GAINS D'AZOTE
sont plus présentés souâ forme d'ammoniaque, mais bien sous celle d'acide azotique et le lot couvert 2°'*^360 ; dans un autre le lot couvert a acquis 5""«,918, Fautre 1"^»%821.
M. Schlœsing a repris ce sujet récemment (1) et comme précédemment il a constaté dans les terres exposées à Tair un enrichissement en ammoniaque dont il attribue Torigine à Tatmosphère.
MM. Berthelot et André ont montré d'autre part (2), comme Tavait fait autrefois M. Brustlein (3), que si la terre gagne parfois de l'ammoniaque, elle peut également en perdre, de telle sorte que d'après M. Berthelot (4) il se fait un échange incessant d'ammoniaque entre la terre et l'atmosphère sans qu'on puisse affirmer que la différence entre les gains et les pertes sera toujours favorable à l'enrichissement du sol.
Fixation de Tazote atmosphérique par action microbienne. Expériences de M. Berthelot. — D'après l'illustre secrétaire perpétuel de l'Académie des sciences, la fixation de l'azote atmosphérique par le sol arable est due à l'action d'un être vivant.
M. Berthelot dose dans des sables et des argiles bruts l'azote total, l'azote ammoniacal et l'azote nitrique, puis il les laisse exposés à Taction de Tair, soit dans une chambre close, soit en plein air au-dessus du sol d'une prairie, soit enfin au sommet d'une tour de 28 mètres.
£n rapportant les nombres trouvés à 1 kilogramme, on a trouvé pour le sable (5) exposé à l'air de la chambre pendant la première saison (1884) 0«',022 d'azote fixé ; dans la seconde saison (1885) O*%024 et en vase clos 0'^',038. Avec le sable II, les gains ontété dans la chambre 0*^,020, dans le vase clos 0»%028, dans la prairie 0*^,014, sur la tour de 0^,15 à0^%28. Avec le kaolin III, les gains ont été dans la chambre 0^',020, dans le vase clos 0^,027, dans la prairie O^OU, sur la tour 0«%02o.
M. Berthelot ne s'est pas borné à étudier la fixation de l'azote dans des sols vierges, il l'a également constatée sur un grand nombre de terres arables. Des terres (6) renfermant respectivement 0^,974, l'^SGSS et 1^',744 d'azote combiné par kilogramme
(1) Comptes tendus, t. CX, p. 439 et 499.
(2) Ann. de chim. et de phys., C** série, t. XI, p. 375.
(3) Agron., de Boussingault, t. II, p. 132.
(4) Comptes rendus, t. CX, p. 558.
(5) Comptes rendus, t. CI, p. 775.
(6) Ann. de ch. et de phys., 6« série, t. XVI, p. 490. — Ann. agron,, t. XV, p. 220.
exposées à Taction de Tair ont également fixé de Tazote mais en quantité d'autant plus forte qu'elles étaient plus pauvres.
Cette fixation d*azote est attribuée par M. Berthelot à un microbe spécial ; en effet, elle ne se manifeste plus, lorsque les terres ont été stérilisées par un chauffage préalable à 110''; elle reste comprise entre les limites citées plus haut lorsqu'on arrose le sol avec de Teau dans laquelle on a délayé le contenu des tubercules qui se développent sur les racines des légumineuses. Les bactéries qui s'y trouvent et 'qui jouent un rôle si important dans la fixation de l'azote par les légumineuses ne paraissent pas pouvoir communiquer au sol la propriété de fixer Tazote de l'air quand il on a été privé ou de l'exagérer s'il le possède encore.
M. Berthelot indique les conditions suivantes comme nécessaires à la fixation de l'azote de l'atmosphère sur les terres arables:
1° Une atmosphère modérément oxydante incapable de produire une nitrification exagérée ;
2"^ La présence d'une dose d'eau limitée;
3° Une température comprise entre 10* et 40';
4"^ L'existence dans la terre d'une dose d'azote limitée et n'appartenant pas à des matières organiques en putréfaction ou en fermentation réductrice ;
5"" Enfin l'existence de certains microbes spécifiques.
En rapportant les chiffres trouvés à la surface d'un hectare, on arriverait à des fixations correspondant à plusieurs centaines de kilogrammes.
Les très nombreuses expériences exécutées par M. Berthelot seraient de nature à entraîner la conviction si elles n'étaient pas formellement contredites par M. Schlœsing, qui n*a jamais pu réussir à constater la fixation d'azote dans les terres soustraites à l'action de l'ammoniaque atmosphérique (1).
Il est manifeste que l'idée qu'un être vivant est susceptible de faire pénétrer l'azote gazeux en combinaison, que des organismes microscopiques réussissent à réaliser des combinaisons qui ne se produisent qu'en très faibles quantités sous Tinfluence des moyens puissants des laboratoires, répugne à l'esprit ; en voyant cependant que les microbes contenus dans les nodosités des légumineuses fixent l'azote, qu'il suffit de les inoculer à une racine pour que la plante à laquelle elle appartient se développe normalement dans un
(I) Comptes rendus, t. CXI, p. 805,898, 982, 1123, etc.