement de direction en restant dans le plan des yz. En prenant des axes rectangulaires :
PROPRIÉTÉS OPTIQUES DE L'AIR. 4oI
et y y dont le premier est bissecteur de l'angle 0, les intensités l's et I2 des vibrations respectivement parallèles à ce3 axes sont
fj — 2 / (cos*6t/«jH- sin*6c?«,)=:H(3a — 2sina),
/, = 2 / (cos'6rf/j-Hsin'0rf«,)= H(3a-h 2 siiia).
L'intensité X de la lumière propagée suivant Taxe des x est
X = i,-f- 13 — 6Ha;
elle est partiellement polarisée dans le plan z^ x pour la fraction
«1 — I, 2 sina
De même, les intensités Y et Z des lumières propagées suivant les axes y et 2', ainsi que les fractions correspondantes ^ et ({^ de lumière polarisée dans les plans xy^ et^'V, seraient
Y = 1,-1-/1 =:H( Y» — 2 8inaj,
Zizit, -f-<i =H( -^-a-f- 2sina j;
/j — i| 7a — 6 sina '- *8 -i- *i ï ' « — 6 sin a
, '1 — '1 7 2 -H 6 sina
«1 -4- /j 1 1 a 4- 6 sm a
Si les molécules agissantes sont situées seulement dans une hémisphère, on doit faire a = tc, et, par suite,
La lumière X est alors naturelle, tandis que les autres sont égales entre elles et avec la même polarisation ; on a alors
\^Z-1^tA\, 7 = 6==^.
La buée que Pon aperçoit dans les ombres du Soleil est éclairée parla lumière que diffusent les particules situées sensiblemeDldaD> une hémisphère; elle doit donc présenter, comme le bleu du ciel, un maximum de polarisation sur le cercle perpendiculaire.
Pour une direction qui fait l'angle ^ avec le Soleil, dans le cas d'une demi-sphère éclairante, les intensités des vibrations respectivement parallèles à Taxe des ^ et à un axe x\ perpendiculaire à b ligne de visée, seraient
i,= 3irH, i\=rirH/^|sin«p-h3cos«py
L'intensité 1 de la lumière observée est alors
I = 1, 4- ijzz: ttH [3(1 -h ces' p)-h I sin'pl = ttH/^ô - 5siii-sl;
elle est partiellement polarisée pour la fraction
13—^1 7sîn*p 7sîn*p
I 9(1 -|-cos-p)-+- 2sin*p II sin*p -i-i8cos*3
A mesure que Ton se rapproche du Soleil, l'éclat augmente rt la polarisation diminue, ce qui est conforme aux observations.
Nous avons admis, il est vrai, que l'intensité de la lumière diffusée est la même pour les différents fuseaux, tandis qu'elle croît rapidement du zénith à Thorizon, ce qui tend, toutes choses égale?, à augmenter la polarisation horizontale.
Sur le ciel lui-même, les diffusions successives intervienneul. pour une part importante, surtout dans les couches inférieure? Il en résulte une polarisation générale parallèle à l'horizon, qui>^ superpose à celle de la lumière produite par la première diffusion et contribue à la formation des points neutres.
11 n'y a pas lieu de suivre plus loin ces explications théoriques puisque le principe même est sujet à objections, mais elles [)ermettent de comprendre le caractère général du phénomène.
BROUILLARDS, NUAGES BT PLUIE. 4o3
737. Formation des nuages. — On explique habituellement la condensation de la vapeur d'eau atmosphérique par le mélange de couches d'air humides à des températures différentes. Si ces masses d'air se mélangent, sans condensation de vapeur, en un point de l'atmosphère où la pression reste constante, la température du mélange et la tension finale de la vapeur d'eau sont intermédiaires à celles des masses primitives, et sensiblement leurs valeurs moyennes calculées en raison des volumes.
Si les masses d'air étaient d'abord respectivement saturées, la tension de la vapeur dans le mélange devrait être supérieure à la tension maximum relative à la température moyenne, puisque les tensions de vapeur croissent plus rapidement que les températures. Dans ce cas, il doit se produire une condensation sous forme de gouttelettes liquides (*).
