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OH

hydrate d’oxyde de tétréthylammonium.

Az j G 10 H 11 0, H O ( G 12 H 5

hydrate d’oxyde de méthyléthylamylphénylammonium.

Outre tous ces corps, on en a encore découvert qui peuvent être considérés comme des corps copules, et d’autres dans lesquels on est parvenu à faire entrer des métaux, tels que le bismuth, Xantimoine, le zinc, le mercure, à l’état de zinc éthyle, de stan-éthyle, etc., ou de tout autre radical alcoolique métallique.

Un grand nombre de végétaux contiennent des substances cristallisables neutres, non azotées : nous citerons la salicine, extraite de l’écorce des saules; la phloridzine, que l’on retire de l’écorce du

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pommier; la glycyrrhizine, de la racine de réglisse, etc. Nous en signalerons quelques-unes en parlant des glycosides.

Des essences ou huiles essentielles. — Un grand nombre de végétaux, appartenant principalement aux familles des labiées, des laurinées, des aurantiacées, des caryophyllées, des synanthérées, des ombellifères, des conifères, etc., doivent leur odeur à des principes immédiats, volatils, insolubles dans l’eau, mais pouvant former avec elle des combinaisons cristallisables, solubles dans l’alcool et dans l’éther, insaponitiables; ce sont les huiles essentielles ou essences.

Le plus souvent les essences préexistent dans les plantes et peuvent être séparées par distillation ou par expression ; dans d’autres cas, elles ne préexistent pas, et elles ne se forment qu’au contact de l’eau; telles sont les essences d’amandes amères et de moutarde.

La parfumerie et la pharmacie font un grand usage des essences ; dans les arts on les emploie pour la fabrications des vernis.

Les essences peuvent être divisées en quatre groupes principaux :

1° Les essences hydrocarbonées;

2° Les essences oxygénées;

3° Les essences sulfurées;

4° Les essences azotosulfurées.

Les essences hydrocarbonées sont celles de térébenthine, de sabine, de genièvre, de citron, de bergamote, à'orange, de cubèbe, de copahu, diélémi, etc.

Parmi les essences oxygénées, les unes se rapprochent du camphre; d’autres sont neutres, menthe, thym, romarin, lavande; d autres acides, girofle, reine des prés, etc.; quelques-unes peuvent être considérées comme des aldéhydes, essences d’amandes amères, de cannelle; l’huile essentielle de pommes de terre joue le rôle d’un alcool (alcool amylique), et celle de Gaulthena procumbens (éricacées), qui a pu être faite artificiellement, peut être regardée comme un salicylate de méthylène; elle est connue dans le commerce sous le nom d’essence de winlergreen. Elle vient de la Nouvelle-Jersey.

Le tourteau d’amandes amères, traité par l’alcool, ne donne pas d’essence, donc elle ne préexiste pas; mais ce tourteau renferme deux principes, Yamygdaline et la synaptase ou èmulsine, qui, en réagissant l’une sur l’autre au contact de l’eau, donnent naissance à plusieurs produits, parmi lesquels il faut citer l’essence d amandes

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amères et l’acide cyanhydrique. Les amandes douces ne renferment pas d ' amygdaline, mais elles contiennent de Yémulsine.

L’essence d’amandes amères ou hydrure de benzoïle est l’aldéhyde de l’acide benzoïque; en effet, cet acide ne tarde pas à prendre naissance lorsqu’on expose l’essence à l’air ou qu’on la traite par les corps oxydants.

Un grand nombre d’essences sont devenues le point de départ de séries chimiques fort intéressantes; ainsi l’on connaît la série salicylique, qui a pour origine l’essence de reine des prés ; les séries cinnamique, anisique, cuminique, eugénique , etc.

Le bouquet des vins est attribué à des essences qui peuvent être considérées comme des éthers composés, tels sont les éthers œnanthique et v ino - œnanthique .

