II. Ovule pendant, anatrope ou campylotrope
4. Artocarpées. — Latex, filets droits: Figuier (Ficus), Brosime (Brosimum), Olmédie [Olmedia), Castillée (Coslilloa), Artocarpe [Artocarpus), etc.
5. Morées. — Latex, fiilets ployés: Fatoue ( Fatoua ), Strèble [Streblus], Broussonétie (Broussonelia), Maclure [Maclura), Mûrier [Monts], Trophide [Trophis), Dorsténie ( Dorstenia ), etc.
6. Cannarinées. — Pas de latex, filets droits, fleurs dioïques : Houblon [Humulus). Chanvre [Cannabis).
7. Celtidées. — Pas de latex, filets droits, fleurs polygames monoïques, drupe : Micocoulier ( Celtis ), Trème [Tréma), Gironnière (Giroimiera), etc.
8. Ulmées. — Pas ae latex, filets droits, fleurs polygames ou hermaphrodites, akène ou samare : Orme (Ulmus), Holoptélée ( Holoptelea ), Planère [Planera), etc.
Familles rattachées aux TJrtieaeées. — Aux Ul’ticacées on peut rattacher plus ou moins directement quatre petites familles ayant toutes comme elles le pistil formé ordinairement d’un seul carpelle et uniovulé. Ce sont les Platanées, Cér al ophy liées , Casuarinées et Chloranthées ; il suffira de les caractériser ici en quelques mots.
Piatanées. — Les Platanées, formées par le seul genre Platane ( Platanus ), sont des arbres qui exfolient chaque année leur rhytidome écailleux et dont les feuilles isolées, munies de stipules concrescentes en gaine et d’un large limbe palmilobé, enveloppent leur bourgeon axillaire dans la base excavée du pétiole.
Les fleurs unisexuées monoïques sont séparées dans des épis pendants, interrompus et composés chacun de plusieurs capitules sphériques. Le capitule mâle est constitué par un grand nombre d’étamines à filet court, entremêlées de petites écailles, et dont les quatre sacs polliniques latéraux, recouverts par un connectif pellé, s’ouvrent par deux fentes longitudinales. Le capitule femelle est composé de même d’un grand nombre de carpelles fermés et libres, à style indivis recourbé en dehors, rapprochés par groupes
CÉRATOPRYI.LÉES. — CASUARINÉES.
de 2 à 8, entremêlés de petites bractées et renfermant chacun un ovule orthotrope pendant. Le fruit est un akène, terminé par le style persistant; la graine a un embryon droit, dont le plan médian coïncide avec le plan de symétrie du carpelle, et un albumen charnu peu abondant ou même nul.
Ne sachant pas encore avec certitude si chaque fleur mâle comprend une ou plusieurs étamines, chaque fleur femelle un ou plusieurs carpelles, on ne saurait fixer définitivement la place de ce genre. 11 ressemble aux Urticacées, et notamment aux Artocarpées, par l'inflorescence, mais en diffère nettement par l'insertion apicale et non basilaire de l'ovule orthotrope. Il comprend 5 ou 6 espèces vivantes, dont deux appartiennent à l’Europe orientale et deux à l’Amérique; il faut ajouter 7 espèces fossiles trouvées dans le crétacé et le ! tertiaire.
Cératophyliées. — Les Cératophyllées, comprenant le seul genre Cornifle ( Ceratophyllum ) avec deux espèces, sont des herbes aquatiques submergées, vivant dans les eaux douces de presque toutes les régions du globe. Leur tige très rameuse est dépourvue de racines et ses feuilles, verticillées par 6 à 12, sans stipules, se découpent en segments dichotomes, filiformes, raides et cassants. A chaque nœud, une seule feuille du verticille produit un rameau à son aisselle.
