‹ Traité d'optique photographique comprenant la description des objectifs et appareils d'agrandissementChapitre 34 sur 45 · CHAPITRE VI · texte numérisé non relu

CHAPITRE VI

DESCRIPTION ET INSTALLATION 0) DE LAPPAREÏL DYALITIQUE ET EN GÉNÉRAL DE TOUS LES APPAREILS D'AGRANDISSEMENT.

Du local destiné à l'appareil. — La première condition de l'installation convenable des appareils d'agrandissement de quelque nature qu'ils soient, est de choisir une place dont le plancher, bien solide, est autant que possible à l'abri des vibrations du sol. Si le bâtiment est solidement bâti, le passage des voitures ne compromet en rien la netteté de l'épreuve; ainsi l'auteur de cet ouvrage a vu fonctionner l'appareil dyalilique chez M. Franck de Villecholles, rue Vivicnne à Paris; chez M. Alexandre Ken, au boulevard Montmartre à Paris; endroits où certes il y a un passage continuel de voitures, mais où la solidité du bâtiment préservait l'appareil des vibrations du sol.

La place où l'on opère doit être de o mètres de long si l'on veut opérer sur des feuilles de papier de 120 centimètres de hauteur,

partie de la surface de l'objectif que vous voulez sans produire aucun troublr dans les points de l'image non arrêtés par l'écran. Il suffit donc que l'objectif soit bien exempt des deux aberrations chromatique et sphérique suivant l'axe, et que la distance focale des pinceaux obliques soit égale à celle des pinceaux axiaux, pour que l'objectif soit parfait. Point d'aberration d'épaisseur ni d'asligmation possibles dans ce cas, et la preuve la plus évidente que nous puissions en donner c'est que l'objectif dont nous nous servons comme objectif amplifiant quoique possédant ces deux imperfections à un degré considérable si nous nous en servons pour obtenir des épreuves à la chambre noire, donne, par grossissement, des images dans lesquelles les droites sont conservées rigoureusement, et dans lesquelles pas de trace d'astigmation n'est à constater.

(1) Les planches II et III, représentent avec une grande exactitude, l'installation l'été et l'hiver de l'appareil n° 3. Elles sont dessinées à raison de 5 cent, par mètre.

dimension déjà très-considérable et suffisante pour la majorité des photographes de profession. Le plancher doit être solidifié autant que possible avant d'y fixer l'appareil, et, si ce plancher manque absolument de stabilité, faites encastrer dans le mur deux pièces de bois F et II comme le fait voir la figure 85, ayant une section de 20 cent, sur 55, sur lesquelles vous asseyerez tout l'appareil. Ces deux pièces de bois ne peuvent pas être en contact avec le plancher mais doivent s'en trouver à 5 ou 4 centimètres de distance. Dans ce cas, on peut marcher dans la place sans crain-

Fig. 83.

dre de faire bouger les pièces qui constituent l'appareil, autrement il faudrait s'en abstenir autant que possible.

Le mur A (fig. 85) qui est perpendiculaire à la longueur de la chambre doit regarder autant que possible le midi et recevoir le porte-miroir. C'est là du moins la condition la plus favorable, car on a alors le soleil toute la journée si des objets voisins ne font pas obstacle. De plus, quand l'exposition est vers le Sud-Est, l'après-dincr le miroir manque de longueur surtout en hiver, et vers le Sud-Ouest, c'est le malin. Il faut donc autant que possible

orienter le porte-miroir et l'appareil du Sud au Nord, le portemiroir regardant le Sud.

La disposition générale de l'installation d'une chambre solaire (quel qu'en soit le système) est représentée fig. 85. A est la fenêtre blindée exposée au Midi dans laquelle se trouve inséré le porte-miroir B, vis à vis duquel se trouve la chambre solaire C sur un pied DE. L'image agrandie du négatif est projetée sur un châssis LM. Passons maintenant aux détails.

