‹ Traité de chimie, appliquée aux arts (volume 2)Chapitre 10 sur 218 · ZAC T · texte numérisé non relu

ZAC T

* Palladium.

Platine. . .

Argent. de Rayés par le carbonate de chaux.

Bismuth. .

Cadmium .

Étant: .. «

Plomb. . . Rayé par ongle.

Potassium .

à ! Mous comme la cire.

Sodium . . | |

Mercure. . Liquide:

Quant à la sonorité des métaux, elle est supérieure à celle de la plupart des corps, mais en général elle ne devient remarquable que dans les alliages. Les métaux communs sont tous trop mous, quand on les obtient purs, pour être doués à un haut degré de cette faculté.

20 VULTV. TL CÉGULNIMÉTAUX,

720: Odeur et Saveur. Tout-le monde ‘connaît la sensation désignée sousle nom de goût ou d’odeur de cuivre, de gout ou d’odeur de fer, de goût ou d’odeur d’étain, etc. Ces sensations sont bien réelles , mais il est difficile de les expliquer. En général , on admet que les corps sapides doivent être solubles, que les corps odorans doivent être volatils; ici ni l’une ni l’autre de ces suppositions ne se réalise, mais le fait n’en reste pas moins certain. Quelle qu’en soit la cause, l'odeur ou la saveur propre aux trois métaux que nous venons de citer se fait remarquer d’une manière . manifeste lorsqu’ ils ont été frottés rapidement de manière à élever un peu leur température. Peut-être cette propriété est-elle vraiment étrangère au métal lui-même et doit-elle être attribuée à quelque substance interposée. Nous verrons plus tard, du moins en ce qui concerne le fer et l’étain, que les procédés métallurgiques les fournissent toujours souillés de quelque matière carbonacée qui pourrait bien contribuer à la production du phénomène qui nous occupe, phénomène d'autant plus singulier qu'il ne paraît pas être commun à tous les métaux.

721. Dilatation. Detous les solides; les métauxsont ceux qui se dilatent le plus par la chaleur, et parmi les métaux, , c’est le zinc ou le plomb qui tiennent le premier rang. En général, la dilatation des métaux est une de leurs propriétés les plus délicates , et la moindre impureté sufhit pour en troubler considérablement la valeur absolue. ou la marche. Ainsi, les nombres qu’on va trouver ici doivent être considérés comme des approximations dans la pratique, car, soit qu'ils aient été déterminés sur des métaux purs, soit qu'on les ait obtenus avec des métaux impurs, il n’en est pas moins évident que; dans les arts, il doit rarement arriver qu'on retrouve ces mélaux au mêmepoint précis de pureté ou d’impureté ; mais toutefois, pour les usages ordinaires, ces déterminations suflisent. Il ne devient nécessaire de les remplacer par des nombres

| MÉTAUX. 21 pris sur la matière mème que l’on veut employer que dans un très-petit nombre de cas. Les livres de physique donnent alors la marche qu’il convient de suivre:

On peut voir dans la table suivante combien ectte influence est grande, en comparant les résultats obtenus avec l'étain anglais, qui généralement est souillé de quelques métaux étrangers , et l’étain des Indes, qui est presque. d’une pureté absolue : tandis que le premier se dilate de 0,0025 , l’autre ne dépasse guère 0,0019.

* Ilne Fhrait donc pas compter que les alliages auront la dilatation du métal dominant, ou même que la dilatation sera la moyenne de celle es métaux qu'ils contiennent. Du reste, nous examinerons plus tard cette quesuon.

En ce qui concerne l’état des métaux, on observe encore de grandes différences. Leur dilatabilité change suivant qu’ils ont été simplement refroidis après leur fusion, ou bien qu'ils ont subi l’action du marteau, du faminoir ou de la filière, et qu’on ne les a pas recuits avant de les employer. Il Honle , en général, que les métäux qui ont éprouvé ces sortes de traitemens sont plus dilatables qu'ils ne l’étaientauparavant. Néanmoins le cuivreoffre lerésultat contraire. Il est donc possible qu’à cet égard il n’y ait rien de général; mais pourtant on doit penser que les métaux soumis à l’action d'une pression quelconque éprouvent, quand on les expose à la chaleur, des effets compliqués. En effet, à mesure qu'ils se dilatent , ils se recuisent, et leur dilatation, qui était d'abord celle du métal écroui, devient plus ou moins vite celle du métal ordinaire; de telle sorte qu’un métal écroui doit non-seulement offrir des dilatations très-différentes , selon qu’on les détermine pour tel ou tel intervalle de Lempéraiure , mais encore des dilatations variables à chaque essai consécutif. On conçoiten effet qu’à la suite d’un premier essai, lesecond doit Offrir des résultats différens, si l’on emploie la même