(*) Le problème pourrait être traité de la manière suivante. Soient v et v' les ▼olumcs primitifs des deux masses d'air humide, t et t' les inverses des températures absolues t et t'y/ et /' les tensions de vapeur; V, 6, T, F les quantités analogues pour le mélange et H la pression extérieure. Les masses d'air sec et de vapeur restant invariables, on a, pour l'air,
Ve(H-F)=yT(H-/)-+-i;'T'(H— /')
et, pour la vapeur,
(f> VeF= vt/h-v't'/;
il en résulte, par addition,
(2) Ve = VT-i- 1;'t'.
Ces deux équations déterminent la tension de vapeur dans le mélange :
Si les tensions de vapeur dans les masses primitives croissent avec la tempe-
4o2 CHAPITRE XVIII.
La buée que Ton aperçoit dans les ombres du Soleil est éclairée par la lumière que diffusent les particules situées sensiblement dans une hémisphère; elle doit donc présenter, comme le bleu du ciel, un maximum de polarisation sur le cercle perpendiculaire.
Pour une direction qui fait Tangle ^ avec le Soleil, dans le cas d^igie demi-sphère éclairante, les intensités des vibrations respectivement parallèles à Taxe des 2 et à un axe x', perpendiculaire à la ligne de visée, seraient
i,= 37tH, i\ = TrH/^|sin«p-h3cos*py
L'intensité I de la lumière observée est alors
I = I, 4- 1,==: ttH [3(1 4- ces-- p) 4- I sin«pl =z= TtH (^6 - I sin-sl ;
elle est partiellement polarisée pour la fraction
.__ hzill = 7^^"*P 7sin*P
•^ I 9(1 -hco:j-p)-+- 2sin*p II sin'P -i-i8cos'3
A mesure que Ton se rapproche du Soleil, l'éclat augmente ei la polarisation diminue, ce qui est conforme aux observations.
Nous avons admis, il est vrai, que l'intensité de la lumière diffusée est la même pour les différents fuseaux, tandis qu'elle croit rapidement du zénith à Thorizon, ce qui tend, toutes choses cgalc>. à augmenter la polarisation horizontale.
Sur le ciel lui-même, les diffusions successives interviennent, pour une part importante, surtout dans les couches inférieures. Il en résulte une polarisation générale parallèle à l'horizon, qui se superpose à celle de la lumière produite par la première diffusion et contribue à la formation des points neutres.
II n'y a pas lieu de suivre plus loin ces explications théoriques, puisque le principe même est sujet à objections, mais elles permettent de comprendre le caractère général du phénomène.
BROUILLARDS, NUAGES BT PLUIE. 4o3
737. Formation des nuages, — On explique habituellement la condensation de la vapeur d'eau atmosphérique par le mélange de couches d'air humides à des températures différentes. Si ces masses d'air se mélangent, sans condensation de vapeur, en un point de l'atmosphère où la pression reste constante, la température du mélange et la tension finale de la vapeur d'eau sont intermédiaires à celles des masses primitives, et sensiblement leurs valeurs moyennes calculées en raison des volumes.
Si les masses d'air étaient d'abord respectivement saturées, la tension de la vapeur dans le mélange devrait être supérieure à la tension maximum relative à la température moyenne, puisque les tensions de vapeur croissent plus rapidement que les températures. Dans ce cas, il doit se produire une condensation sous forme de gouttelettes liquides (*).
