OR DR K DES BERBÉR IDÉES
Fig. 8. Apparition do trois autres bractées, »", alternes avec les trois premières, i, quand elles existent, et formant une sorte do calicule qui enveloppe la fleur.
Fig. 9. La mémo figure vue de côté, pour montrer la hauteur respective de ces bractées :
», bractée latérale ; //, bractée plus jeune, qui manque souvent ; /, bractée intérieure.
Fig. 1 0. Apparition des trois premiers sépales, se, alternes avoc les trois dernières bractées caliculaires, »'. Les lettres », »/, indiquent les trois bractées externes.
Fig. 11. La mémo figuro vue de côté avec la môme signification de lettres.
Fig. 4 î . Apparition des trois premiers pétales, pe, alternes avoc les trois sépales internes, *•.
Fig. 13, 14, 45. Apparition successive dos trois autres pétales, p *, des trois premières étamines externes, ele, et dos trois autres, et*.
Fig. 4 6. Toutes les bractées, », i', tous les sépales, s1, tous les pétales , p*, p', toutes les étamines, ete, ell , sont nés. On voit poindre sur le côté de Taxe floral tourné vers la bracléo mère un bourrelet, fe, qui n’est autre chose que le rudiment de la feuille carpollairo.
Fig. 17. L'extrémité de l'axe floral grossi : fe, feuille carpellairc ; p/, axe floral qui devient le placenta.
Fig. 18. Pistil un peu plus âgé. La feuille carpellairc, fe , a grandi, et a laissé, entre elle et l'axe floral qui devient un placenta, p/, une càvilé, origine de l’oxaire, o.
Fig. 19. Pistil encore plus âgé. On a déchiré la feuille car [Hilaire sur le dos pour bien montrer le placenta, p/.
Fig. 20. Apparition des ovules, ol : fe, feuille carpellaire.
Fig. 2 1 . On a déchiré la feuille carpellairc pour faire voir le troisième ovule qui apparaît après les deux autres.
Fig. 22. Apparition d’un quatrième ovule sur le placenta, p/. Il est facile de voir, quoique aucun de ces ovules n’ait encore d'enveloppe, quo les ovules les plus élevés, o/1’, sont les plus âgés.
Fig. 23. Le pistil est beaucoup plus développé. Trois ovules , ol , ont déjà deux enveloppes ; les deux autres n'en ont qu’une ; pi, placenta.
Fig. 24. Pistil d’une fleur presque épanouie : xg, stigmate; or, ovaire.
Fig. 25. Môme étal de développement du pistil que dans la fig. 24. On a déchiré la feuille carpellaire sur le dos pour laisser voir le placenta et les ovules, ol, qui sont anatropes et ont leur micropyle inférieur et extérieur.
Eplmrdlum alplnnm.
Fig. 26. Bouton d'£pimedium alpinum; deux sépales, sr, sont externes, deux, i', sont intérieurs.
Fig. 27. Pistil do ce boulon , on aperçoit le placenta, pl, par transparence.
Fig. 28. Le môme, déchiré sur le dos pour laissor voir le placenta, pl.
Fig. 29. Pistil plus âgé. On a coupé la partie supérieure, et l’on a fendu la feuille carpellaire sur le dos. On aperçoit, en face, le placenta, pl, sur lequel se développent les ovules, ol, do haut en bas.
Fig. 30. Pistil plus âgé oncoro. L'ovaire, ou, se distingue nettement du style, si : xg , stigmate.
Fig. 32. On a déchiré ce pistil sur le dos. On voit dans le fond h* placenta, pl, qui s'étend d'une extrémité à l’autre et sur lequel les ovules se développent, les plus jeunes, oli, étant en bas et n’ayant pas encore d'enveloppes lorsquo la secondino commence à apparaître sur ceux qui sont en haut, ol
Fig. 31, 33. Fleur à deux états de développement pour montrer la formation des bosses sur les pétales, p*, p* ; un des sépales, se, a été coupé.
ORDRE DES MÉNISPERMÉES.