barre, celle-ci se trouvant alors avoir éprouvé un commencement de recuit. |

Pour trouver une loi qui mue la dilatation des métaux à quelque idée relative aux propriétés fondamentales de la matière, il faudrait qu'on pût comparer ces métaux entre eux à des intervalles de température réellement comparables, c’est-à-dire pris à d’égales distances de leur point de fusion respectif. On ne peut douter, que la dilatabilité des métaux ne soit en rapport avec Le volume, le poids et la distance de leurs molécules ; mais les observations faites à la même température ne peuvent rien apprendre à ce sujet. Il faudrait nécessairement placer tous les métaux à la même distance de leur point de fusion où l’on peut supposer que les molécules sont, sinon à la même distance pour tous, du moins à des distances proportionnelles.

En général les métaux les plus fusibles sont aussi ceux qui se dilatent le plus à de basses températures. Mais il serait au moins prématuré d'en tirer aucune conséquence , car des expériences très-exactes de MM. Dulong et Petit ont fait voir que la dilatation de tous les solides et des métaux en particulier, n’était pas uniforme et qu'elle croissait beaucoup avec la température.

Dilatation moyenne de Dilatation moyenne de o° à 100°, 0° à 300°.

# FO 04 4 0 0,001187 44 17 1 40300146 Cuivre... ::, . 6,00171. + : .., . .-0,00188

Platine . . . . 0,00984, . : . , + . 0,00919

Il résulte de là que les métaux les plus fusibles peuvent en effet avoir une dilatation plus grande que les autres entre 0° et 100", parce qu'ils sont plus près qu'eux de leur fusion, sans qu'il en résulte que si on les prenait à des distances égales de ce point, ils conservassent réellement cette supériorité. Îl faudrait par exemple pouvoir compa-

rer le plomb entre o°.et 100° avec le fer entre 800° et gv0° environ, pour que les résultats fussent vér itablement comparables; ainsi les faits observés et consignés dans le tableau suivant sont pour le moment, des faits de pure ‘pratique. |

On doit tirer-encore'de cette loi remarquable une conséquence digne d’attention. Comme la dilatation absolue dès métaux est très-faible, on est dans l'usage pour en rendre la mesure plus facile de leur faire parcourir un plus grand nombre de degrés de l'échelle thermométrique $ mais évidemment la valeur moyenne qu'on en déduit sera . trop forte si oh l’applique aux températures basses, et trop faible si elle est employée pour les températures élevées de cette échelle. Il faudrait donc, pour ces sortes de déterminations , s'écarter, le moins possible des températures que l’on a intérêt à étudier. Il est probable que les résultats de Troughton consignés dans le tableau ci-contre ont été pris par une moyenne entre des températures trèséloignées. Ils sont trop forts si on les suppose pris entre o°.et 100°.

Table de la dilatation linéaire des métaux entre 09 et 1005

Nom da A

‘Zinc allongé au mar— teau, d’un pouce par

centigrades.

Dilatation pour une règle égale à l'unité.

a e-ratte) Nom de l’observateur,

En fractions décimales.

En

fractions

vulg. ph IS et

pied, TR Te 0,00310833|1/322 |Smeaton.

Id. non battu. . .lo 00294167 1/340 | Id.

Plomb: oi RCE .[0,00284836|1/351 [Lavoisier et Laplace. | Id. -[0,00286667|1/849 |Smeaton.

Étain en grains (aus Da T0 RAA NE 0,00248333|1/403 Id.

Étain fin (anglais). .1o,00228333|1/438 Id.

Étain de Falmouth. 0,00217290 1/462 [Lavoisier et Laplace. Étain des Indes ou de d | Meter NI TRMAUE 0,001937065|1/516 | Id.

ATEN EE TRUE 0,00208260|1/480 Troughton.

Argent de coupelle. .[0,00190974|1/524 |Lavoisieret Laplace. Argent au titre de Pa- LS APN 0,00190868|1/524 | Id.

