‹ Traité de botanique généraleChapitre 69 sur 174 · Conifères · texte numérisé non relu

Conifères

En 1774, Antoine-Laurent de Jussieu, neveu de Bernard, exposa, dans ses leçons, un perfectionnement de la méthode précédente, l’appliqua à la disposition des végétaux du Jardin royal des Plantes de Paris, et le fit connaître dans un mémoire particulier, ayant pour titre : Exposition d’un nouvel ordre de plantes adopté dans les démonstrations du Jardin royal (Mém. de l’Acad. des sc. pour 1774.) Ce ne fut que dans son Généra plantarum, publié en 1789, et l’un des ouvrages les plus remarquables qui aient paru sur la classification des végétaux, qu’il développa la série des familles qu’il avait adoptées, en les décrivant avec plus de précision; il y joignit la diagnose des genres.

C’est dans ce livre qu’on trouve employé, pour la première fois, le principe de la subordination des caractères, adopté par Bernard

MÉTHODE DE ANT.-L. DE JUSSIEU. 287

de Jussieu, et que Laurent de Jussieu reprit et appliqua d’une manière plus méthodique.

C’est à Bernard de Jussieu, car justice doit être rendue au véritable créateur de la méthode botanique naturelle, qu’on doit l’adoption du principe de formation des groupes supérieurs, d’après l’absence ou la présence et le nombre des cotylédons, et celui des groupes secondaires d’après les rapports des étamines et du pistil.

Convaincu que l’embryon, ou germe reproducteur, est l’organe le plus important, et le moins sujet à varier, Antoine-Laurent de Jussieu le prit pour base de sa classification. Il constate que l’embryon ne présente pas la même structure dans toutes les plantes; que chez certains végétaux, l’embryon n’offre pas de parties distinctes ; que chez d’autres, on distingue dans l’embryon des organes particuliers, nommés cotylédons, tantôt réduits à l’unité, tantôt au nombre de deux, et toujours constant dans la même plante. C’est de cette observation qu’il divisa le règne végétal en trois embranchements : les végétaux Acotylédonés ou à embryon sans cotylédon ; les Monocotylédonés, ou à embryon muni d’un seul cotylédon; et les Dicotylédonés , qui ont un embryon à deux cotylédons.

Pour subdiviser ces embranchements, Antoine-Laurent de Jussieu chercha, dans les autres organes de la reproduction, un nouveau caractère; croyant reconnaître que l’enveloppe florale pourrait le lui fournir, il créa trois grandes divisions d’après la structure de la fleur :

Les Apétales, pour les plantes qui n’ont pas de corolle (PL 44, fig. 13, 14 et 15); les Monopétales, pour celles qui ont une corolle composée de pétales soudés entre eux (PL 43, fig. 16, 17, et PL 44, fig. 18 à 26) ; et les Polypétales, pour les plantes à corolle dont les pétales sont distincts (PL 44, fig. 27 à 32) ; mais cette division ne peut s’appliquer qu’aux plantes de l’embranchement des végétaux dicotylédonés ; les acotylédonés n’ayant pas de fleur proprement dite, et les monocotylédonés, n’offrant généralement qu’une seule enveloppe considérée comme calice. Pour les apétales à fleurs unisexuées, il créa une division sous le nom de diclines (PL 44, fig. 33 et 34).

L’insertion des étamines, ayant paru un caractère constant, servit ensuite à établir, dans les monocotylédonés et dans chacune des divisions apétales, monopétales et polypétales, trois nouveaux groupes,

CLASSIFICATION

qui portent ainsi à 1 5 le nombre des classes de la méthode naturelle d’Antoine-Laurent de Jussieu ; les familles, au nombre de 100, sont groupées dans ces 1 5 classes, d’après leur affinité, et dans l’ordre indiqué aux tableaux suivants.

Clef de la méthode d’Ant.-L. de Jussieu.

Acotylédones. . . .

Monocotylédones .

Étamines hypogynes . .

périgynes. .

épigynes , . .

| Étamir

1 Étamines épigynes..

— périgynes .

— hypogynes

Monopétales.

o r olle hypogy ne — périgyne . ,

Dicotylédones. . <

. • nn 1 Anthères connées . .

P ^ “ ' I Anthères distinctes.

! Étamines épygines . . .

— hypogynes .

— périgynes .

^Diclines irrégulières. . .

Série des familles.

Classes.

Page 1