Description du porte-miroir. — Quand le miroir est de grande dimension il est bon qu'il soit monté entièrement en fer. C'est du moins ce que nous avons adopté après une longue expérience. Trois conditions doivent être remplies pour que le porte-miroir soit bien construit. Il doit offrir l'équilibre stable, de manière à résister à l'action du vent ; le centre des mouvements doit correspondre au centre de figure ou être symétrique à ce centre, afin d'exiger pour le mouvoir le moins de force mécanique possible ; et troisièmement, la glace doit être supportée par un cadre qui l'empêche de fléchir. Ce dernier point surtout est d'une grande importance, si Ton veut obtenir une image ronde du soleil au foyer des condensateurs au lieu d'une image allongée, ce qui est le cas si le miroir, par suite de la flexion, est courbe au lieu d'être plan. Ces conditions sont rigoureusement remplies dans le modèle de porte-miroir que nous avons adopté, et dont on a la figure planche II. fig. \ .

La glace AB est rectangulaire ou bien octogone, les coins étant coupés. Le cadre de fer sur lequel elle repose est montré séparé dans la figure 2. Ce cadre, que l'on peut aussi faire en bon bois de chêne bien sec, porte quatre lames de fer CDEF entre lesquelles se place la glace sur la surface bien dressée du cadre et empêchent ainsi la glace de glisser en bas du cadre, dans la position verticale de celui-ci.

Quatre autres arrêts, dont l'extrémité est repliée à angle droit, s'adaptent à des glaces d'une épaisseur quelconque comprise entre 5 et 10 millimètres. Ces arrêts se fixent au cadre de fer par des

vis de même métal. Les deux tiges 0 etN donnent au cadre une grande solidité'.

La fourchette GII (fig. 2. Pl. II) est en fer de fonte et attachée à l'aide de vis au cadre, de telle façon que la partie argentée de la glace passe exactement par Taxe des tourillons G et H, comme le fait voir la figure. Cette fourchette offre à ses deux extrémités des tourillons G et H sur l'un H desquels est assise la roue dentée de bronze I. Afin de bien rendre solidaires le cadre et la roue I, une vis fixe cette roue à la fourchette. Cela est indispensable , sinon la roue qui, ainsi que nous le verrons tout à l'heure, reçoit son mouvement d'un pignon, pourrait tourner sans entraîner le cadre, aussi est-il bien indispensable de vérifier si cela a lieu, et si cela n'était pas, une seconde vis devrait y être adaptée.

Comme nous l'avons dit en commençant, un cadre en bois peut être substitué au cadre en fer, et, au lieu de faire agir le pignon directement sur la vis sans fin, on peut, comme le montre la figure 3, Pl. II, employer une roue de plus, de sorte que la vis sans fin m agit alors sur le pignon n qui fait tourner la grande roue o assise sur l'axe du châssis qui porte le miroir. Dans ce cas, le mouvement est plus lent, mais il faut avoir soin de fixer le cercle o sur le châssis B par une vis a, sinon le châssis B tournerait librement autour de son axe.

SUVX, figure 1, Pl. II, est un cadre de fonte tourné sur ses deux faces et présentant une grande ouverture à battée dans laquelle tourne le disque annullaire denté sur son contour ZY. Le cadre de fonte offre à ses quatre angles des trous qui peuvent servir à le fixer au volet de la chambre obscure. Les deux bras ab, cd sont fixés sur l'anneau YZ par six boulons, et ce dernier denté sur toute sa circonférence, recevant son mouvement d'un pignon à crémaillière X, entraîne aussi les deux bras aux extrémités desquels se trouvent les coussinets dans lesquels s'adaptent les tourillons du cadre à miroir, ce que la figure fait comprendre à la seule inspection.

Enfin, une tige de fer Re traverse l'anneau YZ et la base du

bras 6a. Elle est terminée à l'intérieur de la chambre obscure par un bouton de cuivre R et à son autre extrémité par une vis sans fin e.