Pour parler des essences sulfurées et azoto-sulfurées, il est plus simple de renvoyer aux articles qui traitent de Y ail et delà moutarde. Disons toutefois ici que la seconde de ces essences ne préexiste pas dans la moutarde noire ; elle ne se forme qu’au contact de l’eau par la réaction de la myrosine sur Y acide myronique, qui existe dans la moutarde à l’état de myronate de potasse; et de même que l’on peut faire l’essence d’amandes amères, pour ainsi dire de toutes pièces, par la réaction de l’émulsine prise aux amandes douces, sur l’amygdaline empruntée aux amandes amères, de même on peut prendre l’acide myronique à la moutarde noire et la myrosine à la moutarde blanche, et faire, par leur contact avec l’eau, de l’essence de moutarde.

Certaines essences exposées au contact de l’air attirent l’oxygène et se résinifient.

Les résines sont des substances solides, répandues dans les végétaux, notamment dans les conifères et les térébinthacées; elles sont rudes au toucher, fusibles, inflammables, insolubles dans l’eau, solubles dans l’alcool, l’éther, les corps gras et les huiles essentielles ; lorsqu’elles découlent des arbres, elles sont toujours dissoutes dans des essences et portent le nom de térébenthines, et elles prennent le nom de baumes lorsqu’elles contiennent de Yacide benzoïque (benjoin) ou de Yacide cinnamique , ou les deux à la fois (baumes de Tolu, du Pérou, etc.)

Voici quelles sont les principales résines : la résine animée, produite par Yhymenæa Courbant , la résine élémi, icica icicariba; l’encens, Boswellia serrata; la résine de jalap, convolvulus jalapa, ou exo-

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gonium purga; la scammonée, du convolvulus scammonia; le galipot, du pinus maritima; le mastic, du pistacia lentiscus; la sandaraque, du thuya articulata ; la tacamaque, icica tacamahaca, etc., etc.

Les résines sont quelquefois associées à des gommes; elles s’émulsionnent alors dans l’eau : telles sont les gommes-résines des ombellifères, c’est-à-dire l’assa-fétida, ferula assa-fœtida ; le sagapenum, ferulapersica ; le galbanum, bubon galhanum ; l’opoponax, pastinaca opoponax ; la gomme ammoniaque, dorema ammoniacum; la gommegutte, garcinia cambogia , de la famille des guttifères, qui s’émulsionne aussi avec de l’eau.

Parmi les térébenthines nous signalerons le copahu, appelé improprement baume, copaïfera officinalis; la térébenthine de Bordeaux, du pinus maritima ; la térébenthine des Vosges ou de Strasbourg, ou d’Alsace, larix Europœa; le baume du Canada, abies balsamea , etc.

Le caoutchouc est un produit tiré du suc laiteux de plusieurs arbres appartenant à des régions et à des familles différentes; on le tire du syphonia elastica , du ficus elastica, du tabernœmontana elastica , du jatropha elastica , syphocampylos caoutchouc.

~ Le caoutchouc pur est solide, blanc, translucide; sa densité est de 9,024; il est souple, élastique; coupé récemment, les surfaces adhèrent et se soudent ; à 0° et au-dessous il se contracte et devient dur, peu adhésif et extensible, mais il reprend ses caractères primitifs de 35° à 40°.

La gutta-percha, qui vient de Singapore, des îles Malaises et de la péninsule de Malaca, est produite par Yisonandra percha de Hooker, de la famille des sapotées ; elle a la même composition élémentaire que le caoutchouc.

Les corps gras sont des substances liquides, molles ou solides, neutres, insolubles dans l’eau, douces au toucher, tachant le papier, inflammables à une température élevée, solubles dans l’éther et le sulfure de carbone, saponifiables, c’est-à-dire susceptibles d’être transformées par les alcalis en acides gras et en glycérine, qui est aux corps gras ce que l’éther simple est aux éthers composés.

Empiriquement, les corps gras peuvent être divisés en huiles, ou corps gras liquides, en graisses, ou corps gras mous, en suifs, ou corps gras solides, et en beurres , ou corps gras odorants.

L’extraction des corps gras peut se faire par diverses méthodes :

\ 0 Par expression à froid ;

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2° Par expression à chaud ou par la vapeur d’eau ;

3° Par ébullition dans l’eau ;

4° Par putréfaction ;

5° Par les dissolvants : alcool, éther, benzine pétrole, sulfure de carbone, etc.

