‹ Traité d'optique photographique comprenant la description des objectifs et appareils d'agrandissementChapitre 21 sur 45 · EN CENTIMÈTRES · texte numérisé non relu

EN CENTIMÈTRES

On voit donc que cet objectif présente des avantages considérables. Voyons ses désavantages qui sont communs (et le seront toujours sauf le premier) à tous les objectifs non aplanétiqucs.

D'abord la nécessité de corriger ebaque fois la mise au point, vu que l'objectif a un foyer chimique.

Secondement, l'emploi forcé de diaphragmes excessivement petits dont l'ouverture sera comprise entre flw et /*/72. Avec la plus grande f/io le champ est beaucoup moins plat et l'image beaucoup moins nette qu'avec le second fjii. Toutefois sous ce rapport le périscope est supérieur à l'objectif globe, son aberration sphérique étant beaucoup moins considérable.

Mais l'emploi forcé de si petits diaphragmes donne lieu à des images photographiques ternes, et sans cette vigueur que l'emploi de grands diaphragmes procure seule. Le lecteur peut du reste pour cet objet , s'en référer à ce que nous avons dit h propos du même sujet, page 107.

Le périscope n'est pas aussi exempt d'astigmation que l'objcctifj^lobc, surtout si l'on considère les pinceaux les plus obliques. Mais cependant cette aberration est peu sensible.

Cet objectif a donc pour lui beaucoup de qualités comme l'objcctif-globe. Mais il ne sera jamais d'un usage général parce qu'il exige de trop petits diapbragmes. On peut du reste à propos de ces objectifs lire la préface de ce livre dans laquelle nous développons nos raisons contre l'emploi des objectifs non aplanétiques.

Le doublet de IM. Thomas Ross. — Cet objectif dont ci-contre la figure(l) (représentant exactement et en grandeur naturelle le modèle de MO mill. de dislance focale) est composé de deux ménisques acbromatisés KM et HG (la surface G regardant l'objet à reproduire). Chacun de ces ménisques peut être employé

isolément comme objectif simple.

Les deux objectifs sont fixés dans des anneaux qui s'engagent dans un tube BB', EE', lequel tube se termine vers l'objet à reproduire par un tube plus large FF sur lequel s'adapte l'obturateur. Le tube se visse sur l'anneau AA' fixé sur la chambre noire. Les diaphragmes, dont l'ouverture maximum est /"/is et minimum est /"/is sont gradués et construits comme ceux de l'objcctif-globe. De plus une plaque glissante Z permet d'ouvrir ou de fermer l'objectif in- Fig. es. dépendamment de l'obturateur.

Cet objectif est supérieur à l'objectif globe en ce qu'il possède

(1) M. Ross nous a communiqué les données numériques*^ relatives ù cet objectif mais nous a prié de ne pas les publier.

moins d'aberration de sphéricité, ce qui permet l'emploi de diaphragmes moins étroits. II embrasse un angle de 80 degrés et est presque exempt de distortion. Mais il possède les désavantages communs à Y objectif-globe et au périscope, à savoir l'emploi forcé de trop petits diaphragmes, ce que nous avons développé dans la préface de cet ouvrage, et aussi page 107.

Son usage, de même que celui de l'objcctif-globe et du périscope est précieux pour la reproduction de la nature morte, et surtout des monuments dont la distance est très-rapprochée. Il donne des images d'une remarquable netteté et possède une trèsgrande profondeur de foyer, qualités qui le font ranger parmi les meilleurs objectifs non-aplanétiques.

Section II. — Les objectifs aplanétiques.

L'objectif ©rthoscoplque. — Cet objectif a été inventé par M. J*e#xraf, de Vienne, et est basé sur des calculs extrêmement ingénieux. La figure ci -contre le présente tel que le construisent MM. Barriëson et Schniizer, de New-York.

Il est constitué par un ménisque achromatique dont la face convexe regarde l'objet à reproduire. Ce ménisque n'est pas entièrement exempt d'aberration de sphéricité mais complètement exempt d'aberration chromatique. Employé seul dans la position représentée par la figure, il donnerait une image peu nette au centre du plan focal et en tout cas les bords de l'image seraient complètement diffus. Mais derrière celte lentille et à une

certaine distance se trouve un second ménisque, mais divergent qui a pour but, d'abord de corriger l'aberration sphérique du système entier, secondement d'allonger la distance focale des pinceaux obliques à l'axe, de manière à ce que le champ soit rendu plat, ainsi qu'il a été expliqué page 110.

Le second ménisque est formé de deux lentilles simples dont l'ensemble est achromatique, la première lentille, celle en regard du ménisque antérieur, est biconcave et en flint, la seconde est un ménisque convergent en crown. Les deux lentilles ne sauraient donc être collées ensemble comme celles qui constituent le ménisque antérieur.

L'ouverture de l'objectif orthoscopique est de fj% environ. Il peut s'employer avec toute son ouverture et est alors d'une trèsgrande rapidité, mais alors l'étendue de l'image nette n'est pas de plus de la moitié de sa distance focale. Mais entre les deux lentilles se trouve un diaphragme formé de lamelles de cuivre imbriquées qui permetlcnt d'en diminuer l'ouverture jusqu'à fjzo. Avec cette dernière ouverture, l'image nette devient d'une étendue beaucoup plus grande, et égale à la distance focale de l'objectif employé. Avec cette ouverture de diaphragme (//so), la profondeur de foyer de l'objectif est extrêmement considérable et l'image encore très-brillante puisque ce diaphragme est, relativement à ceux employés pour l'objectif-globc et les autres objectifs non aplanétiques, encore très-grand.

En un mot, l'objectif orthoscopique possède tous les avanlagcs du triple! dont nous parlerons plus loin, moins l'absence de la distortion. En effet, l'objectif orthoscopique reproduit la fig. bii par la fig. a7, il ne saurait donc convenir à la reproduction des monuments, des gravures, etc., et c'est regrettable car il possède des qualités essentielles.

L'objectif double à portraits. — Cet objectif a été inventé par M. JPeizval de Vienne, et décrit par ce savant illustre dans un mémoire présenté à l'académie des sciences de Vienne, mémoire qui est un chef-d'œuvre au point de vue mathématique,

mais dont malheureusement nous ne pouvons donner d'analyse ici à cause du cadre restreint dont nous disposons et surtout du genre de lecteurs auquel cet ouvrage s'adresse.

Plusieurs opticiens ont réclamé la priorité de l'invention de l'objectif double, se basant sur ce qu'ils avaient construits des objectifs à deux lentilles bien avant la publication du mémoire de M. JPeizrai. Mais ces objectifs n'étaient nullement conformes à

l ig. 70.

Diamètre de lu combinaison antérieure Crown biconvexe )^||^

Fllnt biconcave j —{y»

Diamèlre de la combinaison postérieure

Flint, ménisque divergent j jT J|,

Crown biconcave II II"'

Distunce des deux combinaisons Distance Coculr absolue Ouverture liMtile rie l'objectif ffk Ouverture du plus petit diaplira^mr /*; V!>

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