Quand le porte-miroir est entièrement monté comme le fait voir la fig. 1, Pl. I, il faut éviter le choc des extrémités du cadre de fer AB contre un corps quelconque, ce qui aurait pour effet de tordre l'extrémité qui porte la vis sans fin de la tige Re. Alors en tournant le bouton R, on éprouverait pour une moitié de la rotation une grande résistance et pour l'autre moitié une. grande facilité. On redresse aisément l'extrémité e ployée de cette tige, dans la position où, tournant le bouton R, on trouve une notable résistance, en appuyant fortement mais graduellement sur la partie inférieure du cadre de fer qui porte la glace, ce qui a pour effet de ramener la torsion de la tige en sens inverse. Mais en tous cas il faut agir avec précaution, si l'on ne veut pas détériorer cette partie de l'instrument.

Les coussinets qui terminent les bras doivent être serrés, mais pas trop, afin que les tourillons sur lesquels pivotent le cadre à miroir n'éprouvent pas une trop grande résistance.

Afin d'éviter le mouvement perdu qui existe toujours entre la vis sans fin et le cercle denté I, on peut suspendre à la partie inférieure du miroir un poids de 2 à 4 kilogr., mais, dans la majorité des cas, cela n'est pas indispensable, si l'on a bien ajusté les différentes parties du porte-miroir que l'on doit évidemment entretenir comme toutes les machines, en le démontant quelquefois pour l'enduire d'huile et en ôter la rouille qui aurait pu s'y former. C'est surtout le cercle denté I qu'il faut tenir bien huilé.

La glace doit être solidement argentée et peinte en-dessous. On peut, pour plus de sûreté, coller sur la surface peinte de ces feuilles minces d'étain dont on enveloppe le chocolat, ce qui préserve encore mieux l'argenture que la peinture à l'huile qui la couvre.

Les bords de la glace doivent être recouverts de papier noir que Ion y colle avec de la pâte amidonnée, sinon il arrive fréquent-

ment que l'on voit sur l'image grandie des lignes colorées (arcen-ciel) provenant de la dispersion des rayons solaires par les bords de la glace.

La glace elle-même doit être nettoyée tous les] huit jours avec de l'alcool et un linge imbibé de tripoli, et tous les matins avec un linge sec. Dans le cours de la journée il faut souvent enlever avec une brosse à longs poils la poussière que le vent chasse sur sa surface, sinon l'impression de l'image agrandie pourrait durer un temps plus considérable.

Enfin cette glace doit être tenue à l'abri de la pluie, sinon elle se couvrirait au bout de quelques mois de taches jaunes dans l'argenture qui causeraient la dépense d'une réargenture de la glace(l).

Le maniement du porte-miroir est d'une extrême facilité. Comme le soleil s'avance d'Orient en Occident et que de plus il monte toujours depuis son lever jusqu'à midi pour redescendre alors jusqu'à son coucher, il faut aussi communiquer deux mouvements, le premier à la manivelle L (fig. 5, Pl. II) qui a pour but d'amener le côté le plus long de la glace dans le plan des rayons solaires, le second au bouton P qui donne à la glace une inclinaison convenable pour réfléchir les rayons solaires horizontalement (Va) et perpendiculairement à la surface du cadre KC.

On obtient ainsi un cylindre de rayons solaires réfléchis qui remplit toute l'ouverture KC. Nous verrons plus tard comment on tient les rayons solaires réfléchis dans une direction absolument constante.

Installation du porte-miroir. — L'installation du portemiroir est d'une extrême simplicité (2). Choisissez une fenêtre AX (fig. 5. Pl. II) dans l'appartement dont la partie vitrée vienne

(1) Se fait très-bien à firuxelles, chez Nyssens et C*, miroitiers, Laeken.

