‹ Traite d'organogenie comparee de la fleurChapitre 11 sur 82 · OR DR K DES HÉLICTÉRËES · texte numérisé non relu

OR DR K DES HÉLICTÉRËES

Je n'ai pu étudier au point de vue organogénique qu’une seule plante de eet ordre, le Plagiunthus divaricalut. Le Myrodia turbinata, qu’on cultive dans les serres, donne des fleurs qui sont en trop petit nombre et qui poussent trop vite ; en sorte que, bien que je l'aie étudié plusieurs années de suite, je n'ai pu analyser assez de fleurs |>our obtenir des résultats que je puisse donner avec certitude.

Dans le Plagianthus divaricalus, les fleurs naissent à la fin de l’été par petits groupes à l'aisselle des feuilles. Elles restent à l’état de bouton tout l’hiver, et dès les premiers beaux jours elles s’épanouissent avant les feuilles. Elles sont environnées d 'écailles caduques et sont composées, d’un calice monophylle à cinq divisions, en prétloraison calvaire dans le bouton, d’une corolle de cinq pétales alternes qui se disposent en préfloraison contournée, d'un assez grand nombre d’étamines réunies à leur base, et enfin d'un carpelle.

Les sépales apparaissent comme dans les Malvacées, les Lasiopétalées et les Hermanniées, successivement et dans l’ordre quinconcial; libres d'abord, ils se réunissent promptement à la base et deviennent connés. Les |>éta)cs se montrent ensuite et croissent peu pendant longtemps. Les étamines sont par groupes superposés aux pétales et se développent absolument comme dans les Malvacées. Ce sont d'abord cinq mamelons qui se partagent par un sillon longitudinal en deux ados inégaux. Le plus grand de ces ados se divise ensuite en deux parties par un sillon transversal ; il en résulte au-dessus de chaque pétale trois mamelons, l’un formé par l’ados le [dus petit, et deux autres formés par le partage de l’ados le plus grand. De ces deux divisions de l’ados le plus grand, la supérieure, à elle seule, est beaucoup plus grosse que l’autre et même que l’ados qui ne s’est point partagé. Aussi aperçoit-on souvent à sa surface le sillon longitudinal qui dessine les deux loges de son anthère, que la surface des deux autres est encore parfaitement lisse.

C’est, comme on le voit, un phénomène de dédoublement des étamines analogue à 1*0 que j'ai décrit pour les Pavonia, à cette différence (très que.

ORDRE DES HÉLICTÉRKES.

tandis que dans les Pavonia les deux loges de chaque étamine se séparent ensuite et constituent chacune une étamine distincte uniloculaire, dans les Plarjinntlius (livaricalus ces deux loges restent toujours réunies et forment une anthère biloeulaire dont la déhiscence esl extrorse.

Pistil. Bien que les auteurs décrivent le pistil des Plai/ianthus routine biloeulaire, je uc l'ai jamais trouvé composé, dans le Plauiuiithtis divarieatus, que d'un seul carpelle. A l'origine, c'est un bourrelet semi-circulaire qui naît comme une petite feuille sur les côtés de l'extrémité du réceptacle. Mais peu à peu ce bourrelet grandit, et à son aisselle sur le réceptacle liait «in ovule qui se com|Miiic absolument comme l'ovule des Mauves. Comme l’axe sur lequel cet ovule esl né s’élève en tnème temps que la feuille, le pistil, à un certain âge, a la forme d’un fuseau, sur le côté duquel on aperçoit une ouverture triangulaire qui n’est nuire chose que l’ouverture ovarienne.

EXPLICATION DES F1GI HKS

PI. ANCHE Vil.

PlAirtaiittmft riltartealu».

Fig 25. Apparition du pistil sous la forme d'une petite feuille Fig 26. Pistil au moment de l'apparition de l'ovulo, ol.

Fig. 27. Pistil plus âgé. f, est l'ouverture de l’ovaire.