Les Menispermum qui forment le type de eet ordre sont des plantes voluhiles qu’on cultive dans les jardins de botanique. Elles étaient plaeées par Adanson dans sa famille des Anonesavec les Magnolia, les Tulipifera, les Asimina, loin des Derbcris et des Epimedium qu’il rangeait dans sa famille des Pavots. A.-L. de, Jussieu, sans méconnaître les affinités de ces plantes avec les Anones, en fit un ordre à part qu’il intercala entre les deux ordres des Anones et des Berbéridées. Dans ces derniers temps, Lindley {V eg. Kingdom ) revint aux idées d’Adanson ; il éloigna ce que A.-L. de Jussieu avait rapproché ; et tandis qu’il formait des Menispermum le type de son alliance des Ménispermalcs intercalées entre les Ganja et les Hclwingia d'une part et les Cucurbitacées de l’autre, il formait aussi des Berbcris le type de son alliance des Berbérales, dans laquelle il faisait entrer les Vignes, les Droscra, etc., qu'il plaçait entre les Anones d’un côté et les Bruyères de l’autre. M. Brongniarf, dans son Énumération des plantes , a adopté la manière de voir d’A.-L. de Jussieu, et amis les Ménispermées entre les Berbéridées et les Anones.
J’ai suivi dans toutes scs phases l’organogénie de la fleur des Menispermum canadense et coccultis (pii lleurissent chaque année en grande abondance au Muséum. Quant aux Cissampelos, je. n’ai pu les étudier (pie sur des plantes sèches dans les herbiers, et par suite, mes observations sont trop incomplètes pour que je puisse en donner des figures.
Inflorescence. L'inflorescence des Menispermum, au premier abord , ressemble à une grappe, et la plupart des auteurs s’y sont trompés. Ce n’est pas une grappe, mais une eyme bipare. A faisselle de chaque bradée portée par l’axe principal de l'inflorescence, naît, non pas une fleur seulement, mais une fleur accompagnée de deux bradées secondaires latérales qui se eonqiorlent comme la bractée mère, c’est-à-dire qu’à faisselle de chacune d'elles naît une fleur de seconde génération accompagnée elle-même de deux bractées latérales stériles ou fertiles. Dans les Cissampelos , les feuilles se
ORDRE DES MÉHISPEHMÉKS.
transforment insensiblement en bractées au lur et à mesure qu’on s’élève sur le rameau florifère, cl c’esl à l’aisselle de chacune de ces feuilles plus ou moins métamorphosées que naît une fleur.
Calice. Immédiatement après avoir produit ces deux bractées latérales fertiles ou stériles, l’axe floral dans les Memsjtcrmum porte les sépales et les |iétales. Les sépales sont au nombre de six ainsi que les pétales, et en cela les Menispermum ressemblent complètement aux Berberis. Ces six sépales sont sur deux vcrticilles de trois chacun. Le verlicille extérieur qui apparaît le premier a deux sépales du côté de la bractée mère, à l'aisselle de laquelle la fleur est née, et un du côté opposé, lis apparaissent successivement sur le mamelon floral, un des antérieurs d’abord, le postérieur ensuite, et eulin , l’autre antérieur. Dans le bouton , ils restent petits et ne se recouvrent jamais. Les trois sépales du verlicille intérieur alternent avec les trois sépales du verlicille extérieur, c’est-à-dire qu’il y en a un du côté de la bractée mère et deux du côté opposé; je n’ai pu constater s’ils apparaissent successivement ou simultanément, mais ils grandissent beaucoup plus que les autres, et dans le boulon ils su recouvrent en préfloraisun imbriquée.
Corolle. La corolle des Menisjiermum se compose également de deux vertieilles de trois pétales chacun. Ces deux vcrticilles alternent l’un avec l’autre et avec les deux vertieilles du calice. Il y a trois pétales externes superposés aux trois sépales externes et trois pétales internes superposés aux trois sépales internes. Ces pétales, à peine nés, ne s'accroissent que très lentement à l’origine, en sorte que les étamines, bien que naissant après, les dépassent promptcinentdc beaucoup, et si l’on ne suivait point pas à pas le développement de ees pétales et de cos étamines, on croirait que les pétales ne se montrent qu’après les étamines et n'en sont même qu'une dépendance.