(■ ) Le problème pourrait être traité de la manière suivante. Soient v et v' les volumes primitifs des deux masses d'air humide^ t et x' les inverses des températures absolues t et t' , f et /' les tensions de vapeur; V, 9, T, F les quantités analogues pour le mélange et H la pression extérieure. Les masses d'air sec et de vapeur restant invariables, on a^ pour Tair,
Ve(H-F)^ V'c(H-/)+i;'T'(H— /')
et, pour la vapeur,
(i> VeF= vtf->rv'-z'f]
il en résulte, par addition, Ces deux équations déterminent la tension de vapeur dans le mélange :
Si les tensions de vapeur dans les masses primitives croissent avec la tempe-
4o6 CHAPITRE XIX.
volatile, les vapeurs de liquide donnent des condensations nuageuses. Par exemple, si Ton fail passer un courant d'air dans une dissolution qui ne soit pas trop étendue de l'un des acides azotique, chlorhydrique, bromhydrique, iodhjdrique, cjanhjdriquc, et que le gaz barbote ensuite dansTeau, chaque bulle, en se dégageant, donne une buée plus ou moins abondante, et ces brouillards sont quelquefois très persistants. Un courant d'air qui a traversé racide sulfurique est incapable de produire des buées au contact de Teau ; mais, si Tacide sulfurique renferme des traces d'acide aïotique et surtout d'acide chlorhydrique, ces impuretés se révèlent par la formation des buées. Au contraire, un courant de gaz riche en ammoniaque ne donne pas de brouillards dans Tair humide, parce que la solution d^ammoniaque est plus volatile que Teau.
On sait que Tozone donne aussi des brouillards au contact de Teau, des alcools, des éthers, des essences, etc., en formant, suivant les cas, soit une dissolution moins volatile, soit une véritable combinaison.
Il résulte de ces observations que la vapeur d'eau atmosphérique se condense plus facilement lorsque l'air renferme, soit des corpuscules en suspension, soit des traces de composés particoliers, tels que l'ozone et les corps nitrés, dont l'existence estbiefl démontrée et dont Toriglne électrique ne paraît pas douteuse.
L'absence de condensation dans l'expérience de M. Coulier, ao moment de la détente, lorsque le gaz est parfaitement propre, conduit même à cette conséquence que Tair peut être sursaturé de vapeur d'eau, au moins entre certaines limites.
Lord Kelvin (Sir W. Thomson) a montré (*), d'ailleurs, que II tension maximum d'une vapeur, en présence du liquide qui U prodirile, varie avec la forme de la surface du liquide. Quand oo met de l'eau dans un tube en U dont l'une des branches est capillaire, il se produit une différence de niveau h. Le liquide est en étjuiiibrc, et l'équilibre existe aussi pour la vapeur. Supposons, en effet, que l'on place l'appareil dans un flacon fermé ou sous une cloche, à température constante. I/atmosphère est saturée de vapeur, mais il est à remarquer que la pression F de celle vapeur, sur la surface plane A du tube large, est supérieure à la pression
(•) Sir W. Tuomson, Proceed. of the B. S. Edinb., t. VII, p. 63; 1870.
ni s'exerce à la surface a dans le tube capillaire ; Texcès / est le
>ids par unité de surface d'une colonne de vapeur de hauteur h
f >Dt la densité est définie par la pression moyenne F — — • S'il
3 se produit pas une distillation continue du liquide de a vers A,
tension maximum de la vapeur F — f est donc plus faible en •ésence de la surface concave a dans le tube capillaire qu'au-desis de la surface plane A dans le tube large.
Or cette distillation est impossible, car elle serait accompagnée un refroidissement dans le tube capillaire, d'un réchauffement ins l'autre, et la différence de niveau se rétablirait d'après les is de capillarité. On produirait ainsi, sans dépense de travail, un ansport de chaleur enlre deux corps primitivement en équilibre î température, ce qui est contraire au principe de Carnot.
Si l'on considère comme tension maximum normale celle qui : produit en présence d'une surface plane de liquide, la tension aximum est moindre sur une surface concave. Par la même rai- )n, elle est plus grande sur une surface convexe; l'air est alors jrsaturé de vapeur. Dans tous les cas, l'écart y de la tension à sa alcur normale augmente avec la courbure de la surface liquide.