CRETE Ne TR 0,00101880|1/521 |Troughton.

D Fe ENS PAR :10,00171733|1/582 Éayoléier et Laplace. Id. battu. .[o,oo170000|1/588 |Smeaton, Or de départ. . . . .[0,00146606|1/682 \Lavoisier et Laplace. Or au titre de Paris] non recuit. .lo,00155155|1/645 | Id Or au titre de Paris| ” , AAC OPA NO EU E. OUR 0,00151361|1/061 Id.

Bisathds 0,00139167|1/719 |Smeaton.

Fer doux forgé . . .[o,00122045|1/819 |Lavoisieret Laplace. Fer rond passé à la DHÉTES MIE MNT 0,00123504 1/81 Id.

NP ET NT 0,00125833|1/795 |Smeaton.

Fer passé à la filière. .lo,00144010|1/6094 [Troughton. Antimoine. 4. 4 0,00108333|1/923 |Smeaton. Palladiam. 2 1.7 0,00100000 OS Wollaston.

PALROE de ue 0,00099180|1/1008|Troughton. :

D RO OEE ARC ARE 0 PRG 1/1167|Borda.

729. Capacité pour la chaleur. Dans l'introduction placée en tête de cet ouvrage, nous avons donné la table de la capacité pour la chaleur de tous les métaux pour lesquels la détermination en a été faite avec le soin convenable. Nous ne revenons ici sur ce sujet qu'afin d’indiquer une loi remarquable découverte par MM. Dulong et Petit, ainsi que celle par laquelle les poids atomiques se trouvent liés avec les capacités pour la chaleur.

On avait pensé que la capacité des métaux pour la cha-

leur éprouvait peu de variation par l'accroissement de la

température; on croyait même qu'elle diminuait à mesure que le métal était porté à des températures de plus en plus élevées. C'est précisément le contraire qui a lieu. La capacité augmente avec la température.

Il en est donc de la capacité comme de la dilatibilité. Il paraît même que ces deux propriétés sont liées l’une à l’autre, car les métaux dont la dilatation éprouve le plus d'accroissement sont également ceux dont la capacité augmente davantage. Pour trouver la loi qui rattache ces phénomènes l'un à l'autre, il faudrait des expériences plus nombreuses ; mais celles de MM. Duülông et Petit ne laissent aucun doute sur la réalité du phénomène général.

Capacité moyenne du fer de 0° à 100° — 0,1090 de o° à 200° — 0,1150 de o° à 300° = 0,1219 de-o° à 350°— 0,125

LE

LD

Tous les métaux essayés offrent la même variation.

Voici les résultats :

Capacités moyennes.

Entre 0° et 1000 — Entre 0° el 3:00

Merénre Vu Pe80 09330: 5 2t, 1 "6.0900 PATEO Se TO OT eue ET a SOL LS Rhüirisine 9.14 dns" bb ADI ATREREAQMN ELLE, COTE NT oO T1 Cor EN 0 000 AM AO ot 3 Platiner.142. 40, 03354600 20000: 038

\ k 26 LIV. III. CH. I. MÉTAUX.

S 723; Conductibilité. On a depuis long-temps observé que tous les métaux n'étaient pas doués au même degré de la faculté de transmettre la chaleur. Mais cette propriété n'avait pas encore été l’objet d'expériences précises , lorsque M. Despretz s’en est occupé. Il s’est toujours servi de barres métalliques d’une assez grande dimension chauffées à l’une de leurs extrémités d’une manière constante et munies de distance en distance de thermomètres destinés à mesurer la température acquise par communication au travers du métal.

Pourles métaux bons conducteurs les températures indiquées par ces thermomètres, en supposant le milieu à o’, forment une série décroissante en progression géométrique, quand leurs distances au foyer croïssent en progression arithmétique. Pour les métaux moins bons conducteurs, tels que le plomb, le décroissement est plus rapide encore. Au moyen des formules données par M. Fourrier , on peut tirer de ces expériences le pouvoir conducteur des métaux.

Par une méthode moins exacte, Ingenhousz avait classé les métaux de la manière suivante. Argent; or au premier rang ; cuivre, étain ensuite; platine, fer, acier, plomb de beaucoup inférieurs aux précédens.

Voici les résultats obtenus par M. Despretz.

Nombres proportionnels à la faculté

conductrice.