(2) Elle est représentée, avec une très-grande exactitude fig. Pl. Il, figure qui représente au vingtième le porte-miroir n° 3; fig. 1, l'appareil optique ; fig» 6, 7 et 8, le châssis à épreuves.

aussi près du plancher que possible, et substituez au châssis vitré une forte planche de bois de sapin de deux pouces d'épaisseur dans laquelle vous ménagez une ouverture à battée d'un centimètre dans laquelle s'insère exactement le cadre en fer de fonte du porte-miroir. Quatre petits taquets suffisent dès-lors pour le maintenir de manière qu'il ne puisse plus tomber à l'intérieur (i). A l'extérieur de cette planche placez le couvercle BF mobile autour d'une charnière J. Ce couvercle, couvert de zinc mince, doit être d'un tiers plus long que le miroir, et d'un tiers plus large, et la charnière J se trouver à quelques centimètres seulement audessus de la partie supérieure D de l'ouverture. Une corde GHIQ permet d'élever le couvercle de manière à ne gêner en rien le mouvement du miroir. (Voyez fig. 10. Pl. II.) Deux petites portes latérales E, E (fig. 9 et 10, Pl. II) ferment latéralement l'espace autour du porte-miroir excepté à la partie inférieure qui peut rester ouverte. Des cordes permettent d'ouvrir et de fermer ces petites portes, que la figure 9 montre fermées et la fig. 10 ouvertes.

La figure 5 montre la position du miroir SR quand les portes sont fermées, position dans laquelle la glace regarde le sol au lieu de regarder le ciel comme lorsqu'on s'en sert le jour. Cette position s'obtient en tournant la manivelle L jusqu'à ce que l'axe du miroir soit horizontal. De cette façon le porte-miroir ne doit pas être rentré pour le mettre à l'abri de la pluie. La planche AX (fig. 5, Pl. II) doit être de niveau avec le mur ZY extérieur avoisinant, à moins qu'elle ne soit aussi large que le miroir est long et qu* elle n'offre au-dessous de l'ouverture une longueur égale à la moitié de celle du miroir. Car si un obstacle se trouvait là, il pourrait arrêter le mouvement du miroir.

Une condition importante, quand on installe le porte-miroir, est de le placer aussi rapproché que possible du plancher et dans

(I) La fig. 5, Pl. II représente le porlc-miroir KC inséré dans un autre cadre en bois DN, celui-ci mobile autour de charnières NO. De cette façon (voyez Pl. III) on peut incliner le porte-miroir, ce qui est indispensable l'hiver.

un plan bien vertical. Généralement, la partie inférieure C de l'ouverture doit se trouver 80 centim. du plancher X, la manivelle L se trouvant à la partie supérieure de l'ouverture (soit à droite, soit à gauche). Si, par un motif quelconque, on est obligé de le placer à plus de 80 centim. du plancher, il est préférable alors que la manivelle L se trouve à la partie inférieure C. Le cadre du porte-miroir étant carré, on peut amener à volonté la manivelle en bas ou en haut du cadre de fer et à droite ou à gauche.

Si l'appareil est placé sur poutrelles comme nous l'avons figure page 210, alors la hauteur de la partie inférieure du cadre de fonte du porte-miroir doit se trouver à 80 centim. au-dessus de la partie supérieure des poutrelles.

Description de la chambre solaire. — Nous avons déjà décrit la chambre solaire dyalitique et la chambre solaire américaine au point de vue scientifique. Nous les décrirons maintenant au point de vue purement pratique , négligeant cependant de parler de celle de la seconde qui doit du reste être construite de la même manière, sauf que le condensateur double doit être remplacé par un condensateur simple, le porte-cliché à tiges mobiles par un porte-cliché ordinaire à battée, l'objectif amplifiant par l'objectif double ordinaire. A part cela, tout reste la même chose dans la manière de s'en servir, l'installation etc.

