OH DH E DES GLOBULARIËES
La position des Globularia dans la classification générale a été longtemps incertaine. Adanson les plaçait dans sa Camille des Garons à rôle des liriuiia avec le Slalice, non loin tirs Conocarpus. A L. de Jussieu les mit avec les Sùmolus à la suite des Primula , sons le litre de gémis Lysimachiis affine. C'est A. I’. Decandolle qui en lit le premier le type d'un groupe distinct, sous le nom de Globulaires, que M. Ad. Brongniarl dans son Énum&ralion des plantes place dans sa classe des Sélaginoïdées entre les Jasminécs et les Sélaginérs avec les Myoporinécs. Lindley, dans son Vegelable Kingdom , n’adopte pas cet ordre, cl réunit les Globularia et les Selàgo dans un seiil et même groupe.
C’est à Madère, en 1850, que j’ai commence l'étude organogénique de la fleur de Globularia sur une espèce qui en est originaire ef qu’on appelle Globularia' longi folia. Je lésai ensuite continuées à mon retour en France sur le Globularia vulgaris , (pii croit en abondance aux environs de Paris. 'Et comme dans ces deux plantes l'inflorescence est un capitule, on peut trouver souvent sur ce capitule, pourvu qu’on le choisisse assez, jeune, des fleurs de tout âge.
Inflorescence. Calice. Les fleurs, connue je viens de le dire, sont en capitules dans le Globularia vulgaris comme dans le Globularia longi folia ; seulement ces capitules naissent à l’aisselle de feuilles, dans le Globularia longifolia, et sont par suite axillaires, tandis que dans le Globularia vulgaris ils sont placés à l’extrémité des tiges, et par conséquent terminaux. Chaque fleur dans le capitule naît à l'aisselle d’une bractée mère, cl n'est jamais accompagnée de bractées secondaires latérales. Le calice se compose de cinq sépales qui naissent successivement dans l’ordre qnineoncial. Deux sont antérieurs, ce sont les sépales 1 et 3 ; deux sont latéraux, ce sont les sépales ù et 5; enfin un est postérieur, c’est le sépale 2. Libres à l’origine, ils deviennent plus lard connés et constituent un calice gamosépale à peine irrégulier.
ORDRE DES C.LOBUI.AR1ÊES.
Corolle. Les pétales sont au nombre de cinq et alternent avec les sépales.
Ils apparaissent tous à la fois. Libres d’abord, ils deviennent promptement conncs entre eux, sauf du côté postérieur ; le tube qui résulte de cette réunion des pétales est dès lors fendu de ce côté dans toute sa longueur. Par suite d'inégalités de développement, ces pétales prennent des grandeurs diverses, et lors de l’épanouissement de la (leur, la corolle a cinq lobes, dont trois, formés par le pétale antérieur et les pétales latéraux, sont très grands, et dont deux, formés par les pétales postérieurs, sont très courts. Dans le bouton le pétale antérieur est recouvert par les deux latéraux.
Androcée. Quelque jeune que soit le bouton qu’on examine, on n’observe toujours que quatre étamines superposées aux séjiales antérieurs et latéraux. Jamais il n'y a apparence de la cinquième étamine superposée au sépale postérieur. Ces étamines, libres à l'origine, deviennent promptement connces avec la corolle ; les étamines antérieures toutefois avant les latérales, en sorte que lors de l’anthésc, les étamines antérieures sont insérées bien plus liant que les autres sur la corolle, et qu’il y a didynamic. Ces quatre étamines, du reste, se composent chacune d’un filet et d’une anthère biloculairc, itilrorsc, dont la déhiscence s’opère par une fente transversale.
Pistil. Lorsque les étamines sont nées, le réceptacle se prolonge au delà de leur insertion en une petite colonne au sommet de laquelle on voit poindre deux bourrelets semi-lunaires, qui se louchent par leurs extrémités, et circonscrivent un espace elliptique. Ces deux bourrelets, rudiments du pistil, sont l’un antérieur et l’autre postérieur. Ils grandissent rapidement, deviennent connés, et forment un sac qui se rende en ovaire à sa base, et s'effile à son sommet en un style allongé, dont l’ouverture supérieure est bilabiée. Pendant que ces changements se produisent dans les contours du pistil, on voit naître à l’intérieur, sur la paroi postérieure de l’ovaire un ovule qui est suspendu, et tourne à l’anatropic, en dirigeant son micropyle en haut du côté de son point d’attache, en sorte que son raphé est externe.
EXPLICATION DES FIGURES
c.lobularla mliarl*.
Fig I. Très jeune inflorescence de Globutaria vulgaris. Los bractées et les (leurs apparaissent successivement de la haso au sommet.
Fig. 2. Position de la fleur par rapporta la bractée mère, B. Tou» les sépales sont nés. Fig. 3. Apparition des pétales, p, alternes avec les sépales, ».