Les fleurs sont unisexuées monoïques, solitaires et sessiles à l’aisselle des feuilles, une par verticille. Le calice est composé de 10 à 12 sépales concrescents à la base. L’androcée comprend 10 à 20 étamines à anthères sessiles, extrorses, munies de quatre sacs, s’ouvrant par deux fentes longitudinales. Le pistil est formé d’un seul carpelle, antérieur, à style indivis, renfermant un ovule orthotrope pendant unitégumenté. Le fruit est un akène; la graine, dépourvue d’albumen, renferme un embryon droit, dont la gemmule très développée contient déjà plusieurs verticilles de feuilles et dont le plan médian coïncide avec le plan de symétrie de l’ovule et du carpelle, c’est-àdire avec le plan médian de la fleur.
Casuarinées. — Les Casuarinées comprennent le seul genre Casuarine ( Ca suarina) avec 23 espèces vivantes, dont la plupart habitent l’Australie et la Nouvelle-Calédonie, et 3 espèces fossiles tertiaires. Ce sont des arbres ou des arbustes à feuilles, très petites, verticillées par 4-20 et concrescentes en une gaine qui enveloppe la base de l’entre-nœud suivant, à rameaux verticillés et articulés aux nœuds, en un mot, à port de Prêle.
Les fleurs sont unisexuées monoïques, groupées en épis à l’aisselle de bractées verticillées, chaque verticille portant autant de fleurs que de bractées latérales. Mâle ou femelle, la fleur commence par deux bractées latérales. La fleur mâle possède un calice formé de deux sépales médians, dont l’antérieur avorte quelquefois (C. quadrivalve, etc.), et une étamine médiane unique à quatre sacs polliniques s’ouvrant par deux fentes longitudinales. La fleur femelle est dépourvue de périanthe et se compose de deux carpelles médians, fermés et concrescents, dont le postérieur n’est représenté ordinairement que par son stigmate, quelquefois par un très petit ovaire; l’antérieur seul développe son ovaire, qui contient deux ovules anatropes pendants à raphé ventral, dont l’un, plus grand que l’autre dès l’origine, se développe seul en
DICOTYLÉDONES
graine. Le fruit est un akène, enveloppé par les deux bractées latérales, accrues et devenues ligneuses, ce qui donne à l’ensemble de l'épi l’aspect d'un cône de Conifère. La graine, dépourvue d’albumen, renferme un embryon droit, dont le plan médian est perpendiculaire au plan de symétrie de l’ovule et au plan médian du carpelle et de la fleur.
Cbioranthées. — Les Cliloranthées comprennent les quatre genres Chloranthe ( Chloranthus ), Circéastre ( Circæaster ), Ascarine (Ascarina) etllédyosme (. Fledyosmum ), avec environ 25 espèces croissant la plupart dans l’Amérique et dans l’Asie tropicales. Ce sont des herbes annuelles (Circéastre) ou vivaces avec un rhizome, ou des arbustes souvent aromatiques, à feuilles opposées, penninerves, munies de stipules libres (Chloranthe) ou concrescer.tes en gaine entre elles et avec le pétiole (Hédyosme).
Les fleurs sont unisexuées, monoïques ou dioïques (Ascarine, Hédyosme) quelquefois hermaphrodites (Chloranthe, Circéastre), disposées en épi à l’aisselle des bractées mères, qui avortent parfois (fleurs mâles d’Hêdyosmc) les fleurs femelles forment quelquefois des grappes ou des capitules (Hédyosme). La fleur mâle est nue et ne comprend qu’une seule étamine à filet court, à quatre sacs polliniques latéraux, s’ouvrant par deux fentes longitudinales. La fleur femelle, également nue, se compose d’un seul carpelle à style court renfermant un ovule orthotrope pendant; autour de la base du style, la paroi de l’ovaire se renfle quelquefois en trois bosses épaisses (Hédyosme). Même carpelle dans la fleur hermaphrodite des Chloranthe et Circéastre; mais, entre ce carpelle et la bractée mère, on trouve tantôt une étamine introrse à quatre sacs polliniques (Chloranlhes de la section Sarcandre), tantôt trois étamines concrescentes en une large écaille antérieure, la médiane à quatre sacs polliniques, les deux latérales à deux sacs seulement (Chloranthes des sections Luchloranlhe et Tricérandre) ; l’androcée est alors concrescent avec le carpelle dans sa région inférieure. Le fruit est une drupe; la graine contient un petit embryon droit et un volumineux albumen charnu.