La figure 4, pl. II, montre en coupe la chambre solaire dyalitique. Le grand condensateur A 4 B ! est fixé sur la paroi de devant, sa face la plus convexe étant tournée vers l'extérieur. La lentille correctrice CD 1 est placée au milieu, sa face convexe étant tournée du côté de l'objectif M. Le châssis H 4 I* en bois est mobile dans le sens de la longueur de la chambre. Pour le mouvoir, on se sert d'un bouton à crémaillière G 1 , pour le fixer d une vis qui se trouve à côté du bouton. Enfin, l'objectif M* est aussi placé sur une planchette mobile dans le même sens et pouvant se fixer de la même manière. L'appareil est du reste tellement simple qu'il se comprend à la seule inspection de la figure. Disons seulement que, si les châssis mobiles se meuvent avec un peu trop de difficulté,

il suffit de déplacer un peu vers l'extérieur l'une des fortes pièces de bois entre lesquelles ils glissent, pièces fixées à l'aide de vis au fond de la chambre solaire, mais néanmoins légèrement mobiles, le diamètre des vis étant moindre que celui des trous qui leur donnent passage.

Il est indispensable que l'axe soit commun à toutes les surfaces sphériques qui constituent, au nombre de 12, le système optique. Ceci est l'affaire du constructeur, mais si ce travail, d'ailleurs fort long et fort difficile, n'était pas fait avec le soin et l'attention qu'il mérite, il en résulterait une grande difficulté pour imprimer nettement l'image grossie sans que des lignes doubles n'apparaissent sur tous les contours.

La boîte O'P^'R 1 qui constitue la chambre solaire est d'ordinaire fermée latéralement par des portes en bois, mais nous avons trouvé plus commode de supprimer les portes en bois du côté de la manivelle L (fig. 5). Ainsi cette manivelle se trouvé-telle à droite de l'ouverture annullaire qui donne passage aux rayons solaires, supprimez les portes de droite de l'appareil, ce qui est plus commode, parce qu'alors on peut toujours voir dans l'intérieur de la chambre solaire, ce qui autrement ne peut se faire qu'en ouvrant les portes, ce qui est gênant.

Afin d'empêcher la lumière de pénétrer par ces portes ouvertes dans le cabinet obscur, et surtout pour ne pas fatiguer la vue, nous remplaçons ces portes par des verres verts qui glissent entre deux rainures MN, OP (fig. 11, même planche) placées parallèlement à la longueur de la chambre solaire en haut et en bas. (On sait que le vert n'affecte pas le papier au chlorure d'argent.)

Sur la paroi P ! Q' (fig. 4) de la chambre solaire, nous avons ajouté une planchette QR (voir fig. 11) percée à sa partie centrale d'un trou X carré de 16 centim. de côté. Deux petites lames de bois à rainure sont placées horizontalement au-dessus et au-dessous de cette ouverture. Un verre vert Z et un verre dépoli Y de même dimension peuvent fermer cette ouverture. Le verre vert se glisse à gauche, le vert dépoli à droite. De plus la planchette peut tout

entière se mouvoir de bas cnV ( haut entre deux rainures verticales ST, UV, à l'aide d'une corde a qui s'enroule autour d'une poulie placée au plafond et dont l'extrémité se rend près du porte-miroir à la portée de l'opérateur qui la manie. Ceci a pour but d'empécher la lumière qui éclaire l'intérieur de la chambre solaire d'arriver par les intervalles qui se trouvent entre le châssis porte-objectif et les parois de la chambre solaire à l'épreuve grandie. Ce châssis RQ (fig. 14, Pl. II) doit pouvoir s'élever et s'abaisser pour pouvoir atteindre aux crémaillières. Le verre vert Z a une très-grande utilité pour arrêter le pouvoir photogénique de la lumière solaire, de manière que l'image du négatif soit visible pour l'œil sans l'être pour le papier sensible, ce dont on comprendra mieux l'utilité tout à l'heure , et enfin le verre dépoli sert à jeter un jour blanc et diffus sur l'épreuve grossie déjà imprimée, tout en arrêtant l'image du négatif sur la surface dépolie.