Il en résulte que, si un nuage est formé par un ensemble de goutslelles de différentes dimensions, les plus peliles tendent nécesairement à s'évaporer et les plus grosses à augmenter. Toutes les outles s'évaporent à la fois ou augmentent en même lemps de olume, quoique d'une manière 1res inégale, si la lension de la apeur dans l'air ambiant est inférieure à la tension maximum qui orrespond à l'équilibre sur les plus grosses, ou supérieure à celle y\ correspond aux plus petites. En général, celte lension aura ïîe valeur intermédiaire; les peliles gouttes ne sont pas en équi- ^kre et s'évaporent, tandis que la vapeur d'eau se condense sur &s plus grosses. L'équilibre n'est possible que si toutes les gouttes 'Dissent par être de même taille.
Si la vapeur d'eau est en excès dans une masse d'air pur, relaivement à sa température, elle se condensera donc très difficilelent, puisque les premières gouttelettes auraient un diamètre itrêmement petit et ne peuvent persister que dans une atmo- )hère sursaturée.
4o6 CHAPITRE XIX.
volatile, les vapeurs de liquide donnent des condensations nuageuses. Par exemple, si Ton fait passer un courant d'air dans une dissolution qui ne soit pas trop étendue de Vun des acides azotique, chlorhydrique, bromhydrique, iodhydrique, cyanhjdrique, et que le gaz barbote ensuite dans Teaii, chaque bulle, en se dégageant, donne une buée plus ou moins abondante, et ces brouillards sont quelquefois très persistants. Un courant d'air qui a traversé Tacide sulfurique est incapable de produire des buées au contact de Teau ; mais, si l'acide sulfurique renferme des traces d'acide azotique et surtout d'acide chlorhydrique, ces impuretés se révèlent par la formation des buées. Au contraire, un courant de gaz riche en ammoniaque ne donne pas de brouillards dans Tair humide, parce que la solution d'ammoniaque est plus volatile que l'eau.
On sait que l'ozone donne aussi des brouillards au contact de l'eau, des alcools, des éthers, des essences, etc., en formant, suivant les cas, soit une dissolution moins volatile, soit une véritable combinaison.
11 résulte de ces observations que la vapeur d'eau atmosphérique se condense plus facilement lorsque l'air renferme, soit des corpuscules en suspension, soit des traces de composés particuliers, tels que l'ozone et les corps nilrés, dont l'existence est bien démontrée cl dont l'origine électrique ne paraît pas douteuse.
L'absence de condensation dans l'expérience de M. Coulier, au moment de la détente, lorsque le gaz est parfaitement propre, conduit même à cette conséquence que Tair peut être sursaturé de vapeur d'eau, au moins entre certaines limites.
Lord Kelvin (SirW. Thomson) a montré (*), d'ailleurs, que la tension maximum d'une vapeur, en présence du liquide qui la produite, varie avec la forme de la surface du liquide. Quand on met de l'eau dans un tube en U dont Tune des branches est capillaire, il se produit une diflTérence de niveau h. Le liquide est en équilibre, et Téquilibre existe aussi pour la vapeur. Supposons, en effet, que l'on place l'appareil dans un flacon fermé ou sous une cloche, à température constante. L'atmosphère est saturée de vapeur, mais il est à remarquer que la pression F de cette vapcitf» sur la surface plane A du tube large, est supérieure à lapreUBfl*
(•) Sir W. Tuomson, Proceed. of the li. S. Edinb., t. VII, p. 63; il
ROUILLARDS, NCAGKS KT l'LUlE- 409
^coulenl dans les vallées, les brouillards qui séjournent ti parties basses de l'aCmosplirre, les fumées qui se localisent îrtain niveau dans une enceinte, etc.