Au point de vue chimique les corps gras peuvent être considérés comme formés de mélanges en proportions variables d 'oléine, de margarine, de stéarine, de ricinine, de palmine, etc., etc.; on peut admettre que sous l’influence des alcalis ces principes imnqédiats se dédoublent en acides gras et en glycérine, et alors on peut les diviser ainsi :

1 0 Corps gras sur lesquels les alcalis sont sans action (cholestérine) ;

2° Corps gras que les alcalis transforment en acides gras fixes et en glycérine: tels sont l’oléine, la margarine, la stéarine, la ricinine, la palmine, etc. ;

3° Corps gras transformés par les alcalis en acides gras volatils et en glycérine, comme la butyrine, l’hircine, etc. ;

4° Corps gras que les alcalis transforment en acide margarique et en un corps neutre autre que la glycérine, la cétine et la cérine.

L’oléine, qui est liquide, abonde dans les huiles ; la margarine, qui est molle, domine dans les graisses, et la stéarine, qui est solide, est en grande quantité dans les suifs.

Dans une autre théorie on admet que la glycérine et les acides gras préexistent dans les graisses ; alors l’oléine, la margarine, la stéarine, etc., seraient considérées comme des oléates, des margarates, et des stéarates de glycérine, et comme celle-ci, telle qu’on l’admettrait dans les corps gras, joue le rôle d’un éther simple, il en résulterait que les graisses, les suifs, les huiles, etc., seraient des éthers du troisième genre.

Exposés au contact de l’air, les corps gras en attirent l’oxygène et rancissent, les huiles deviennent épaisses ; aussi les divise-t-on en siccatives : lin, chènevis, noise, noisette, œillette, etc.; et en non siccatives : olives, d’ amandes, de ricin, de madia, de colza, de navette, à'arachides, etc. Nous reviendrons sur ces huiles en parlant des plantes qui les fournissent.

Les cires tiennent pour ainsi dire le milieu entre les résines et les corps gras ; elles sont insaponifiables par la solution de potasse, mais elles le deviennent par la potasse en fusion ; elles sont très-solides,

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insolubles dans l’eau et dans l’alcool, mais se dissolvent dans l’éther et les huiles essentielles; elles sont formées de myricine, de cêrine et de céroléine. Certains végétaux produisent des cires analogues à celle des abeilles, tels sont les fruits de divers myrica , les myristica sebifera et bicuyba , le ceroxylon andicola , la canne à sucre, etc.

Des matières colorantes. — Outre les matières colorantes dont nous avons déjà parlé en traitant de la couleur des fleurs, il en est d’autres qui jouent un grand rôle dans l’industrie : telles sont la garancine et Y alizarine de la garance, Yhêrnatine du bois de Campêche, la cartliamine des fleurs de carthame, la brésiline et la brésiléine du bois de Brésil, la lutéoline de la gaude, la quercitrine du chêne nommé quercitron, le rocou du bixa orellana, la santaline du Pterocarpus santalinus , etc. Nous dirons seulement quelques mots de Y indigo, de Yorseille et du tournesol.

L’indigo existe dans plusieurs plantes ; les principales qui en fournissent sont le pastel, isatis tinctoria (crucifères), le polygonum tinctorium (polygonées), les indigofera tinctoria , argentea, etc. ; il existe dans ces plantes à l’état d’indigo blanc, c’est par oxydation qu’il devient bleu.

G 16 H 6 Az O 2 + O = C 16 H 5 Az O 2 + HO indigo blanc. indigo bleu.

L’orseille est extraite de certains lichens des genres Variolaria, Lecanora , Roccella , Evernia , etc. ; la matière colorante ne préexiste pas, elle se produit par l’action de l’ammoniaque sur une matière azotée, Yorcine, qui elle-même ne préexiste pas ; elle provient de la décomposition, sous l’influence des alcalis, de plusieurs principes incolores et incristallisables, tels que les acides lécanorique, érythrique, evernique, etc.

Tournesol. — Il y a deux espèces de tournesol; celui qui est en pains est retiré de certains lichens, et le tournesol en drapeaux est préparé avec le jus delà maurelle, croton tinctorium (euphorbiacées).

