Radicule vague
Baobab .
Y. — POLYCOTYLÉDONES.
Cyprès.
Système de Porta.
J. -B. Porta publia à Francfort, en 1591, sous le titre de Phytognomonique, un livre rempli de recherches curieuses, et dont les progrès de la science n’ont pas encore fait disparaître les idées ; car la doctrine des signatures est encore adoptée par certains savants. C’est ainsi que, de nos jours, un savant portugais a recherché les analogies qui existent entre les oiseaux et les plantes ; d’autres ont cherché les ressemblances qui unissent les êtres supérieurs et les insectes.
11 y a dans cette doctrine des analogies frappantes : c’est ainsi que les oiseaux de nuit, de l’ordre des rapaces, ont un plumage sem-
CLASSIFICATION
blable à celui des engoulevents de la petite famille des fissirostres, et les lépidoptères nocturnes sont peints des mêmes couleurs.. Les mammifères nocturnes eux-mêmes, tels que les chéiroptères, les carnassiers nocturnes, sont roux ou bruns ; les batraciens nocturnes, co'm me les crapauds, sont également pourvus d’une livrée funèbre; en un mot, on trouve des analogies inexplicables répandues à travers tout le monde organique, sans qu’il soit pour cela possible d’ériger ces analogies en système ; on n’y peut voir qu’une unité de plus ou des anomalies jetées çà et là, et qui interrompent l’enchaînement des créations liées par affinité.
Ayant remarqué entre les parties des plantes et celles des animaux des ressemblances frappantes, telles que, dans un même ordre d’idées. Robinet en trouva entre les corps bruts et les êtres organisés, il pensa que les plantes devaient avoir des propriétés déterminées par leurs formes, et que, dans l’art de guérir, on devait avoir égard à ces caractères pour en déduire les maladies contre lesquelles elles devaient être employées. Son système, plus curieux par ses recherches que par son caractère scientifique, mérite cependant d’être connu, car il poussa les analogies jusqu’à leurs dernières limites (voir les planches h \ et 42 de ce volume), groupa les plantes non-seulement par affinités physiques mais par affinités morales, et, s’élançant hors de la sphère terrestre, il présenta les associations végétales dans leurs rapports avec les planètes de notre système. On affecte aujourd’hui de traiter avec dédain la doctrine des signatures, mais il est demeuré, dans la médecine populaire, des idées qui sont antérieures à Porta et d’après lesquelles on attribue aux végétaux des propriétés analogues aux parties qu’elles représentent. C’est ainsi que la pulmonaire aux feuilles tachetées est regardée comme souveraine dans les affections du poumon; la carotte, dont le suc est jaune, est de nos jours encore administrée dans l’ictère, même par les médecins; le buphthalme, dont les fleurs ressemblent, dit-on, à jin œil de bœuf, sont recommandées dans l’ophthalmie ; les racines noueuses de l’hermodacte, dans la goutte ; les racines granuleuses des ficaires sont réputées antihémorrhoïdales; les fruits vésiculeux de l’alkékenge dans les maladies des voies urinaires. En un mot, il y a des préjugés qui se conservent et se transmettent, et il faut qu’ils soient bien inhérents à l’esprit humain, pour que partout, sans acception de temps et de lieux, ils se reproduisent identiques et prouvent la tendance de l’humanité au merveilleux.