‹ Traité de botanique généraleChapitre 73 sur 174 · MÉTHODE DE DE CANDOLLE · texte numérisé non relu

MÉTHODE DE DE CANDOLLE

milles. Sous ce rapport, Adanson est supérieur à Linné : il a mieux senti, que le législateur de la botanique, les affinités des végétaux. Il les a rangés dans leur ordre d’évolution, c’est-à-dire en passant du simple au composé; mais, par une anomalie qu’il est difficile de s’expliquer, il a mis à la fin trois familles, les arums, les pins et les mousses, qui auraient dû être disposées autrement : ainsi les mousses auraient dû être la 5e famille, les arums la 9e, et les pins la 48e. C’est au reste, pour un des premiers essais, le plus remarquable de cette époque.

Méthode naturelle de De Candolle (PI. 45 et 46).

De Candolle exposa pour la première fois en 1813, et présenta une seconde fois en 1819, dans la deuxième édition de sa Théorie élémentaire de la botanique, une méthode dans laquelle il prit pour principe fondamental la structure interne des végétaux. Ce point de départ, si différent en apparence du système cotylédonaire, le conduisit néanmoins au même résultat, et lui fît, comme Jussieu, diviser le règne végétal en trois classes, qui répondent aux trois classes du botaniste français. Au lieu de fonder ses sous-classes sur la considération du rapport des étamines et du pistil, il les établit sur la considération du rapport des étamines avec les enveloppes florales ou avec le réceptacle ; de là les noms de Thalar/iiflores ou fleurs (sous-entendu étamines) insérées sur le réceptacle; Calyciflores, étamines sur le calice; Corolliflores, étamines sur la corolle (PI. 45 et 46). Quant à ses cohortes ou divisions de classes, il en emprunta les principes aux verticilles centraux, c’est-à-dire aux carpelles et aux étamines. Plus tard il augmenta le nombre de ses familles, et les porta de 161 à 194.

Aujourd’hui nous savons, par suite des savants travaux de Hugo Mohl, que la division des plantes vasculaires en endogènes et exogènes est fondée sur une erreur, puisqu’on a pu confirmer la fausseté de la première théorie de l’accroissement des tiges des monocotylédones.

On a encore critiqué, dans cette méthode, la réunion, en une seule classe, des exogènes et des cryptogames, puisque ces dernières sont

CLASSIFICATION

purement acrogènes et dépourvues de cotylédons; et la division des plantes cellulaires en foliacées et aphylles, distinction insuffisante et incertaine.

Quant à sa classification en général, c’est une simple modification de celle de De Jussieu.

Il adopta l’ordre inverse, et partit des familles qu’il regardait comme les plus parfaites, pour descendre aux plus simples et à celles qu’on a justement regardées comme les premiers essais de la nature, pour traduire son idée organique en végétaux se succédant par enchaînement continu. Considérée sous le rapport philosophique, la méthode de De Candolle est au-dessous de celle de De Jussieu ; elle est aussi d’un emploi moins facile, et ne peut réellement pas servir à l’étude habituelle ; il faut être botaniste consommé pour en faire usage sans embarras.

Clef de la méthode de De Candolle.

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