Résumé. — En résumé, les familles que nous venons de grouper autour des Urticacées peuvent être distinguéesles unes des autres et toutes ensemble du type qui a servi de point de départ, de la manière suivante :
i Étamines en même nombre que les sépales et épisépales.
Un calice ) Étamines plus nombreuses qne les sépales ei saus ordre. .
/Une seule étamine, médiane
Pas de calice
/ Akène.
I Drupe',
Urticacées.
Céralophy liées.
Casuarinées.
Platanées.
Cliloranthées.
Par ses deux genres à fleur hermaphrodite nue, la famille desChloranthées relie cet ensemble à la famille suivante des Pipéracées.
FAMILLE 2 Pipéracées.
Appareil végétatif. — Les Pipéracées sont des plantes herbacées, munies d’un rhizome (Saurure, Houttuynie, etc.), ou grimpant à l’aide de racines
PIPÉRACÉES. 1547
aériennes développées régulièrement aux nœuds (Poivrier, etc.). Les feuilles, isolées, brièvement pétiolées, engainantes et munies de stipules concrescentes, ont un limbe ordinairement entier, penninerve, souvent charnu. Dans la tige, les faisceaux libéroligneux primaires affectent une disposition particulière, signalée p 757 et p. 801, fig. 532. Le parenchyme, notamment celui des feuilles, renferme une huile essentielle et une résine spéciale qui rendent ces plantes aromatiques.
Fleur. — Les fleurs sont hermaphrodites nues, rarement unisexuées (certains Poivriers) ou périanthées (Lactore) ; elles sont sessiles, rarement pédicellées (Poivriers de la section Ottonie), à l’aisselle de bractées mères, sans bractées propres, et formant des épis axillaires ou terminaux, parfois rejetés latéralement à l'opposite des feuilles (Poivrier); ces épis sont habituellement solitaires, rarement groupés en ombelle (Poivriers delà section Potomorphe)ou en grappe (Pépéromie résédiflore). Les bractées mères inférieures de l’épi, au nombre de 4 (Houttuynie) ou de 6 (Anémiopse), se développent quelquefois beaucoup plus que les autres, deviennent pétaloïdes et forment un involucre qui donne à l’épi l’aspect d’une simple fleur.
Le calice n’existe que chez le Lactore, où il y a trois sépales. L’androcée comprend : tantôt six étamines en deux verticilles alternes (Lactore, Saurure, Anémiopse, Gymnothèce, Poivriers de la section Lnckée, flg. 1015, A, etc.)
Fig. 1015. — Diagramme de la fleur : A , de l’Enckée ama- Fig. 1016. — Diagramme de la Heur : A, du lage [Enclcra Amala(,o) ; B, de l'Artanthe courlje (Artantho Saurure penché ( Saururus cernuus) ; B, de
recurva ); C, d’un Potomorphe [Potomorphe). l' Houttuynie cordée ( Houttuynia. cordata).
ou quatre étamines en deux verticilles croisés (Poivriers de la section Ottonie), tantôt les trois du rang externe avec l'antérieure du second rang, dont les deux postérieures ont avorté (certains Poivriers de la section Artanthe), tantôt les trois externes seules, tout le rang interne ayant avorté (Houttuynie, certains Artanthes, fig. 1015, B), tantôt enfin les deux antérieures seules du rang externe (Pépéromie, Poivriers de la section Potomorphe, fig. 1015, C). Ces étamines ont les anthères introrses, ou extrorses (Lactore), ordinairement à quatre sacs polliniques et s’ouvrant par deux fentes longitudinales; seules les Pépéromies ont les anthères à deux sacs polliniques s’ouvrant en long par une seule fente.