Androcée. Les Menis/iermxitn sont le plus souvent monoïques par suite de l’atrophie plus ou moins complète de l’un des organes sexuels. Il y a donc des fleurs mâles et des fleurs femelles. Dans les fleurs mâles, on observe souvent trois ou quatre vertieilles d'étamines; dans les Heurs femelles, on n’en compte jamais que deux. Mais quel que soit le nombre de ees vertieilles, chacun d’eux alterne toujours avec celui qui le précède et celui qui le suit.
Les anthères sont toutes exlrorses et leur mode de formation est assez singulier ; il se produit d’abord un sillon longitudinal qui partage chaque moitié d’anthère en deux parties égales ; mais tandis que, dans la plupart des plantes, chacune de ces parties donne naissance à une loge pollinifère, ici l’une de ees parties, la plus extérieure, est stérile, et l’autre se subdivise en
EXPLICATION DES El GERES.
deux par un sillon transversal, en sorte que chaque moitié d’anthère a deux loges superposées, au lieu de deux loges placées l’une à côté de l'autre.
Pistil. Le pistil des Ménisporniécs diffère essentiellement de celui des Bcrbéridécs; à l’origine, il sc montre sous lu forme de trois bourrelets naissant sur le penchant du mamelon central. Chaque bourrelet grandit, et offre l’aspect d’une petite feuille, dont les bords, assez écartés dans le principe, se rapprochent de plus en plus, se soudent, et forment un sac gunllé en ovaire à sa base, effilé en style à sa partie moyenne, et élargi en pavillon sligmatiipie à son sommet. Comme il y avait trois bourrelets, il y a trois sacs, et si l’on fend un de ees sacs sur le dos, on remarque du côté opposé la ligne de soudure des deux bords de la feuille ear|>ellaire. Ces bords sont tuméfiés dans toute la longueur du sue, et chacun d’eux donne naissance, à mi-haulcur, à un ovule. 11 en résulte dans chaque earpellc deux ovules, collatéraux d’abord, mais qui, par les développements ultérieurs, deviennent, l’un ascendant, et l’autre descendant. |)u reste, tous les deux sont anairopes et se revêtent de deux enveloppes.
Dans les Cissampelos, à l'aisselle de chaque feuille on bractée mère placée le long de l’axe de l'inflorescence femelle, liait un petit tubercule sur lequel se développent successivement d’arrière en avant six à huit petite» folioles, et c’est devant chacune de ces petites folioles que naît un carpelle. Ce carpelle est d’abord sessile et n’est sépare de la petite foliole qui lui a donné naissance que par un tubercule qu’on peut prendre pour une étamine avortée. Mais en grandissant, il devient pédicule et emporte avec lui la petite foliole avec laquelle il est plus ou moins conné. Il en résulte qu’au lieu d’une fleur à six ou huit folioles au périanlhc cl de six ou huit carpelles, on a un groupe de fleurs à une seule foliole et à un seul carpelle. Du reste, chacun de ces carpelles offre à l’origine deux ovules analropcs, comme dans les Menispermum ; mais, tandis (pie chez les Menispermum ces ovules grandissent tous deux et arrivent à maturité, dans les Cissampelos un seul se développe et l’autre avorte. Quant à l’extrémité du carpelle, elle se bifurque et forme trois brandies stigmatiques.
EXPLICATION DES FIGURES
PLANCHE LUI
Urnlttprnnam cocenln*.
Fig. I . Inflorescence du Menispermum coeculus. Il y a uno fleur centrale accompagnée do deux bractées latérales, 6, b. À Faisselle de chacune de ces deux bractées, b, b , naît également une fleur, y, accompagnée à son tour de deux bractées fertiles, p, p, etc. , en
ORDRE DES MÉKISPERMÉES.
sorte qu'on a une véritable dichotomie. Les sépales, se, sont développés sur la fleur principale; il est difficile do diro s'ils sont d’âge différent. Deux sont contigus à la bractée, le troisième est contigu à l'axe.
