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RÉSISTAIHCE DES CANONS EN FONTE DE FER

passe par Taxe de la lumière, à cause de la solution de continuité qu'il présente. Par suite, c'est dans ce plan et à rorifice intérieur de la lumière que la rupture commence à se manifester; une fente se forme et s'agrandit à chaque coup.

La résistance de la culasse, dans le voisinage de laquelle la lumière se trouve placée, s'oppose à cet agrandissement; et c'est du côté de la volée que la fente s'étend avec plus de facilité. De là, il résulte qu'en éloignant la lumière du fond de l'âme, on accélérerait la rupture longitudinale de la bouche à feu.

La pressioij que les gaz exercent sur le fond de l'âme tend à l'entraîner vers l'arrière; les molécules ainsi pressées s'écartent légèrement de leurs voisines plus rapprochées de la volée, puis les entraînent, et le mouvement de recul se propage dans toute la masse.

On conçoit que cet écartement, qui précède l'établissement général du mouvement, puisse devenir une cause de rupture. Cette cause serait même très dangereuse si l'on supprimait la $urface de raccordement du fond de l'âme et des parois latérales (§3). C'est évidemment dans le voisinage du fond de l'âme qu'elle agit avec le plus d'énergie ; l'orifice intérieur de la lumière, placé en cet endroit, favorise, d'ailleurs, la formation d'une fente transversale.

C'est ainsi qu'on reconnaît l'existence d'une seconde ligne de rupture, qui n'est autre chose que le cercle passant par le centre de l'orifice intérieur de la lumière.

En résumé, à partir de cet orifice, deux fentes tendent à se former, l'une suivant la génératrice supérieure de l'âme, l'autre suivant la section perpendiculaire à cette génératrice ; la première tend surtout à se propager vers l'avant; mais la seconde doit généralement s'étendre également à droite et à gauche, sauf les différences qui peuvent résulter des variations que prés.ente parfois la constitution du métal.

Lorsque deux petites fentes initiales sont ainsi formées, elles s'ouvrent à chaque coup et se ferment immédiatement après ; mais le courant de fluide qui les traverse, en s'échap-

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pant par la lumière, en détache des particules et leur donne bientôt dans leurs parties inférieures une certaine largeur. Ainsi s'explique naturellement la formation des pointes que l'on ne tarde pas à apercevoir à l'orifice intérieur de la lumière. Deux sont dirigées dans le plan perpendiculaire à l'axe du canon, l'une à droite et l'autre à gauche, et présentent, en général, des longueurs à peu près égales ; la troisième se pi;olonge en avant suivant la génératrice supérieure de l'âme; une quatrième, toujours plus petite, se montre quelquefois vers l'arrière. Ces pointes ne sont que la conséquence des fentes qui les ont précédées.

L'existence de ces fentes a été mise hors de doute par des tronçonnages opérés sur des canons de 3o qui avaient été soumis à Gâvre à de très longues épreuves. Sur la surface lisse de chaque tronçon, la fente ne se manifestait que par un filet excessivement délié ; mais, exposé au choc d'un mouton, le tronçon se brisait suivant le prolongement du filet; la fente primitive se distinguait alors du reste de la cassure par la teinte noirâtre dont elle était affectée et qui était occasionnée par les particules que les gaz y avaient déposées en la traversant.

Il est. facile maintenant de se rendre compte des circonstances qui accompagnent la rupture finale d'une bouche à feu en fonte de fer. L'action des gaz écarte l'une de l'autre les deux faces de la fente longitudinale qui a pris naissance à l'orifice intérieur de la lumière et la prolonge en avant et en arrière ; mais la partie antérieure de l'âme n'a que peu souffert du tir, par suite de l'affaiblissement de la force élastique des gaz au moment où ils la traversent; ce n'est donc qu'avec difficulté que la fente s'étend vers l'avant. Les parties du canon déjà séparées et continuellement écartées l'une de l'autre ont une tendance à se rompre latéralement; des ruptures transversales se produisent, et généralement la volée reste intacte, elle tombe sur le sol sans prendre de mouvement vers l'avant.

Ordinairement la fente transversale formée à l'orifice inté-

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RÉSISTANCE DES CANONS EN FONTE DE FER. Sgi

rieur de la lumière est assez avancée pour que la culasse se détache; elle est alors projetée vers l'arrière.

La lumière est rapidement dégradée par le tir; et c'est, en général, par l'agrandissement du canal qu'on juge du nombre de coups que la bouche à feu a déjà supportés et du service qu'on peut encore lui faire subir.

L'emploi d'un grain de lumière priverait de ce moyen d'appréciation et n'empêcherait pas la formation des fentes; il augmenterait, au contraire, la solution de continuité qui

leur donne naissance.

§ 2. — Influence du mode de chargement sur la rupture.

La destruction de la bouche à feu est très prompte, lorsque la gargousse, ayant le diamètre réglementaire à peu près égal aux j^ du calibre, est poussée jusqu'au fond de l'âme et se trouve en contact immédiat avec le projectile; en général, quatre cents coups à la charge de 5^^ et à boulets massifs suffisent pour déterminer la rupture d'un canon de 3o n» i .

Mais il n'en est plus de nSême lorsqu'un valet mou en étoupe est interposé entre la gargousse et le projectile. Dans les expériences exécutées à Gâvre en 1847 sur les canons de 3o n*^ i, ce valet avait 16*^™ de diamètre, 1 1*^™ de longueur et pesait environ 4ooS'". Les bouches à feu ont supporté plus de deux mille coups à boulets massifs et à la charge de 5^^^ sans qu'aucune rupture se soit produite. Les lumières avaient acquis des dimensions énormes; la forme cylindrique avait disparu et la section de moindre étendue se trouvait à environ 20"*"* de la surface extérieure. Le Tableau suivant, formé en prenant les résultats moyens des observations, peut donner une idée de la marche progressive des dégradations.

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NOMBRE

de

de la sonde traversant

la lumière.

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