OR ee of EEE Es 500 HATHENT AE MN CN TE TOD Cuitre te ae (TO00 ORAN ER TRES HO CRE te UT CEA IE PA UM OMR CIS 6o9

Pom 72 07083860

Le platine se placerait probablement auprès du zinc ou de l’étain.

24. Fusibilité et volatilité. Parmi les métaux il en est qui sont volatils et d’autres qui paraissent presque absolument fixes. Les métaux volauls sont le mercure , le cadmium , le potässium, le tellure et le zinc. Ceux-ci sont volatils dans le sens ordinaire du mot, c’est-à-dire qu’ils peuvent être distillés, les quatre premiers au-dessous du. rouge, le dernier à une température rouge. .

Il est quelques autres métaux qui ne se distillent pas d’une manière sensible quand on les chauffe seuls, et qui pourtant fournissent des vapeurs en quantité suffisante,

pour qu'à l’aide d’un courant de gaz, ils puissent se volatiliser plus ou moins aisément. Il est possible que ces mé-

taux soient même assez nombreux. Maïs cette propriété n'a été bien constatée que sur l’antimoine et le sodium. Elle se retrouve dans le bismuth d’après M. Chaudet. Tous les autres métaux sont regardés comme fixes; mais nous le répétons , il en est peut-être plusieurs qui se volatiliseraient véritablement dans un courant de gaz.

Le mercure est le plus volatil de tous les métaux. Il bout à 350° c. On n’a pas déteyniné le point d’ébullition des autres. Le mercure est mème assez volatil pour fournir des vapeurs sensibles à la température ordinaire. M. Faraday s’en est assuré en suspendant une feuille d’or au-dessus d’une couche de mercure dans un flacon fermé. Au bout de quelques mois la feuille d’or qu’on avait soigneusement garantie de tout contact direct avec le mercure , se trouvait pourtant amalsamée, c'est-à-dire trans- Le en alliage de mercure et ‘d or. Le mercure n'avait pu parvenir à L feuille qu'en passant préalablement à à l’état de vapeur. | :

725. Si tous les métaux ne jouissent pas d’une manière évidente de la propriété de se transformer en vapeurs, tous

paraïssent du moins jouir de la faculté de se fondre à une

température plus ou moins haute. Mais à cet égard il existe encore d’étranges différences. Tandis que le mercure est

liquide à la température ordinaire et que son point de fusion se trouve placé à 40° degrés environ au-dessous de zéro, il est au contraire beaucoup de métaux que les

fourneaux les plus actifs ne peuvent faire éntrer en fusion.

Ces derniers ne sont toutefois pas infusibles; ils exigent

seulement, pour être fondus, l'emploi du chalumeau à gaz

hydrogène et oxigène. Le platine est dans ce cas.

On a déterminé avec soin le point de fusion de quelques métaux. Pour ceux qui fondent au-dessous du rouge, on s’est servi, ou du moins on a pu se servir du thermomètre à mercure ou du thermomètre à air. Pour ceux qui ne fondent qu’au-dessus du rouge, on s'est servi du pyromètre de Wedgwood. Ces deux espèces de détermination ne sont point comparables. Dans ces derniers temps, M. Prinsep a fait connaître une méthode ingénieuse pour l'évaluation des hautes températures qui pourra rendre quelques services pour cet objet. Elle consiste dans l’emploi de divers alliages d’or et d’argent, d'or et de platine, dont le point de fusion serait primitivement déterminé par le thermomètre à air. Nous rappellerons que l’on s’est servi des chaleurs spécifiques. pour apprécier quelques températures élevées ; mais les expériences de MM. Dulong et Petit montrent que ce procédé est inexact. Il est probable qu’on réussirait mieux par la méthode de M. Biot, qui consiste à plonger une barre de fer dans le métal fondant, à déterminer la température qu’elle prend à quelque dote et à calculer la température du bain au moyen des lois bien connues de la propagation de la chaleur au travers des métaux.

Pour le moment, il faut se contenter des résultats consignés dans la table suivante.

10 Point cle fusion des métaux

fondant au-dessous du rouge.

Mercure. . .

Potassium.

So dium e L L

| Bismuth.

Plomb. . .

Tellure.

É ., Zinc. e .

Antimoine. .

Cadmium. .

Therm. cent.