Le pistilest plus variable encore que l’androcée. Tantôt il se compose de trois (Lactore) ou quatre (Saurure, flg. 1016, A) carpelles fermés, libres, contenant chacun sur la suture 1-2 (Saurure) ou 6-8 (Lactore) ovules orthotropes obliquement ascendants; ou bien il se réduit au seul carpelle antérieur, les autres avortant, et ce carpelle ne contient qu’un seul ovule orthotrope dressé et unilégumenté (Pépéromie). Tantôt il comprend plusieurs carpelles ouverts et concrescents bord à bord de manière à former un ovaire uniloculaire, terminé
DICOTYLÉDONES
par un style court et par autant de stigmates qu’il y a de carpelles: quatre (Gymnothèce, Poivriers de la section Ottonie), ou trois (Houttuynie, fig. 1016, B , la plupart des Poivriers, fig. 1015). L’ovaire uniloculaire ainsi constitué renferme tantôt un seul ovule orthotrope dressé sur un placente basilaire (Poivrier, fig 1015, etc.), tantôt un plus ou moins grand nombre d’ovules orthotropes sur quatre ou trois placentes pariétaux (Gymnothèce, Houttuynie, fig. 1016, B, Anémiopse). Le pistil est quelquefois concrescent à la base avec les filets des étamines (Houttuynie, Gymnothèce).
Fruit et graine. — Quand l’ovaire est uniovulé, le fruit est ordinairement une baie fortement aromatique (Poivrier, Pépéromie, Verhuellie), quelquefois un akène (Zippélie) ; quand il est pluriovulé, le fruit se compose de follicules (Saurure, Lactore), quelquefois charnus (Saurure), ou constitue une capsule à déhiscence suturale au sommet (Houttuynie, etc.). La graine contient un très petit embryon droit, entouré d’un albumen charnu peu abondant et d’un périsperme amylacé très développé (fig. 1017),
Principaux genres. — La famille des Pipéracées renferme environ 1000 espèces, réparties en 10 genres; le genre Poivrier en comprend à lui seul plus de 600 et se divise en 8 sections. Plusieurs Poivriers sont recherchés pour les propriétés aromatiques et stimulantes de leurs feuilles, de leurs fruits et de leurs graines. Les feuilles du Poivrier bétel, mélangées à la noix d’Arec et à la chaux composent le masticatoire si usité dans l’Asie équatoriale. Les baies non mûres et desséchées du Poivrier noir donnent le poivre noir du commerce, ses graines mûres et débarrassées du péricarpe le poivre blanc] le Poivrier cubèbe et plusieurs autres espèces ont des propriétés tout aussi actives.
En tenant compte du nombre des ovules et de la nature du fruit, on dispose les genres en deux tribus :
Fig. 1017. — Fruit du Poivrier noir ( Piper nigrum), coupé en long, montrant l’albumen et le périsperme.
1. Pipéhéps. — Ovaire uniovulé, fruit indéhiscent : Symbre ( Symbrion ), Pépéromie ( Pepe -
romià), Verhuellie ( Ver/iuellia ), Poivrier [Piper), Zippélie ( Zippelia ).
2. Saukurées. — Ovaire pluriovulé, fruit déhiscent : Houttuynie ( Houttuynia ), Anémiopse
( Anemiopsis ), Gymnothèce ( Gymnotheca ), Saurure ( Saururus ), Lactore ( Lactorh ).
Les Pipérées sont presque exclusivement tropicales; les Saururées appartiennent aux régions tempérées et subtropicales de l’Amérique et de l’Asie orientale.
Affinités. — Par les Pépéromies, où le pistil se compose d’un seul carpelle antérieur avec un seul ovule orthotrope dressé, les Pipéracées se rattachent aux Urticées et aux Conocéphalées. L’hermaphrodisme des fleurs et l’absence de périanthe les relient plus étroitement encore aux Chloranthées par les Chloranthe et Circéastre, comme il a été dit plus haut; elles s’en distinguent parce que l’ovule orthotrope est dressé, non pendant. Elles diffèrent de toutes les familles précédentes par l’hermaphrodisme et la nudité des fleurs, par le périsperme amylacé de la graine et par la constitution habituelle du pistil, formé de plusieurs carpelles ouverts, à placentation pariétale ou basilaire.
