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EMPLOI EXCLUSIF DES ENGRAIS CHIMIQUES

A la dose de 400 à i ,200 kilos à l'hectare.

L'engrais complet G est moins riche en azote que le précédent, et renferme seulement 4 kilos d'azote nitrique, la même quantité d'acide phosphorique que A et B, mais 14 de potasse; on le destine aux pommes de terre et aux vignes sur lesquelles on suppose que la potasse exerce son maximum d'action.

L'engrais complet D, pour lin, maïs, sorgho, topinambours et navets, est combiné de façon à ne renfermer que 2 kilos d'azote nitrique, mais on y trouve 8 kilos d'acide phosphorique assimilable, 2 kilos d'acide phosphorique , insoluble, 8 kilos de potasse, 20 kilos de chaux.

Gomme il existe beaucoup de terres sur lesquelles les engrais de potasse n'ont aucune influence, on a proposé deux engrais E et F, renfermant seulement de l'azote ammoniacal ou nitrique, et des superphosphates.

L'engrais G, destiné aux prairies artificielles, aux légumineuses, ne renferme pas d'azote, mais seulement de l'acide phosphorique, de.la potasse et de la chaux.

On voit qu'en réalité les formules d'engrais varient très peu et que la nature des plantes cultivées, à Texception des légumineuses qui ne bénéficient que très médiocrement des engrais azotés^ ne peut être un guide sûr dans Tacquisilion des engrais.

Comme ces engrais sont coûteux, il convient cependant de ne pas s'imposer les lourdes dépenses qu'entraîne l'acquisition des quantités considérables conseillées plus haut, si elles ne doivent pas être compensées et au-delà, par une augmentation correspondante des récoltes. Cherchons donc à préciser le mode d'emploi des engrais chimiques.

§ 265. — Emploi exclusif des engrais chimiques.

Ce mode de culture est assez rare; si on conçoit qu'une exploitation voisine d'une grande ville trouve avantage à vendre ses pailles et ses fourrages et renonce à toute spéculation animale, elle trouve habituellement dans cette ville des fumiers à acheter; en outre on est toujours obligé d'entretenir des chevaux pour les charrois, des bœufs pour les travaux intérieurs, des porcs pour iililiser tous les déchets de l'exploitation, souvent même des moutons pour pâturer des chaumes, de telle sorte qu'en réalité il est rare qu'on cultive absolument sans fumier; mais il arrivera certainement, dans les conditions que nous venons d'indiquer, que le fumier sera tout à fait insuffisant et qu'il faudra acheter des engrais commerciaux et notamment des engrais chimiques.

Cette nécessité reconnue, convient-il de s'imposer l'acquisition de quantités formidables de ces engrais? Evidemment non, si l'épandage des agents de fertilité qui font défaut dans le sol est très

avantageux, si le supplément de récolte qu'ils déterminent paie largement l'engrais employé; il n'en est plus ainsi quand on ajoute une matière assez abondante dans le sol, pour qu'une nouvelle dose ne produise plus d'effet, dans ce cas l'acquisition devient onéreuse et le compte se solde en perte.

Les cultivateurs doivent toujours avoir présente à l'esprit la définition de Tengrais; ils doivent se rappeler que c'est la matière utile à la plante qui manque au sol; cette distinction est d'autant plus utile à faire que les engrais chimiques étant formés de diverses matières vendues séparément, on peut n'acquérir que celles dont l'efficacité est très vraisemblable. Il importé donc avant d'acheter des engrais chimiques de savoir quelles actions chacun d'eux exerce sur le sol du domaine cultivé ; on y réussit par l'installation d'un champ d'expériences.

Disposition d'un champ d'expériences. — Cette création, qui ne présentait pas d'intérêt autrefois, quand on ne disposait que d'un engrais unique comme le fumier de ferme, dont on ne pouvait pas régler la composition à volonté, est nécessaire quand il s'agit de cultiver avec des engrais chimiques.

Pour avoir des résultats qui ne s'écartent pas trop de ceux que foumissentles grandes pièces du domaine, il est nécessaire de ne pas donner aux parcelles d'expériences des surfaces trop restreintes, un are est une bonne dimension; des parcelles plus petites, surtout lorsqu'elles sont séparées les unes des autres par des sentiers, fournissent des rendements exagérés; les plantes placées sur les bords acquièrent une vigueur exceptionnelle due à la facilité qu*ont leurs racines à s'approvisionner dans la terre qui forme chemin. Cet inconvénient s'atténue avec des parcelles d'un are; il subsiste cependant, et la seule manière d'opérer d'une façon tout à fait rigoureuse est de ne pas séparer les parcelles d'expériences les unes des autres par des terres nues, mais d'ensemencer également les bandes de séparation. C'est ainsi que nous avons opéré chez M. Porion, à Wardrecques et à Blaringhem, et dans ces conditions, les rendements des parcelles sont exactement les mêmes que ceux des grandes pièces qui ont reçu les mêmes fumures.

A côté de cet avantage, se trouve le très grave inconvénient que les comparaisons deviennent très difficiles et qu'il faut absolument avoir recours aux pesées pour apprécier l'influence des engrais; or ces pesées, surtout quand il s'agitde céréales, deviennent très laborieuses; il faut amener à la machine à battre, dans une petite voi-

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