Fig. *. Fleur un peu plus âgée, vuo de face : p, pétales; », sépales
EXPLICATION DES FIGÜBE8. 585
Fig. 5. Apparition des étamines, et. Elles sont au nombre de quatre et superposées aux sépales antérieure et latéraux ; p, pétales.
Fig. 6. Fleur un peu plus âgée que dans la 6g. 5 et vue du côté de l'axe. On a coupé les sépales, pour montrer qu'il n'y a que quatre étamines, et que les pétales, p, sont réunis entre eux, sauf du côté où une étamine manque.
Fig. 7. C’est la fleur de la flg. 6, vue du côté antérieur : s, sépales coupés; p, corolle ; et, étamines.
Fig. 8. Jeune pistil. C'est une pptite excavation sur les bords de laquelle on remarque à peine deux petits tubercules, rudiments des stigmates, sj.
Fig 9. Fleur au moment où les loges se dessinent sur les anthères, et : p, corolle ; cicatrice du calice ; ou, ovaire.
Fig. 1 0. Ovaire de cette fleur, isolé.
Fig. 1 1 . Coupe longitudinale de la fleur do la flg. 9 : », calice ; p, corolle ; et, étamines : ov, ovaire.
Fig. 18. Fleur plus âgée : s, calice , p, corolle; et, étamines; et, style.
Fig 13. La mémo fleur dont ou a coupé le calice, »', pour mieux montrer le point où les pétales, p, ne sont pas connés : et, étamines; U, style.
Fig. 1 1. La même fleur vue du côté opposé, c'est-à-dire du côté antérieur : i\ cicatrice du calice; p, pétales; et, étamines; sj, style.
Fig. 15. Coupe longitudinale do cette fleur : », calice ; p, corolle ; «I, étamines ; ou, ovaire ; ol, ovule.
Fig. 16. Coupe longitudinale d'un pistil au moment où l'ovule, ol, se revêt de son enveloppe.
Fig. 17. Fleur beaucoup plos âgée : », sépales ; p, pétales ; et, étamines.
Fig. 18, Corolle, p, etandrocée, et, de cette fleur.
Fig. 19. Coupe longitudinale de cette fleur : », calice ; p, corolle ; et, étamines ; ou, ovaire ; ol, ovule.
Fig 80. Fleur au moment de l'épanouissement: s, calice; p, corolle; rt, étamines; »t, stylo.
Fig. 2 1 . La même fleur dont on a roupé le calice, »' : p, corolle ; et, étamines ; oc, ovaire.
Fig. 22 Coupe longitudinale de la fleur de la flg. 20 : s, calice; p, corolle: et, étamines , ou, ovaire : ol, Ovule.
Fig. 23. Pistil de cette fleur, isolé.
ORDRE DES ACANTHACEES.
Endlieher, avec la plupart des auteurs, décrit les Acanlhus comme ayant un calice à quatre divisions dont deux, l'anterieure et la postérieure, sont beaucoup plus longues (pie les deux autres ; une corolle à une seule lèvre Irilïde; quatre étamines didynames, et enfin un ovaire à deux loges. Il ne se préoccupe en nueimc façon de la position de ces diverses parties les unes par rapport aux autres, et ne se demande pas comment, eu admettant une semblable structure [tour les Acanthus, ces plantes- peuvent être rangées dans un seul et même groupe avec les Huellia, les Gemlarussn dont la symétrie est tout à fait différente et rappelle celle des Sorophularinées. En y regardant cependantd’un peu plus près, il eut vu que les deux étamines antérieures sont superposées à ce prétendu sépale antérieur unique , et l'analogie l’eût conduit sans difficultés- à considérer ce prétendu sépale antérieur comme formé de deux sépales connés. Il eût vu également, en recherchant les points d'insertion des étamines postérieures sur la corolle, que les deux étamines postérieures sont insérées non point entre le folie antérieur et les deux lobes latéraux, mais entre ceux-ci et deux petits lobes postérieurs, et il en eût conclu par suite que cette corolle unilahiéc est formée non par trois pétales, mais par cinq. Ces conséquences qu’une étude attentive des positions respectives des diverses parties de la fleur eût permis de tirer, l’organogénie les met complètement en évidence.
Inflorescence. Corolle. L’inflorescence de l’ A cnnthus mollis est un épi. Chaque fleur nait l’aisselle d'une bractée mère et est accompagnée de deux bractées secondaires latérales. Cinq sépales constituent le calice. Deux sont antérieurs et réunis ; deux sont latéraux et peu développés proportionnellement aux autres ; le cinquième est très grand et postérieur. Quand un suit l’ordre de leur apparition sur le réceptacle, on remarque (pie le sépale postérieur apparaît le premier ; que les deux sépales antérieurs apparaissent ensuite, mais pas en même temps et deviennent presque immédiatement connés ; et enfin les deux sépales latéraux.
Corolle. Les pétales sont au nombre de cinq et alternent avec les sépales.