‹ Traité de charpenteChapitre 19 sur 125 · ÉQUARRISSAGE. PL · texte numérisé non relu

ÉQUARRISSAGE. PL

M. le colonel Emy. Cependant, comme il peut arriver quelquefois qu'un charpentier n'ait à sa disposition que des arbres en grume, je vais entrer dans quelques détails sur la manière dont on peut obtenir une pièce équarrie.

31 . Un arbre en grume est celui qui est encore recouvert de son écorce. Dans. cet état , il se compose de trois parties bien distinctes , savoir : le cœur, V aubier et técorce.

Le cœur est la seule partie qui soit assez dure pour être employée avec avantage dans les constructions; on devra donc rejeter entièrement l'écorce et l'aubier.

32. Supposons actuellement {fîg. 1, PL 2 ) qu'un arbre soit couché horizontalement et bien assujetti par des cales c,c, on commencera par faire les deux* sections A et A' perpendiculaires à sa longueur.

La direction de ces coupes se détermine ordinairement à l'œil, et cela suffit toujours pour cette première opération , surtout si l'arbre est très-long.

On déterminera par tâtonnement les centres o et o' des deux 'sections considérées comme à peu près circulaires.

On décrira le plus grand cercle que l'on puisse tracer dans la section A' . On décrira un cercle égal dans la section A. Les carrés inscrits dans ces deux cercles formeront les bases du prisme que Ton veut équarrir.

Il faut s'assurer à l'aide du fil à plomb que les côtés (pw, Su') (mn, m' n') sont exactement verticaux, et par conséquent parallèles entre eux. Si cette dernière condition n'avait pas lieu , les faces seraient gauches.

33. Le côté vertical vu étant prolongé jusqu'en z , on joindra ce point avec \> par une corde fine bien tendue et

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frottée avec de la craie ou de la sanguine ; puis, pinçant cette corde avec l'index et le pouce, on écartera le point s à quelque distance du corps de l'arbre , et sans quitter le plan des deux côtés vu, vu'; la corde étant alors abandonnée à elle-même , viendra frapper l'ajrbre suivant une ligne zv qui , malgré l'irrégularité de la surface , sera située dans le plan des deux côtés vu, v'u*.

En effet, la corde, en revenant k sa place, se meut dans le plan du triangle zsv ; et si on a eu le soin en la pinçant de maintenir le point s dans le plan des .deux côtés vu, vu, la ligne zv' obtenue par le battement , sera l'intersection de la surface de l'arbre par le plan qui contient les cinq points szxu'v'.

On retournera la pièce pour la tracer en dessous, après quoi il sera facile de la tailler.

Quand on aura dressé les deux faces parallèles, on placera l'arbre comme on le voit (fig. 5), pour tracer les arêtes nri, mm'.

Prisme à base quelconque.

34. Nous avons dit que l'on pouvait faire à l'œil les deux premières sections A et A' (fig. 1 ). Le défaut de parallélisme qui pourrait résulter de cette manière d'agir n'influera pas d'une manière sensible sur l'exactitude de l'équarrissage, qui n'est d'ailleurs qu'une première ébauche de la pièce que l'on- veut employer.

Mais, s'il s'agissait d'un objet de précision qui dût être déduit d'un tronc d'arbre de peu de longueur, il faudrait opérer d'une autre manière.

Supposons, par exemple {fig. 2), que l'on veuille tailler un prisme pentagonal dont la base et la hauteur seraient connues.

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