11 résulte des nombreuses expériences de M. le docteur Filhol que les feuilles contiennent, indépendamment de la chlorophylle, du quercitrin ou de la quercetine, et quelquefois les deux ; on y trouve aussi dans certains cas une petite quantité de la matière colorante jaune des fleurs connue sous le nom d exanthine.

Les fleurs rouges, roses ou bleues, sont colorées par de la cyanine

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Les fleurs jaunes doivent leur couleur à de la xanthine, de la xanthéine et de la croco-xanthine.

Enfin toutes les fleurs contiennent comme les feuilles du quercitrin et de la quercétine; elles renferment en outre des quantités notables de sucre.

Quand on compare, au point de vue de la richesse en quercitrin , les feuilles séchées avec soin et conservées à l’abri de l’air, avec les feuilles de la même espèce, mal conservées, telles que les fournit le commerce de la droguerie, on trouve qu’elles en contiennent beaucoup moins que les feuilles bien conservées ; au lieu de principes cristal 1 isables et bien définis, on retire des feuilles mal séchées des matières d’apparence extractive qui sont le résultat de l’altération des principes immédiats primitivement contenus dans la plante.

La même chose a lieu pour les fleurs, elles s’appauvrissent en sucre en se décolorant ; les matières colorantes isolées résistent à l’action de l’air et de la lumière (Filhol).

Glycosides. — Certaines substances propres à des plantes diverses présentent pour caractère distinctif de produire de la glycose, lorsqu’elles se décomposent dans certaines conditions, aussi les a-t-on désignées sous le nom de glycosides.

La salicine bouillie avec l’acide sulfurique ou chlorhydrique étendu s’assimile les éléments de deux molécules d’eau, et se dédouble en glycose et en salirétine.

C 26 H 18 0 14 4- 2HO = C 12 H14 01* + C 14 H 8 0 2 salicine. glycose. salirétine.

La synaptase la dédouble de même ; seulement il se forme une substance cristallisable, la saligénine.

C26H18 01* + 4HO = C 12 H I4 0 14 -f C 14 H 8 0 salicine. saligénine.

Nous signalerons encore parmi les glycosides, la populine, du povulus tremula, la phloridzine, du pommier, du poirier, du cerisier, etc., Yesculine de Xesculus hippocastanum, Yarbutine, de l’uva ursi, \& phyllirine, des phyllirea, etc., etc.

Des principes inorganiques contenus dans les végétaux. — Nous avons déjà fait connaître ailleurs l’origine des quatre éléments principaux des plantes, c’est-à-dire du carbone , de Yhydrogène, de Yoxy-

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gène et de Y azote, auxquels il faut ajouter dans certains cas le soufre, le phosphore, etc., qui peuvent faire partie de la molécule organique ; mais à côté des matières organiques destructibles par la calcination, on trouve dans les plantes des substances minérales qui restent pour résidu sous forme de cendres lorsqu’on les calcine ; c’est l’origine de ces sels qu’il s’agit de rechercher.

Quoique dans les cendres des végétaux on distingue les sels solubles des sels insolubles, il n’en est pas moins vrai que les uns et les autres n’ont pu pénétrer dans les plantes qu’à l’état de solution, et que ce n’est que par des transformations opérées dans les tissus que les sels insolubles ont pu se produire, ou bien ils sont le résultat de la calcination ; c’est ainsi que les dépôts de silice que l’on trouve dans les bambous, et l’oxalate de chaux qui existe dans les rhubarbes, ne peuvent être que le résultat de dépôts et de transformations opérés dans la plante elle-même. Enfin, il ne faut pas oublier que tous les sels alcalins et terreux à acides organiques sont transformés par la calcination en carbonates alcalins ou terreux, solubles ou insolubles.