Tous les appareils doivent recevoir cette addition, dont nous avons reconnu la grande utilité dans la pratique. Nous avons encore fait ajouter sur le châssis qui porte l'objectif, une plaque de fer percée d'une ouverture circulaire laissant passer exactement l'objectif. Ceci afin d'éviter que le sommet du cône solaire n'enflamme cette planchette, lorsque le cône de rayons solaires vient à se déplacer hors de l'axe de l'appareil (1).

Installation de la chambre solaire. — La fig. 4, Pl. II, montre la chambre solaire placée sur un pied en regard du porte miroir. La distance qui les sépare doit être de 20 centimètres, en couvrant l'intervalle d?un rideau noir, excepté du côté de la manivelle. (On amène du reste toujours le bouton P

(1) Nous tenons si essentiellement à ces perfectionnements qu'à partir de ce jour nous avons donne Tordre aux constructeurs de nos appareils d'eu supprimer les portes latérales et de placer les différentes pièces dont nous venons de parler, laissant a l'acquéreur le soin de se procurer les verres verts, dont le transport sans accident de casse serait difficile.

(fig. ïi) commandant la vis sans fin TU, du côté de la manivelle L, ce qui est toujours exécutable.)

La chambre solaire doit être placée horizontalement sur son pied, ce dont on s'assure avec un niveau d'eau S' placée sur sa partie supérieure, mais il faut avoir le plus grand soin que le centre de l'ouverture KC du porte miroir et le centre du condensateur A' B 1 soient sur un même axe horizontal. Cela se voit de suite lorsque, l'appareil étant horizontal, on réfléchit les rayons solaires sur la lentille de devant. Celle-ci doit être entièrement couverte, en même temps que la pointe a du cône de rayons solaires émergeant du condensateur, passe par l'objectif.

Le pied de l'appareil doit être très-simple et très-solide , comme on le voit sur la figure de la page 210. Rejetez impitoyablement l'emploi de ces pieds, pouvant s'abaisser et s'élever par des crémaillières, comme manquant généralement de la stabilité nécessaire pour un appareil d'agrandissement. Tout au plus mettrez-vous à la base du pied quatre fortes vis de fer pour le caler, mais encore neuf fois sur dix l'ajustement de l'appareil peut-il se faire par un bon menuisier sans ces vis, et cela n'en vaut-il que mieux. Le pied étant d'ailleurs bien assis sur le sol et terminé à sa partie supérieure par une table ayant exactement la dimension de la paroi inférieure de la chambre solaire, celle-ci peut toujours recevoir le léger déplacement nécessaire pour l'ajuster définitivement, après quoi on la fixe au pied.

te porte-clichés. — Le porte-clichés (fig. 12, Pl. II) est formé par un cadre ABCD de bois ou de métal qui s'adapte exactement dans le châssis mobile H'1 1 (fig. 4, Pl. II) d'où il s'enlève facilement. Dans le cadre sont ménagées quatre rainures dans lesquelles glissent avec facilité (et si cela n'avait lieu vous élargiriez ces rainures avec une lime) quatre pattes échancrées à leur extrémité inférieure qui servent à tenir le cliché. Ces pattes peuvent se fixer avec des vis de pression visibles sur la figure.

La patte supérieure G présentant à la partie inférieure une petite tige sur laquelle le ressort en cuivre im appuie, est toujours

poussée vers le bas. Ce ressort im est très-faible et juste fort assez pour tenir le cliché immobile quand on enlève le châssis, les deux pattes latérales étant ouvertes. Ce ressort peut d'ailleurs agir sur des clichés de différentes dimensions, et pour cela, une vis de pression est fixée à son origine t. On ouvre cette vis qui rend le ressort libre, puis on place le cliché entre les deux pattes H et G en ne fixant que la patte inférieure H. On appuie alors sur le milieu du ressort avec le doigt pendant que l'on ferme la vis de pression t. Le ressort agit ainsi sur la tige G qu'il fait serrer le cliché. Il en résulte que si la chaleur dilate le cliché, celui-ci pousse la tige G en haut, et si cette dernière était fixe, le cliché sauterait en pièces. Le grand point donc pour éviter la casse des clichés sous l'influence de la forte chaleur du cône concentré de rayons solaires, est de ne pas le serrer autrement que par l'action du ressort.