Couleurs des niiiges. — Lorsqu'un nuage composé dr i très inégales est éclairé par le Soleil, cliacun des éléments t une did'raction, mais l'inteRsité de la lumière émise dans reclion quelconqiie varie, au hasnrd, d'un élément à Taulre. da nuage, qui est dû à la somme des lumières émises par les Dtes gouttes, pourrait présenlcr un maximum suiviinl cer- Itreclîons, comme celles des rayons cfticaces de l'arc-cn-ciel, ois les réflexions, en nombre illimité, qui se produisenl goutte à l'autre, régularisent la dilTusion; le nuage parni't !ux par lui-même, avec plus ou moins d'éclat, en conservanl le de la lumière primitive, au moins tant que l'on négligtiorptions particulières que pourraient éprouver certaines rs dans l'eau. Le phénomène paraiira encore plus complexe lient compte de l'origine très variée des sources qui éclai- D nuage, suivant que le ciel est plus ou moins couvert; la F apparente du nuage est lu résultante de toutes ces causes itnalion.
Il impossible de décrire la variété et la richesse des colora- |ue prennent les nuages éclairés directement ou indirecleiBr le Soleil, suivant que cet astre est plus ou moins rappro- : rhorizon ; la teinte dépend des altérations qu'a subies h e solaire sur son parcours, soit dans l'air même, soit au tra- B buées ou d'autres nuages, et les conditions du phénopeuvent changer à l'infini.
peut signaler, par exemple, cette particularité souvent ée que les teintes du ciel et des nuages au Soleil levant se chent du jaune ou du rose (fiîÎ5aâxTUÏ.5î, xpdx6t:£t:asç r,i->^), que les couleurs du couchant sont plutôt rouges et violacées. is grande abondance des poussières dans les couches infé- I de l'atmosphère, à la lin de la journée, fait dominer davan- S vibrations à grande longueur d'onde.
i remarquerons encore que la diffusion par les nuages prolUssi bien de la couleur bleue du ciel que de l'éclairage duSoleil. La lumière d'un ciel couvert doit donc se rap-
4lO CHAPITRE XIX.
procher beaucoup de la couleur que prendrait la lumière sobire aux limites de Tatmosphère; elle est ainsi la représentation ihéo* rique et pratique de la véritable lumière blanche; la lumière directe du Soleil parait jaune en comparaison.
739. Illumination des brouillards. — Les réflexions molli* pies entre les différentes particules d'un nuage ou d'un brouilluii conduisent à des conséquences curieuses (*).
Supposons d'abord que Tair et les substances qui constituait un brouillard soient absolument transparents et faisons abslractin des obstacles tels que les objets extérieurs et la surface du sol Imaginons qu'une source de lumière, telle qu'un fil incandescetf. soit entourée complètement par un nuage sphérique, de deosilé uniforme ou simplement symétrique par rapport à la source, a dehors duquel l'atmosphère reste claire. Si la transparence estcoipiète pour toutes les radiations, chacun des éléments de la surfiff qui limite le nuage diffuse la lumière plus ou moins uniformémeil dans toutes les directions, quand même les rayons émaoaotdeli source seraient limités à une petite ouverture angulaire.
Le rayonnement du nuage dépend de diverses circonstances. Si Tcnergie totale émise par la source est donnée, la présence» nuage ne change pas l'énergie qui traverse chaque élément de ItW sphérique, mais cette hypothèse ne correspond pas à une teInp^ rature conslanle de la source, à cause des rayons de retour. Po* maintenir le rayonnement extérieur constant, il faut supposeront élévation de température qui croît indéfiniment avec la densilée* Topaisseur du nuage.
La leinpéralure de la source restant invariable, admettons mai*' tenant (jue celte région soit enveloppée à quelque distance par ud^ surface douée d'un pouvoir réflecteur absolu. Dans ce cas, queite que soient la densité et la distribution du nuage, le principe « l'équilibre mobile des températures montre que le ravonnemert qui passe en chaque point intérieur, dans toutes les directions, est constant et égal à celui qui correspond à la température de U source. Cette propriété est également vraie lorsqu'il existe un* absorption, mais alors l'équilibre exige que le nuage tout entier
(') Lord Rayleigii, Phil. Mag. [5], t. XIX, p. 4i3; i885.
4l2 CHAPITBB XIX.
Quelque faible que soit le pouvoir réflecteur/, onpevti poser le nombre p des lames assez grand pour que la tnn sion soit nulle et la réflexion complète; la pile serait opaqve.