La chaux est très-abondante dans les végétaux, mais elle ne peut y exister à l’état de liberté ; tantôt on l’y trouve à l’état de sel plus ou moins soluble, chlorure, azotate, sulfate; tantôt à l’état insoluble, comme les malates, oxalates, etc. Nous ne pensons pas que l’on puisse trouver la chaux à l’état de liberté comme on a prétendu l’avoir constaté dans l’écorce du liège et le bulbe de l’ail; nous éprouvons même une grande répugnance à croire qu’on ait pu la trouver à l’état de carbonate neutre ou acide dans les végétaux parmi lesquels nous citerons les feuilles d’aconit napel, les racines de polygala senega, la paille des graminées, etc. Nous pensons, au contraire, que les carbonates ne peuvent pas exister dans les plantes, parce qu’à un moment donné ces sels doivent être décomposés par les acides organiques énergiques, tels que les acides malique, tartrique, lactique, acétique, etc., qui se forment dans les tissus à l’époque de la germination. Nous croyons sans peine, au contraire, que l’on a pu trouver le sulfate de chaux dans les racines de bryone et de rhubarbe, dans l’écorce du quercus falcata, le fucus vesiculosus; de même que le phosphate dans les racines de pivoine, de nymphéa, de réglisse, le suc de chélidoine, les cellules des pandanus, des typha, des orchis ; le nitrate dans les borraginées, la pariétaire, l’ortie, etc., et en gé-

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néral dans toutes les plantes qui poussent sur les murs et sur les décombres; enfin on a signalé le chlorure de calcium dans les feuilles de tabac, les fleurs de narcisse des prés, etc.

La magnésie , plus rare que la chaux, se trouve dans un grand nombre de végétaux à l’état de sels organiques, se transformant en carbonate par la calcination ; elle paraît pouvoir se substituer à la chaux et remplir le même rôle; c’est ainsi que dans la belladone ( alropa belladond ) on trouve tantôt de l’oxalate de magnésie, tantôt de l’oxalate de chaux, d’autres fois les deux mélangés ; on a encore trouvé la magnésie dans le chanvre, les fruits des céréales, le salsola soda; à l’état de sulfate dans le fucus vesiculosus; de phosphate dans la bryone, dans la ciguë; de chlorure dans le cannella alba.

La silice, quoique insoluble, a été constatée dans les tissus des végétaux; elle n’a pu y pénétrer que de deux manières, soit sous la forme de silice gélatineuse, état sous lequel elle est toujours un peu soluble dans l’eau, soit combinée à une base alcaline, formant un silicate qui aura pu être décomposé dans l’intérieur du végétal par les acides organiques formés pendant la végétation, d’où seront résultées les concrétions pierreuses que l’on trouve dans le chaume du bambou, connu sous le nom de tabaschir de l’Inde (tabasheer ), concrétions qui, d’après M. Guibourt, sont formées de silice presque pure, contenant seulement quelques traces de potasse ou de soude ; d’ailleurs, la silice paraît toujours s’accumuler dans divers organes ou dans certaines cavités ; ainsi les cendres fournies par l’épiderme du bouleau en contiennent 70 p. 100; celles du roseau de Provence, 4,8; celles du chaume du blé, 6,5 ; l’épiderme du calamus rotang en renferme une telle quantité qu’il fait feu au briquet.

La balle du froment donne des cendres renfermant 70 p. 100 de silice; 57 dans celles de l’orge; 18 dans les tiges du maïs; 4 dans les prêles ; on en constate aussi la présence dans les feuilles, dans les écorces et dans les racines, mais ce n’est que très-exceptionnellement. C’est ainsi qu’on en trouve 14 p. 10Q dans les cendres des feuilles de chêne; 11 dans celles du peuplier; 15 dans l’écorce du mûrier, etc.

Valumine est plus rare dans les végétaux ; on l’a trouvée dans la chélidoine, la racine de guimauve, l’absinthe, les feuilles d’olivier.

Les alcalis et les sels alcalins, tels que la potasse et la soude, sont très-répandus dans la nature et existent en grande proportion dans

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certains végétaux ; mais les proportions dépendent surtout de la nature du terrain dans lequel la plante a végété. Dans 1 00 parties de cendres de tiges de fèves en fleur, on trouve 57 de potasse et de soude ; 51 dans celles du fruit du marronnier d’Inde; 59 dans celles des tiges de maïs ; 12 dans celles de la paille de blé, etc.