Quant aux deux pattes latérales, nous ne nous en servons presque jamais. Mais cependent elles peuvent servir à maintenir le cliché dans le plan du cadre, mais il ne faut pas fixer fortement ces pattes en serrant trop les vis de pression qui les commandent, et surtout ne jamais les appuyer trop fortement contre le cliché.

Le ressort im pourrait être supprimé et remplacé avec avantage par un poids en plomb de 200 grammes attaché en G à la patte supérieure qui appuierait ainsi suffisamment sur le cliché pour que ce dernier soit fixé. Jf. Hamry, à Liège, emploie cette méthode et ne casse jamais un cliché.

Les clichés que l'on insère entre les pattes du porte-cliché doit être préalablement coupé à l'aide d'un bon diamant(l) et limité exactement à la partie à agrandir, en coupant du cliché toute partie qui ne doit pas se trouver sur l'épreuve agrandie.

(t) Si la coupe du cliché par le diamant n'est pas nette, il se forme souvent dans le verre une fente invisible à l'œil qui, en s'étendant sous l'influence de la chaleur développée par les rayons solaires, amène la destruction du cliché.

Les meilleurs agrandissements se font d'après des clichés du format carte de visite (voyez page 205). Voulez-vous une personne en pied, alors faites votre cliché en pied format carte, voulezvous un buste grandeur nature, alors faites votre cliché sur une demi-plaque, de manière que le buste y occupe un espace un peu plus petit qu'une carte, juste comme les bustes à fond dégrade que l'on fait en format carte et découpez tout le reste.

Description du châssis à épreuves. — Le châssis à épreuves doit être construit de dimensions telles qu'il correspond aux formats des papiers les plus usités dans le commerce. Celui dont nous nous servons depuis quatre ans est d'une très-grande simplicité et nous permet de faire trois formats, à savoir :

La feuille photographique. . . . 45« ent . sur 59 La double feuille .... 89 sur 90 Le format grand aigle 20 sur 105

Nous tendons ces feuilles sur des planchettes d'un centimètre d'épaisseur, ayant les dimensions suivantes :

50 sur 60 60 sur 95 85 sur 110

La planche II, (fig. 6, 7 et 8), fait voir le châssis(l) tout monté. A 2 B î , C 2 D 2 sont des montants verticaux de bois reliés par des traverses comme le montre la figure. Sur ces deux montants s'attache un cadre F*G*H*I* présentant deux battées F*G* et J*M- (voyez aussi fig. 8) d'un centimètre de profondeur (la même chose se présentant à la partie inférieure du cadre). Dans ces battées s'introduisent les planchettes de 85 sur 110 centimètres et de 95 sur 60. Le cadre présente sur ses deux parois verticales, K S J*, M*L*, des rainures I*V* qui livrent passage à des vis V* et X* à l'aide desquelles on le serre sur les montants. Le cadre peut donc monter et descendre de quelques centimètres, de manière qu'il est aisé de faire correspondre exactement la hauteur de l'objectif

(1) Ce châssis est représenté dans ces figures au vingtième de sa grandeur.

de la chambre solaire au-dessus du plancher à celle du milieu du châssis à ce mèinc plancher. Cela doit être fait une fois pour toutes.

La largeur G*F* du châssis étant supérieure à celle des planchettes, celles-ci peuvent glisser un peu à droite ou à gauche, ce qui est nécessaire pour ajuster exactement le papier sensible. De petits tourniquets en cuivre ou en bois permettent, cet ajustement fait, de fixer solidement Ja planchette. Enfin, dans les battées inférieures W^'K 1 , s'introduit une planche O^N* ayant extérieurement Do X GO centimètres, mais offrant une ouverture P 2 Q ? S*R* à ballée et recevant à son tour les planchettes format feuille (50 XG0 C ).