MYRICÉES. — LACISTÉMÉES.
Familles rattachées aux Pipéracées. — Aux Pipéracées se laissent rattacher plus ou moins intimement quatre petites familles qui ont, comme la plupart d'entre elles, le pistil formé de plusieurs carpelles ouverts avec un seul ovule basilaire ou plusieurs ovules pariétaux, mais qui en diffèrent ordinairement par l’unisexualité des fleurs. Ce sont les Myricées, Lacistémées, Salicées et Balanopsces ; il suffira de les signaler ici en quelques mots.
Myricées. — Les Myricées, formées du seul genre Myrice ( Myrica ) avec 35 espèces répandues dans toutes les contrées chaudes et tempérées, excepté en Australie, sont des arbres ou des arbustes souvent aromatiques, à feuilles isolées, penninerves et sans stipules, rarement pennifides et stipulées (M. asplé- J nifolié).
Les fleurs sont unisexuées, souvent dioïques, nues et disposées en épia l’aisselle de bractées mères. La fleur mâle, tantôt sans bractées propres (M. galé, etc.), tantôt avec deux bractées latérales (M. cirier, M. nagi, etc.), comprend ordinairement quatre étamines, deux médianes et deux latérales, à anthères extrorses, à quatre sacs polliniques s’ouvrant en long (M. galé, etc.), quelquefois un nombre d’étamines plus petit ou plus grand, variable entre 2 et 16. La fleur femelle a deux bractées latérales (M.galé, etc.), auxquelles s’ajoutent quelquefois deux bractées médianes (M. cirier, etc.); elle se compose de deux carpelles médians, ouverts et concrescents en un ovaire uniloculaire, surmonté de deux stigmates rejetés plus tard sur les côtés, et renfermant un seul ovule orthotrope dressé. Le fruit est une drupe, cireuse à la surface ; la graine contient un embryon droit, sans albumen, dont le plan médian est transversal, c’est-à-dire perpendiculaire au plan médian du pistil et de la fleur. C’est aux Poivriers que les Myrices se rattachent le plus directement par la structure du pistil.
Lacistémées. — Les Lacistémées, comprenant le seul genre Lacistème ( Lacistema) avec 16 espèces toutes américaines et tropicales, sont des arbustes à feuilles isolées, distiques, entières, penninerves, sans stipules.
Les fleurs sont hermaphrodites, disposées en épis groupés à l’aisselle des feuilles; chacune d’elles a une bractée mère et deux bractées latérales. Plusieurs espèces ont un calice formé de 4 (L. myricoïde, etc.), 5 (L. pubescent, etc.) ou 6 (L. luisant) sépales, tandis que d’autres en sont dépourvues (L. grandiflore). L’androcée est réduit à une seule étamine antérieure introrse, à quatre sacs polliniques s’ouvrant en long. Le pistil comprend trois carpelles, dont un postérieur, ouverts et concrescents en un ovaire uniloculaire à trois placentes pariétaux, surmonté de trois stigmates; chaque placente pariétal porte vers son sommet J ou 2 ovules anatropes pendants, à raphé externe, dont un seul ordinairement se développe en graine. Le fruit est néanmoins une capsule s’ouvrant en trois valves suivant les nervures médianes des carpelles. La graine renferme un embryon droit à cotylédons foliacés, avec un albumen charnu abondant.
Par l’hermaphrodisme et la disposition de l'androcée, les Lacistèmes se rapprochent des Chloranthes de la section Sarcandre; mais, par la structure du pistil et la placentation pariétale, ils se rattachent plus intimement aux Pipéracées.
DICOTYLEDONES.