Supposons qu'après avoir traversé normalement celle prci pile la lumière tombe dans les mêmes conditions sur une ses pile de />' lames, et considérons les phénomènes dans rioter des deux piles.
En accentuant les lettres relatives à la seconde pile, la fndi de lumière propagée dans la direction primitive est
£/i=:^-h/./T'-i-^(rr')*-+-...= —
Si Ton remplace les coefficients par leurs valeurs, cette ex sion devient
on peut d'ailleurs négliger le carré f^^ puisque le pouToi flecleur a été supposé très faible, et il reste
Pour la lumière qui se propage dans la direction opposée, tensilé v serait, de même,
il'
V — tv' -\- Ir' , rr' 4- tr' ( rr' )*-+-...:= , ,
I — rr'
Ap'f
Les deux expressions de // et de v> se réduisent à — - — ; lo
les nombres de lames p et p' sont très grands; rinlensilé lumière est la même dans les deux directions.
En outre, quelle que soit la valeur de/?, c'est-à-dire To de la première pile, on peut rendre />' assez grand pour ( luniicre intermédiaire ait la même intensité que la lumière ] live, alors que la première pile serait enlevée.
On voit par là qu'une petite fraction de lumière qui p dans un espace peut se nuilliplicr par des réflexions succ« jusqu'à ce que rintensilc primitive soit rétablie.
BBOVILT.AnnS, NUAGES ET PI.l'IE. jll
t>it à celle lemp<^raiure. Dans le cas de transparence absolue, an
atraire, la température du milieu est indifrércnte et le temps
i^cessaire pour que l'équilibre s'établisse De dépend que du temps
nis par la lumière pour traverser l'cnceinle.
Mous n'avons fait jusqu'ici aucune hypothèse sur la structure du
ige. On peut imaginer une couche de telle épaisseur qu'une
Mction minime de la lumière puisse la traverser el atteindre l'en-
Ikcloppe. Cette couche joue pratiquement le rôle d'un réflecteur
ail et Ton peut supprimer l'enveloppe sans altérer l'état des
■ daus l'intérieur du nuage.
livrive ainsi à la conclusion, en apparence paradoxale, qu'à
e et quelle que soit la distribution du nuage, il existe
me point le même rayonnement que sur la source, pourvu
ïDl qu'il y ail à l'extérieur une couche fermée de nuages
ment opaque, et cet état se maintient sans aucune émission
» li source.
Dans le cas même où le nuage absorbe certaines espèces de ikdiations. par exemple les rayons calorifiques obscurs, landi.o [n'iJ est transparent pour d'autres, telles que les rayons lumineux, B théorème reste vrai pour les dernières ; l'éclairement serait alors t même que dans uue salle dont les parois auraient le même bt que hi source. Toutefois, pour compenser l'absorption des mjoas obscurs, il serait nécessaire de fournir à la source un supplément d'énergie.
Ces principes s'appliquent, en particulier, aux expériences de 11. Tyndall sur les nuages acoustiques, dont l'efiel est très diffé- «nt suivant la nature des vibrations sonores; ces nuages laissent M9aer facilement le bruit d'un coup de canon et font obstacle <iu lOO d'une sirène en produisant un écho.
Les r('llc\iuns multiples entre deux piles de glace (381) donnent ■eu à des effets analogues, qui permettent d'éclairer par un exemple bu considérations qui précèdent.
Si l'on ajipelle J le pouvoir réflecteur de chaque surface pour 'I*iDCidence normale, les fractions /■ et ( de lumière réfléchie et tnnsmise dans une pile dep lames, quand on néglige l'absorption, sont données par les expressions
HV'-O/'
4l1 CHAPITBB XIX.
Quelque faible que soit le pouvoir réflecteur /*, on peat supposer le nombre p des lames assez grand pour que ta transmission soit nulle et la réflexion complète; la pile serait opaque.
Supposons qu^après avoir traversé normalement cette première pile la lumière tombe dans les mêmes conditions sur une seconde pile de p' lames, et considérons les phénomènes dans rinterville des deux piles.