En général, on peut dire que les sels de potasse abondent dans les végétaux qui vivent loin des côtes maritimes, tandis que c’est la soude que l’on trouve dans celles qui poussent sur les bords de la mer. On a vu que ces sels pouvaient se substituer les uns aux autres et y remplir le même rôle : on trouve le chlorure de potassium dans l’écorce de winter, la graine de lin, le céleri, l’absinthe, les feuilles de tabac, la fausse oronge, etc.; il est très-abondant dans la betterave, la racine de pivoine, le polygala senega, le bulbe d’ail. Le phosphate de potasse a été trouvé dans le fruit du marronnier d’Inde, dans la fève, la pomme de terre, dans les cendres des fruits de céréales (47 p. 100 pour celles du maïs et 32 pour celles du froment) ; le nitrate de potasse est surtout abondant dans les plantes qui végètent sur les murs et les plâtras, telles que les borraginées, la pariétaire, la linaria cymbalaria, etc.; mais on a trouvé encore ce sel, et souvent en abondance, dans le céleri, la betterave, 1 eparemt brava, le bétel, le souchet comestible, etc.

Les plantes marines, maritimes et des salines, renferment surtout de la soude ; elle y existe le plus souvent à l’état de sel à acide organique, oxalate, acétate , etc. Les cendres du salsola soda renferment de 25 à 30 p. 100 de carbonate de soude, provenant de la destruction par la chaleur de Xoxalate de soude ; le salsola sativa et le chenopodium setigerum, qui servent avec d’autres plantes à préparer les soudes d’Alicante et de Narbonne, donnent des cendres d’où on peut extraire par lexiviation de 14 à 15 p. 100 de carbonate de soude.

C’est encore dans les plantes marines et principalement dans les algues, tels que le fucus vesiculosus , le laminaria saccharina, etc., que l’on trouve l’iode; il existe à l’état d’iodure de potassium ou de sodium, mais plus probablement de sodium; c’est de la cendre des varecs qu’on le retire.

Le fer existe dans les cendres de tous les végétaux en proportions variables, mais toujours assez minimes ; on le trouve dans l’indigo du commerce, les pétales de la rosct gallica, la racine de bryone, les feuilles d’olivier, les graminées ; sa présence peut avoir de l’influence

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sur la coloration des fleurs; l’hortensia qui végète dans des terrains ferrugineux présente des fleurs bleues ; on obtient la même coloration en arrosant l’hortensia ordinaire avec une solution très-diluée de sulfate de protoxyde de fer, qui est aussi employée avec succès pour donner de la vigueur aux plantes étiolées (Gris).

Le manganèse , voisin du fer dans la série chimique, raccompagne dans toute la nature; on le trouve en petite quantité dans les cendres du pin, du souci, de la vigne, du figuier, des fruits et pailles des graminées, etc.

Le cuivre a été constaté dans les cendres de beaucoup de plantes, où il existe à l’état de sel ; c’est là sans doute l’origine de ce métal que l’on a trouvé dans le corps de l’homme. On a constaté sa présence dans la quinquina, la garance, le café, le froment, etc. D’après M. Sarzeau, les 70 millions de kilogrammes de café qui entrent annuellement en Europe, contiennent 560 kilogrammes de cuivre, et le poids de ce métal contenu naturellement dans le pain consommé en France pendant un an, peut être évalué à 3,650 kilogrammes; il est vrai que l’on a attribué sa présence dans les graines des céréales, à l’emploi que l’on fait dans certains pays du sulfate de cuivre, pour préserver des insectes les grains destinés à l’ensemencement ; mais il existe dans toutes les plantes qui végètent aux environs des mines qu’il forme ; toutefois les sels de cuivre, même en proportions assez minimes, sont des poisons pour les plantes, et elles périssent rapidement lorsqu’on les arrose avec des solutions de sulfate de cuivre au millième.

Outre le chlore, l’iode, le soufre qui peuvent exister dans les plantes à l’état de chlorure, d’iodure et de sulfate, on trouve dans certains végétaux, et principalement dans les crucifères, du soufre à un état particulier, formant un élément des matières organiques; c’est à ce soufre que l’on doit attribuer l’odeur de chou pourri ou d’hydrogène sulfuré qui se dégage d’un grand nombre de plantes pendant leur décomposition spontanée. Le phosphore existe à l’état de phosphate de potasse, et surtout de chaux dans presque toutes les plantes; il est indispensable, notamment dans les graminées, pour fournir à la reproduction des os des vertébrés; c’est donc avec raison que le phosphate de chaux a été considéré comme un véritable engrais; on a essayé d’en trouver jusque dans la terre des anciens champs de bataille.