Salicées . — Les Salicées comprennent les deux genres Saule ( Salix ) et Peuplier (Populus) avec environ 200 espèces vivantes, très répandues dans les régions tempérées et froides de l’hémisphère boréal, très rares entre les tropiques et dans l’hémisphère austral ; il y faut joindre environ 120 espèces fossiles rencontrées dans le crétacé et le tertiaire. Ce sont des arbres ou des arbustes à feuilles isolées, à limbe penninerve entier ou rarement lobé, à stipules libres, tantôt petites et caduques, tantôt plus grandes et persistantes.
Les fleurs, unisexuées dioïques, sont nues et disposées en épis cylindriques à l’aisselle de bractées mères très serrées (fig. 1018). A leur base, on trouve soit un, deux ou plusieurs nectaires parfois concrescents (Saule), soit une petite cupule paren-
Fig. 1018. — Fleurs du Saule (Salix) : à droite, fleur mâle , à gauche, fleur femelle.
Fig. 1019. — Diagramme des fleurs du Saule marceau ( Salix capræa). A , fleur mâle ; B} fleur femelle.
chymateuse (Peuplier). La fleur mâle comprend deux ou un plus grand nombre d’étamines à anthères extrorses, munies de quatre sacs polliniques et s’ouvrant en long (fig. 1019, A). La fleur femelle se compose ordinairement de deux carpelles latéraux, ouverts et concrescents en un ovaire uniloculaire à deux placentes pariétaux (fig. 1019, B), surmontés d’un style court et de deux stigmates, tantôt simples, dorsaux (beaucoup de Saules précoces) ou commissuraux (Saules tardifs), tantôt une ou deux fois bifurqués (Peuplier, divers Saules). Chaque placente pariétal supporte de nombreux ovules anatropes, ascendants disposés en plusieurs rangées verticales; dans quelques Peupliers américains, le nombre des carpelles, des stigmates et des placentes s’élève à 3 ou 4. Le fruit est une capsule s’ouvrant du haut en bas, le long de la nervure dorsale des carpelles, en deux valves qui s’enroulent vers le bas et qui portent les placentes sur leur milieu. Les graines sont très petites et portent de longs poils soyeux qui, partant du funicule, les enveloppent entièrement; elles renferment un embr3'on droit, sans albumen.
Par leur placentation pariétale, les Salicées se rattachent, comme on voit, aux Pipéracées, notamment à l’Houttuynie, etc.
Balanopsées. — Les Balanopsées, comprenant le seul genre Balanope ( Balanops ) avec 7 ou 8 espèces presque toutes néo-calédoniennes, sont des arbres ou des arbustes à feuilles isolées, souvent rapprochées en faux verticilles, à limbe coriace, entier, penninerve, sans stipules.
Les fleurs sont unisexuées, dioïques et nues. Les fleurs mâles, disposées en épis, se composent chacune ordinairement de 3 ou 6 étamines dont les anthères presque sessiles et introrses, portent quatre sacs polliniques qui s’ouvrent en long. Les fleurs femelles sont solitaires, entourées d’un grand nombre de bractées rigides formant involucre; elles se composent de deux carpelles ouverts et concrescents en un ovaire uniloculaire à deux placentes pariétaux, terminé par deux styles bientôt bifurqués; chaque placente pariétal porte à sa
POLYGONACÉES.
15ôl
base deux ovules anatropes ascendants à raphé externe. Le fruit est une baie accompagnée à la base par les bractées persistantes; la graine contient un albumen charnu peu abondant et un embryon droit dont le plan médian est perpendiculaire au plan de symétrie de l’ovule et, par conséquent, parallèle au plan médian du pistil.
Résumé. — En résumé, les quatre petites familles qu’on vient de grouper autour des Pipéracées se distinguent aisément entre elles et du type par les caractères suivants :
Fleurs
hermaphrodites. Ovule. . .
unisexuées. Ovule
( orthotropc f auatrope. .
( orthotrope
) anatrope. .
Capsule Baie
Pipéracées.
Lacistémées.
Myricées.
Sa/icées.