Les planchettes en bois léger qui reçoivent le papier sensibilisé ont 14 millimètres d'épaisseur, mais se terminent à leur partie supérieure et inférieure en biseau et n'ont là que I cent, d'épaisseur ce qui correspond à l'épaisseur de la battéc du châssis. Ce biseau permet aux taquets qui servent à fixer la planchette de la serrer fortement.

La planchette du format 50 sur (ï0° est entièrement en bois, mais les deux autres de 60X9o c et 85 XiiO sont formées par un cadre de bois léger assujetti sur une croix, le tout recouvert d'une feuille de papier brun d'emballage que l'on y colle mouillée afin qu'elle se tende en séchant (fig. 7. Pl. II).

Le châssis doit être accompagné de planchettes sur lesquelles on colle une feuille de papier blanc qui sert à la mise au point de l'image.

Les planchettes doivent être au nombre de 12 pour la dimension 50 sur 00 e ; de six pour la dimension GO sur 95° et de six pour la dimension de 85 sur 110 e et être enfermées dans une boîte à rainures en bois blanc léger peint extérieurement en noir.

Veut-on faire des dimensions plus grandes encore que 85 sur 110, on retourne le châssis et on attache sur les deux montants verticaux une très-grande planche à dessiner sur lequel on tend le papier comme il sera dit ci-après.

Les papiers sensibilisés ('', soit albuminés, soit préparés à la nitroglucose, après qu'ils sont complètement secs, sont tendus et attachés avec des punaises sur les ehîissis. Il ne faut pas attacher d'importance aux plis qui restent dans le papier, surtout quand il s'agit de portraits, et se livrer, pour les éviter, à des soins minutieux. Nous nous contentons d'ordinaire d'attacher le papier par 10 punaises, 3 en haut, ô en bas et 2 sur les côtés. On attache d'abord le papier en haut, puis on le tend légèrement et on fixe les punaises dans le bas de la feuille. Puis on fixe celles des côtés. Ce travail dure à peine une minute. Les planchettes, couvertes de leur papier sensibilisé, sont mises dans la boite à rainures, ce qui permet de les transporter aisément d'un endroit à un autre.

Veut-on se servir d'une planchette unique, par exemple dans les très-grandes dimensions, on met d'abord l'image au point sur la grande planche dont nous avons parlé, puis on glisse le verre vert qui intercepte le cône de lumière solaire émergeant de l'objectif, et, éclairé parcelle lumière verte qui n'a aucune action sur le papier sensible tout en laissant passer l'image qui est ainsi visible sur la planche, on attache le papier à sa place convenable.

Installation du châssis à épreuves. — Le châssis ù épreuves doit se mouvoir exactement dans la direction de la longueur de la chambre solaire sur deux lames de bois ou de fer. Il est indispensable que le centre de figure du châssis soit situé sur le prolongement de l'axe optique Va (fig. 4 et o) de la chambre solaire. Disposez alors sous les roulettes Z* sur lesquelles le châssis repose deux lames de bois, ou mieux faites creuser dans le plancher deux rainures bien parallèles à la longueur de la chambre solaire, rainures dans lesquelles s'engageront les roulettes. Une vis Y*, placée sur le devant du châssis, permet

(1) Nous ne nous arrêtons pas dans cet ouvrage sur la préparation des papiers qui < st identique à celle des papiers dont on se sert pour les épreuves ordinaires

<iU OPTIQUE PHOTOGRAPHIQUE.

de la fixer à sa place, il suffît pour cela que la vis touche seulement le plancher.

Inutile d'ajouter qu'il faut, dans cette installation du châssis, prendre soin que le plan cb (fig. 8) des planchettes soit perpendiculaire à la direction des rainures, et bien vertical.

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