En accentuant les lettres relatives à la seconde pile, la fractionir de lumière propagée dans la direction primitive est
£/r=^ -h /.rr'-i-^(rr')« -+-...=
I — rr'
Si Ton remplace les coefficients par leurs valeurs, cette expression devient
on peut d'ailleurs négliger le carré y*, puisque le pouvoir réflecteur a été supposé très faible, et il reste
Pour la lumière qui se propage dans la direction opposée, riatensité v serait, de même,
Ir'
I — rr'
Les deux expressions de u et de v se réduisent à — - — : lorsque
les nombres de lames p et p' sont très grands; Tintensilé delà lumière est la même dans les deux direclions.
En outre, quelle que soit la valeur de />, c'est-à-dire Topacil^î de la première pile, on peut rendre p' assez grand pour que w lumière intermédiaire ait la même intensité que la lumière primitive, alors que la première pile serait enlevée.
On voit par là qu'une petite fraction de lumière qui pénètre dans un espace peut se multiplier par des réflexions successives jusqu'à ce que l'intensité primitive soit rétablie.
la lumière diflractée est la même que si ces gouttes étaient situées unédiatement devant l'objectif de la lunette ou l'ouverture de la ipille. C'est là une règle générale qui s'applique à tous les phé- »mènes observés sur le ciel.
741. Teintes des couronnes. — La succession des couleurs lus les couronnes ne présente qu'une analogie éloignée avec celle es interférences ordinaires (150) ou des lames minces.
Au voisinage de la source, la lumière est d'un bleu particulier, éfini par l'inverse des carrés des longueurs d'onde, comme dans s interférences à centre noir (151) ; le bleu domine encore pour 5 petites déviations, puis les couleurs moyennes du spectre; les intes rouges apparaissent quand on approche du premier mi- XI um relatif aux rajons très réfrangibles et ne tardent pas à se ^langer au violet du premier anneau; le trouble augmente ralement sur les anneaux, qui suivent, et la teinte en chaque point »ulte de la superposition des différentes couleurs en proporns variables.
L'image même de la source est constituée d'abord par la lumière iiïiitive, diminuée pour chaque couleur d'une fraction constante i représente l'ensemble des phénomènes de diffraction. Cette lage reste blanche, mais on doit y ajouter une portion de la che centrale, qui est colorée en bleu ; la teinte finale est d'autant tis manifeste que le réseau des gouttes est plus serré.
La teinte bleue se distingue souvent sur la Lune, quoique très faiblie par l'excès de lumière directe ; il en est de même dans les ^\ironnes observées avec la poudre de lycopode.
Pour éliminer la lumière directe, il serait nécessaire de remplacer s écrans circulaires par des ouvertures de mêmes dimensions ^run fond noir. On signale habituellement la succession suivante ^ teintes :
Tache centrale Bleu mat, blanc, rouge
Premier anneau Pourpre, bleu, vert, jaune pâle, rouge
Enfin, dans le phénomène naturel, le diamètre apparent de la ^prce a pour résultat de faire empiéter les anneaux relatifs aux fférents points lumineux, surtout lorsque leur diamètre n'est pas es grand, et de produire une nouvelle confusion des couleurs.
M. — irr. 27
4l6 CHAPITRE XIX.
Nous donnerons un exemple du calcul, en supposant d*a que le diamètre apparent de la source est négligeable.
Les paramètres m et mo relatifs aux longueurs d'onde Xc pour une même déviation , sont
(4) 7nX=:/WoXo, J7I = /Wo-r**-
Le paramètre m étant connu, la Table d'Airy (t. I, p. 3 réduite en courbe, permettra de déterminer la valeur corres] dante de S*.
Nous prendrons comme lumière de comparaison celle (i< raie D; les nombres de la Table représentant l^ntensité quic viendrait à la raie D, on obtiendra l'intensité J relative à la I gueur d'onde \ par la relation
= Cf)'^'-
Les longueurs d'onde des principales raies du spectre doDoent
Ci)
Raies.