Balanopsées.
Polygonacées
Appareil végétatif. — Les Polygonacées sont des herbes annuelles ou vivaces, des arbustes, quelquefois de grands arbres (Goccolobe, Triplaride, etc.). Leur lige est parfois volubile vers la gauche (Renouée liseron, R. des buissons, etc., Muhlenbeckie), ou grimpante à l’aide de vrilles raméales (Antigone, Brunnichie, etc.). Leurs feuilles isolées, rarement opposées (Chorizanthe, Plérostégie, etc.), ont le pétiole plus ou moins embrassant et sont ordinairement munies de stipules concrescentes à la fois en dedans du pétiole et du côté opposé, de manière à former une gaine qui enveloppe la base de l’entre-nœud supérieur (voir p. 293 : de là une ressemblance avec les Artocarpées et les Platanées. Ces gaines stipulaires sont quelquefois peu développées (Coccolobe, Kœnigie, etc.) ou même nulles (Eriogone, etc.).
rieur. — Les fleurs, ordinairement hermaphrodites, quelquefois unisexuées par avortement avec monœcie (Emice) ou diœcie (Triplaride, Ruprechtie, etc.), sont disposées en cymes bipares et unipares héliçoïdes, elles-mêmes groupées en grappe, en épi, ou en ombelle avec un involucre (Eriogone, etc.) ; rarement la grappe ou l’épi sont formés de fleurs solitaires (certains Goccolobes, Triplaride, etc.) ou concrescentes en un sac membraneux (Renouée, etc.): quelquefois l’une de ces bractées se développe seule (Rumice, Rhubarbe, etc.), ou bien toutes deux avortent (Emice, Ptérostégie, etc.).
Le calice comprend cinq sépales, dont le second est postérieur (Coccolobe, Muhlenbeckie, la plupart des Renouées (fig. 1020, C, etc.), quatre sépales, deux médians et deux latéraux (Oxyrie, Renouée poivre-d’eau, R. diospyrifoliée, etc.), trois sépales, dont un postérieur (Kœnigie), ou six dont deux médians et quatre latéraux (Rumice, fig. 1020, B, Rhubarbe, fig. 1020, A, Ptérostégie, etc.). Il est sépaloïde (Rumice, etc.) ou plus ou moins pétaloïde (Renouée, Sarrasin, etc.), dialysépale (Rumice, etc.) ou gamosépale (Renouée, Goccolobe, etc.). L’androcée ne comprend quelquefois qu’un seul verticille d’étamines, en même nombre que les sépales et alternes avec eux : six rapprochées deux par deux vis-à-vis des trois sépales externes (Rumice, fig. 1020 :
DICOTYLÉDONES
Fig. 1020. — Diagramme de la fleur : A, d’une Rhubarbe ( Rheum ) ; B, d’un Rumice ( Rumex ) ; C, du Sarrasin de Tartarie ( Fagopyrum tataricum).
B), cinq (Renouée amphibie), quatre (Renouée diospyrifoliée) ou trois (Kœnigie) ; dans les Ptérostégies. les six étamines sont, au contraire, superposées
aux sépales.* Mais le plus souvent à ce premier verticilie s’en ajoute un second, ternaire avec une étamine antérieure (Rhubarbe, flg. 1020, .4, Coccolobe, Muhlenbeckie, Renouée des oiseaux, R. bistorte, etc.) ou binaire avec deux étamines latérales (Oxyrie, Renouée orientale), ce qui porte le nombre des étamines à neuf (Rhubarbe), huit (Renouée des oiseaux, etc.), sept (Renouée d’Orient) ou six (Oxyrie), suivant le nombre des sépales ; quelquefois, l'une des deux étamines du second verticilie binaire avorte (Renouée lapathifoliée). Au second verticilie s’en ajoutent parfois plusieurs autres, et l’androcée compte alors de nombreuses étamines (Calligone, Symmérie). Dans les Renouées et les Sarrasins, les étamines du second verticilie diffèrent des autres par leurs anthères extrorses (fîg. 1020, C); partout ailleurs, elles sont introrses comme les externes ; elles ont d’ailleurs quatre sacs polliniques et s’ouvrent par deux fentes longitudinales. Les fdets staminaux sont tantôt indépendants du calice (Rumice), tantôt eoncrescents avec lui dans une plus ou moins grande longueur (Coccolobe, diverses Renouées, etc.), ordinairement libres, quelquefois eoncrescents entre eux (Coccolobe).