Fig. 28. Coupe de ce pistil, o/, ovule ; f, ouverture de l'ovaire.

Fig. 29. Corolle et androcée. Vis-à-vis chaque pétale, p, on remarque trois étamines dont l’une, très grande, et, a déjà son anthère partagée en deux loges, tandis que les deux autres, H1, et", ont encore leur surface lisse.

ORDRE DES CORIARIÉES.

La place que les Coriariées doivent occuper dans la classification generale a toujours embarrassé les botanistes, et M. Brongniart ne les range qu’avec doute dans sa classe, des Gcranioïdées à côté des Oxalidées. Comme je suis, autant que ]>ossible, l’ordre établi dans le jardin du Muséum, je vais exposer ici l'organogénie des Coriariées, sauf à dire quelques mots sur leurs affinités avec les Oxalidées à la suite de ce dernier groupe. ( Yoy. p. 56.)

Inflorescence. Calice. L’inflorescence du Coriaria myrtifolia est une grappe. A l’aisselle de chaque bractée naît une fleur accompagnée de deux bractées secondaires, l’une à droite et l’autre à gauche. Les sépales sont au nombre de cinq : ils apparaissent successivement sur l'axe floral et se disposent en préfloraison quinconciale. Deux sont latéraux et plus petits que les autres : ce sont les sépales h et 5 ; deux sont antérieurs, ce sont les sépales 1 et 3 ; enfin le sépale 2 est postérieur. Ces sépales restent toujours libres jusqu’à la base et forment lin calice polyphylle.

Corolle. Cinq pétales constituent la corolle. Comme toujours, ce sont cinq |H‘tils mamelons alternes avec les sépales, et rpii se montrent tous à la fois. Ils grandissent peu, ne se recouvrent jamais les uns les autres, mais s’épaississent beaucoup après la floraison ; ils persistent à la base du fruit et deviennent charnus. Ils ont si peu l’aspect de pétales que M. Decandolle, dans son ProJromus, les considère comme des sépales, et que Bernard de Jussieu, (pii avait la même manière de voir, plaçait par suite ces plantes dans les Alriplicécs avec lesquelles elles n’ont aucun rapport.

Amlrocée. Les étamines sont au nombre de dix et rangées sur deux verlicilles de cinq chacun. Le verlicille superposé au calice apparaît le premier; le verlicille superposé à la corolle n’apparaît qu’ensuite, et est plus intérieur que l'autre. Bien (pie celle situation relative des deux verticilles d’étamines semble toute naturelle, cependant elle mérite de fixerl'attenlion, car c’est le contraire qui a lieu dans la plupart des autres fleurs diplostémonées, où le verlicille d’étamines superposé à la corolle, tout en naissant après l’autre, est néanmoins situé sur un cercle plus extérieur. Ces étamines sont toujours fibres jusqu'à la base et leurs anthères sont introrses.

ORDRE DES CORURIËF.S.

Pistil. Cinq polils mamelons complètement libres les uns îles antres et superposés aux sépales eonstitiient, à l'origine, le pistil. Ces petits mamelons grandissent, prennent l’aspect de petites feuilles qui s’insèrent sur le pourtour du cône réeeptaeulairc, de façon que la trace de leur insertion soit une sorte de fer à cheval dont la courbure est en bas. Entre chaque feuille earpellaire et l’axe réeeptaeulairc, il y a donc une cavité qui n’est autre chose qu’une loge de l’ovaire, et dont les parois sont formées extérieurement et sur les côtés par la feuille carpcllaire, et intérieurement par le réceptacle. C’est dans l’angle interne de celte cavité, sur le réceptacle, que naît un ovule qui se revêt successivement de deux envelop|>es, devient aualropc et est suspendu à l'intérieur de la loge. Pendant que l'ovule accomplit ces diverses phases, les extrémités des feuilles carpcilaires s'allongent, s’effilent |H)ur former les styles et se recouvrent à leur sommet de papilles stigmatiques.

EXPLICATION DES FIGURES

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