Fig. 2. Apparition des trois autres sépales, s1, alternes avec les trois premiers.
Fig. 3. Apparition des trois premiers pétales, p*, superposés aux trois premiers sépales, 3e.
Fig. 4. Apparition de trois autres pétales, p‘, alternes avec les trois premiers, p*.
Fig. 5. Apparition des trois élaminos, et, superposées aux trois premiers pétales, p*.
Fig. 6. Les six étamines, el*, el1, sont nées, et I on voit poindre les trois mamelons superposés aux trois premiers pétales , pe, qui sont les trois rudiments dos carpelles, fc.
Fig. 7. La flour a grandi. Los mamelons ressemblent à trois petites feuilles; les anthères commencent à se dessiner.
Fig. 8. La fleur est encore plus âgée. On n’a laissé que les six étamines, et*, et* ; les carpelles ont encore davantage la forme do feuilles.
Fig. 9. Préfloraison du calice dans lo bouton : 3e, sépales externes ; sépales internes.
Fig. 10. Fleur assez figée. Les bords de chaque feuille carpetlaire tendent à se rapprocher.
Fig. 1 1 . Los bords de chaque feuille carpellairo se sont rapprochés et soudés ; la partie inférieure do chaque carpello s’est gonllée en ovaire, oc, tandis que la partie supérieure reste effilée et constitue le stigmate, sg.
Fig. 12. Pistil retiré de. la fleur.
Fig. 13. Un carpelle déchiré sur le dos. On aperçoit la fente, /, formée par les deux bords de la feuille cai*polIaire qui se rapproche, et les deux ovules, of, qui naissent à droileet à gauche sur les bords renflés de celle fente.
Fig. 14. Étamine jeune. Un sillon longitudinal a divisé l’anthère en deux moitiés , puis un autre sillon longitudinal a subdivisé chaque moitié en deux parties, dont l’une est stérile, tandis que l’autre se partago par un sillon transversal en deux logos polliniferes.
Fig. 1 5. Étamine plus âgée, enveloppée dans un pétale.
MenUpennum canarien*?.
Fig. 16. Fleur de Menispermum canadense.
Fig. 17. Un carpelle déchiré sur le dos pour montrer les ovules, ola, o\d.
Fig. 18. Coupe perpendiculaire d’un carpelle, pour montrer les deux ovules qui tondent à devenir, l’un ascendant, l’autre descendant.
Fig. 19. Pistil plus âgé.
Fig. 20. Coupe perpendiculaire d’un carpelle, pour montrer les ovules, o/rt, ol1, qui sont devenus, l'un ascendant, et l’autre descendant.
ORDRE DES RENONCULACÉES.
La plupart des genres qui composent l’ordre des Renonculacées fleurissent , chaque année , au Muséum. Je les ai étudiés presque tous dans plusieurs de leurs cs|ièces , et comme l’organogénie de leur fleur est aussi variée que sa structure, je les divise en six sections, savoir, les Ancolies, les Nigelles, les Clématites, les Renoncules, les Ficaires et les Hellébores. Ce n’est pas (pie je croie qu’il y a dans cet ordre six types différents de symétrie florale. On verra plus loin que toutes les plantes que j’ai placées dans la section des Hellébores rentrent, au point de vue de cette symétrie , dans l’une ou l'autre des autres sections, et qn’elles n’ont été réunies sous un même litre que pour montrer les relations que ecs autres sections, si dissemblables au premier abord, ont entre elles, et les voies par lesquelles la nature procède pour passer d’un type floral à un autre. Ce n’est pas davantage que je veuille prétendre que ectle division doive servir ultérieurement de base à leur classification naturelle. Mon but est ici plus restreint; je ne veux qu’être plus clair et plus précis dans l’exposition des nombreux faits organogéniques que j’ai observés.