Le pistil se compose ordinairement de trois carpelles, dont un postérieur, ouverts et eoncrescents en un ovaire uniloculaire, surmonté de trois styles stigmatifères au sommet (fig. 2 44, p. 392, et fig. 251. p. 398). Il n’y a quelquefois que deux carpelles médians, et cela tout aussi bien avec un calice pentamère (Renouée d’Orient, R. lapathifoliée, R. amphibie, etc.) qu’avec un calice tétramère (Oxyrie, Renouée diospyrifoliée, etc.); rarement il a quatre carpelles avec un calice pentamère (Calligone). Sur la suture antérieure et vers la base (fig. 1020), est attaché un unique ovule orthotrope à deux téguments (fig. 251 et fig. 266, p. 410). Le funicule est habituellement court el l’ovule dressé ; mais quelquefois il s’allonge et alors l’ovule ou bien demeure dressé au sommet (diverses Renouées, etc.), ou bien retombe et pend le long du funicule (Antigone, Brunnichie, Leptogone).
Fruit et g-raine . — Le fruit est un akène aplati, trigone ou quadrangulaire, suivant le nombre des carpelles du pistil. Il est diversement enveloppé par le calice persistant et accrescent ; tantôt, ce sont trois des six sépales libres, les externes (Emice, Triplaride), ou les internes (Rumice), qui prennent un plus grand développement; tantôt, c’est la région inférieure du tube du calice gamosépale qui forme autour de l’akène une enveloppe sèche (Oxygone, Symmérie) ou charnue (Coccolobe, Muhlenbeckie, diverses Renouées). La graine renferme dans son tégument membraneux un abondant albumen amylacé, entier (Renouée, Rumice, etc.) ou ruminé (Coccolobe, Triplaride, etc.), avec un embryon tantôt axile et droit (Rhubarbe, Sarrasin, etc.), tantôt latéral et plus ou moins arqué (Renouée, Rumice, etc.). Le plan médian de l’embryon tantôt coïncide avec le plan de symétrie de la graine
CHÉNOPODIACÉES. 1553
(Rumice, Émice, Coccolobe, Antigone, Oxyrie, Renouées des sections Aviculaire, et Amblyogone, etc.), tantôt lui est perpendiculaire (Ériogone, Oxythèce, Chorizanthe, Ptérostégie, Brunnichie, Renouées des sections Bistorte, Persicaire et Tovare, etc.). On voit ici, chose rare, ce caractère varier non seulement dans les divers genres d’une famille, mais encore dans les diverses sections d’un même genre.
Principaux genres. — La famille des Polygonacées contient 30 genres avec environ 600 espèces, répandues par toute la Terre, les herbes de préférence dans les régions tempérées et montagneuses, les arbustes dans l’est de la région méditerranéenne et dans l’ouest de l’Asie, les arbres dans l’Amérique tropicale ; le seul genre Renouée en renferme plus de 150 et l’on compte environ 130 Rumices. Il faut y ajouter deux Goccolobes, trois Renouées et un Polygonite trouvés dans les couches tertiaires. Cette famille fournit à l’homme des aliments, comme les graines du Sarrasin comestible et les feuilles du Rumice oseille, des substances médicinales, comme le rhizome de Rhubarbe officinale, ou tinctoriales analogues à l’indigo, comme la Renouée tinctoriale, etc.
En se fondant sur la conformation de l’albumen, sur l’absence ou la présence de gaines stipulaires, sur le nombre des sépales et des étamines, on groupe les genres en six tribus :