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Il est incontestable que les éléments minéraux sont pris aux sols dans lesquels les plantes végètent; aussi a-t-on tiré un grand parti de l’analyse chimique des cendres pour rechercher quelles seraient les substances minérales qui conviendraient le mieux aux plantes cultivées, de manière à les restituer au sol sous la forme d’amendements.

Mais c’est à tort que l’on avait attribué aux végétaux une sorte d’action élective, en vertu de laquelle ils n’auraient absorbé que les éléments minéraux qui leur convenaient ; nos expériences nous ont prouvé, au contraire, que les plantes absorbent indistinctement tous les sels, ceux qui leur conviennent comme ceux qui leur sont nuisibles ; seulement, avec ces derniers, les végétaux languissent et meurent. C’est ainsi que les solutions arsenicales, celles de chlorate et d’iodate de potasse, d’iodure de potassium, à un et à un demimillième, font périr rapidement les plantes.

Au contraire, les alcalis organiques, plus ou moins vénéneux pour les animaux, sont absorbés par les plantes sans qu’elles en éprouvent d’action spéciale; il serait même intéressant de rechercher les modifications qu’ils peuvent subir sous l’influence de la végétation.

Les plantes qui végètent dans un sol contenant plusieurs sels absorbent ceux-ci en raison directe de leur solubilité, et la quantité est toujours proportionnelle à celle que contient le sol dans lequel elles ont poussé. On a vu que les feuilles d’un rhododendrum qui avait végété dans un terrain calcaire donnaient des cendres contenant '43,25 de carbonate terreux, et 0,75 de silice; celles qui avaient crû dans un terrain siliceux donnaient des cendres renfermant 16,75 de carbonate terreux et 2,0 de silice. Les tiges de la même plante fournissaient des cendres qui renfermaient dans le premier cas 39 de carbonate terreux et 0,5 de silice; et, dans le second, 29 de carbonate terreux et 19 de silice. Toutes les expériences confirment ce fait. Davy, ayant semé de l’avoine dans du carbonate de chaux, ne trouva à l’analyse que très-peu de silice, c’est-à-dire une quantité correspondant à la proportion contenue dans les graines ; le grand soleil (helianthus annuus ), si riche souvent en nitrate de potasse, n’en contient pas lorsqu’on le cultive dans un sol qui en est privé.

L’action vitale des plantes influe beaucoup sur la quantité de matières inorganiques qu’elles contiennent; c’est pourquoi les plantes herbacées en renferment plus que les végétaux ligneux. Tandis que

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10,000 parties de cendres de peuplier ne contiennent que 7 de carbonate de potasse, celles d’absinthe en renferment 730, et celles de fumeterre 790.

Les matières terreuses ou alcalines ne sont pas également distribuées dans les différentes parties de la plante : elles se trouvent en général en plus grande abondance dans les feuilles ; viennent ensuite les écorces, l’aubier et le bois ; c’est dans les parties herbacées des plantes ligneuses en état de croissance qu’on en trouve le plus. Après les sels alcalins, ce sont les phosphates de chaux et de magnésie qui sont les plus abondants dans les jeunes végétaux; ils diminuent à mesure que la plante avance en âge ; f écorce en contient moins que le bois, et celui-ci moins que l’aubier. C’est le contraire pour la silice, dont il y a d’autant plus, que la plante est plus âgée; presque nulle dans le bois, la silice paraît dans l’écorce, et est à son maximum dans les feuilles. Dans les végétaux à feuilles caduques, la silice ne peut s’accumuler, tandis qu’elle augmente toujours dans les plantes à feuilles persistantes; les feuilles des monocotylédones sont celles qui en contiennent le plus; les sels métalliques des dernières sections sont dans le même cas que la silice : leur quantité est proportionnelle à l’âge des végétaux.

Ainsi, non-seulement la quantité de cendres n’est pas constante pour les végétaux différents, mais encore pour les végétaux d’une même espèce, et même pour les diverses parties cl’un même végétal. Les tableaux suivants démontrent suffisamment ce fait.

Quantités de cendres laissées par des végétaux cl'esp'eces différentes.

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