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PHÉNOMÈNES PIIOTÜCHLOROPHYLLIENS. ASSIMILATION DU CARBONE

une teinte plus un moins sombre, comme on l’a fait dans la figure 52.

La chlorophylle solide, appliquée avec un peu de gomme sur une lame de verre, donne le même spectre d’absorption que la dissolution.

Speçtve <ios feuilles vivantes. — Le spectre des feuilles vivantes coïncide,

! dans tous les traits essentiels, avec celui des dissolutions. Seulement, comme dans une dissolution de moyenne concentration, les bandes Y, VI et VII se. confondent en une seule, qui occupe toute la moitié la plus réfrangible. Puis, les cinq bandes sont toutes reculées plus loin du côté de l’extrémité rouge du spectre. Ce déplacement des bandes est conforme à la règle ordinaire, d’après laquelle les bandes d’absorption reculent d’autant plus vers l’extrémité rouge du spectre que le dissolvant de la matière colorante a un indice de réfraction [tins grand.

Décomposition de l’acide carbonique par la chlorophylle. Assimilation

du carbone.

Une fois absorbées par la chlorophylle, les radiations sont transformées par les chloroleucites en un double travail chimique : la décomposition de l'acide carbonique et la synthèse des hydrates de carbone, d'où résulte l’assimilation du carbone.

Décomposition de l’acide carbonique. — Depuis plus d’ilU siècle, OU sait que les parties vertes des plantes, sous l'influence de la radiation solaire, décomposent l’acide carbonique qu’elles renferment (1).

L’action commence sur l'acide carbonique que le protoplasme contient toujours, par suite de sa respiration continue. Le carbone est fixé et l’oxygène mis en liberté. A mesure que l’acide carbonique disparaît ainsi dans une I cellule verte, il y afflue de toutes les cellules voisines; les courants difï'usil’s se propagent de proche en proche jusqu’ a la périphérie du corps et de là dans le milieu extérieur, dont le gaz, aspiré par la plante, vient remplacer celui qui a été décomposé (p. 143). Il y a donc absorption externe d'acide carbonique, et le volume CO2 du gaz absorbé, si l’on y ajoute le volume co2 de i ce gaz qui est produit dans le même temps par la respiration et qui disparaît aussi, peut servir de mesure à la décomposition interne de ce gaz. D’autre part, l’oxygène mis en liberté se rend de proche en proche à la périphérie du corps et de là se dégage dans le milieu extérieur. Il y a donc émission d’oxygène et le volume 0 de ce gaz émis, si l’on y ajoute le volume o de l’ oxygène consommé dans le même temps par la respiration, peut aussi servir de mesure à la décomposition intérieure de l'acide carbonique.

(1) Par les expériences de Priestley (1772), Ingenhousz (1780), Senebier (1783), Th. de k Saussure (1804), complétées depuis par les recherches analytiques de Boussingault (Agronomie, Chimie agricole et Physiologie, III, p. 266, 1864, et IV, p. 237, 1868). Ce n’est que tout récemment qu'on a dégagé dans les mesures le phénomène chlorophyllien du phénomènie protoplasmique inverse produit simultanément par la respiration : Bonnier et Mangin : L’action chlorophyllienne séparée de la respiration (Ann. des sc. nat, 7e série, lit, p. 5, 1886).

PHYSIOLOGIE GÉNÉRALE DU CORPS

C’est même par le dégagement de bulles d’oxygène à la surface de plantes vertes exposées au soleil dans de l’eau chargée d'acide carbonique en dissolution, que le phénomène de décomposition de l’acide carbonique se manifeste le plus clairement à l’observation. C’est aussi par là qu’il a été découvert au siècle dernier.

Nous étudierons tout à l’heure le rapport du volume de l’oxygène produit au volume de l’acide carbonique décomposé dans le même temps, rapport qui exprime la nature et le degré de la décomposition. Mesurons d’abord l’intensité du phénomène, soit par le volume d’acide carbonique absorbé, soit par le volume d’oxygène dégagé, et voyons comment elle varie avec la réfrangibilité des rayons incidents, avec l’intensité des radiations efficaces, avec la température, avec la pression de l’acide carbonique dans le milieu extérieur, enfin avec la nature de la plante.

Influence «le la réfrangibilité «les ratliations sur l’intensité «le la «lécomposition «le l’acide carbonique. — A l’étude de ce problème, on a appliqué tour à tour la méthode du spectre et la méthode des écrans absorbants. La première est susceptible de donner les résultats les plus précis, que la seconde vient ensuite contrôler (1).

On forme, avec un faisceau solaire fixé par un héliostat, un spectre bien

pur,dansla région lumineuse duquel on dispose côte à côte en batterie un certain nombre d’étroites éprouvettes renversées sur le mercure, et séparées l’une de l’autre par des écrans noircis. Chaque éprouvette est remplie d’eau contenant en dissolution une quantité connue d’acide carbonique et renferme une feuille longue et étroite, une feuille de Bambou, par exemple. Après six heures d’exposition, on mesure et on analyse avec toute la précision possible le gaz des diverses éprouvettes, et l’on détermine l’acide

Fig. 53. — Courbe représentant la marche de la décompo- Carbonique disparu dans chacune sition de l'acide carbonique dans le spectre. Le maximum d’elles. Eli exprimant les nombres b correspond aux radiations comprises entre les raies B . . .

et c (d’après TimiriazeiT). ainsi obtenus par des ordonnées

placées dans les positions mêmes occupées dans le spectre par les éprouvettes respectives, on trace la ligne aabcde de la figure 53.

On voit que le maximum de la décomposition a lieu dans le rouge, entre les raies B et C. A partir de ce point, le phénomène décroît très brusquement du côté le moins réfrangible, de manière à s’annuler dans le rouge extrême. De l’autre côté, il décroît un peu moins vite et devient très faible à partir du vert.

Divers auteurs ont étudié cette question par l’une ou par l'autre de ces méthodes, ou

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