SE T'es OS LL A et Mer 39°

AE LA NÉE: * 00 a MO PRENLAG ECTS . + 210 5... + 266 HR te DA: + 260

Divers chimistes.

Gay-Lussac et Thénard.

|, Id.

Newton.

Id. | Biot. à

. Un peu au-dessus du plomb.

. + 370 . Min. de M. Brongniart.

. . . . «+ Un peu au-dessous de la chaleur rouge.

ab sa otlorSEromepen

2° Point de fusion äes métaux in-

fusibles au-dessous du rouge.

Or.

Cobalt...

Forte

LAPS Ur

| Manganèse.

Nickel... . .

Palladtum .

Pyromètre de Wedgwood. 20, Kennedy.

dde ge Es ie a HE VV Cle oo:

Id.

. Un peu au-dessous du fer.

130 Wedgwood.

158 Mackensie.

160 Guyton ‘

APE SPAS 4 Richter:

. Le moins fusible,

3° Métaux qui ne font que s’agglomérer à la forge.

| Molybdène.

Urane.

Tungstène.

Chrôme.

4o Métaux qui ne s’agglomèrent méme pas à la forge. ;

* Rhodium.

Titane.

Cérium. Platine.

Osmium. Tantale.

Iridium.

30 LIV. III. CH. Ï. MÉTAUX. | Les métaux de ces deux dernières classes ne sont pour-

tant pas infusibles, mais ils ne peuvent être fondus qu’au

moyen du chalumeau , à gaz hydrogène et oxigène..

726. Propriëtés électriques. Lesrésultats clairs et importans auxquels la théorie électro-chimique paraît propre à nous conduire, doivent engager à étudier avec le plus grand soin tout ce qui concerne lés propriétés électriques des métaux. Diverses méthodes peuvent conduire à une connaissance plus ou moins approchée des rapports qui existent entre ces corps , en ce qui concerne cette faculté.

Si la théorie électro-chimique est fondée, il semble qu’il suffirait de comparer entre eux les divers métaux et d’évaluer la force avec laquelle chacun d’eux est maintenu dans ses combinaisons avec les corps non métalliques, qui, à l'exception de l’hydrogène, sont toujours négatifs à l'égard des métaux. Cette comparaison faite avec soin devrait fournir la table exacte du rapport électrique des métaux connus.

Mais tant de causes rendent cette comparaison diflicile : que les chimistes ne pourront de long-temps compter sur les résultats auxquels ils seraient conduits. Nous rappelleront seulement ici que l’ordre fourni par un corps non métallique ne serait plus le-même si l’on en prefait un autre ; que, pour un même corps, le nombre des atomes existant dans la combinaison aurait une grande influence sur lés résultats, circonstances qui suffisent poux montrer qu'onne peut, par cette méthode,'arriver qu à des données plus ou moins vagues.

727. Voici la table dressée en ne par M. Berzélius. Elle renferme les métaux rangés à peu près dans l’ordre de leurs propriétés électriques générales, en allant des métaux négatifs aux métaux positifs. |

MÉTAUX. ME a

19 Molybdène.

Étain.

Chrôme.

Tungstène.

Antimoine.

Tellure.

Tantale. | Titane. ; Osmium.

Or.

Iridium.

Rhodium.

Platine.

Palladium.

Mercure.

Argent.

Cuivre.

Nickel.

Cobalt.

Bismutb.

Zairconium.

Plomb.

Cerium.

Ürane.

Fer.

Cadmium.

Manganèse.

® Aluminium.

Yttrium.

Glucinium.

Magnesium.

.. Calcium.

Strontium.

Barium.

Sodium.

Potassium.

Lithium.

728. Tout ce que l’on peut dire de cettesérie, c'est que les métaux du premier g groupe sont plusnégatifs en général que Ceux du second, et que ceux du second sont plus négaufs en général que ceux du troisième. Du reste, dans chaque groupe, l’ordre des espèces n’est pas certaine; on ne peut même assurer que le classement soit bien sûr pour le premier et le second groupe, et que quelques espèces de l’un ne doivent pas être portées dans l’autre.

Une simple réflexion fera peut- être apprécier à leur valeur ces classifications générales.

Quand nous avons étudié les corps non métalliques, ila été facile d’en former des groupes bien caractérisés, savoir :

1o Fluor, chlore, brôme, iode.

29 Oxigène, sélénium , soufre.

3° Bore, silicium , carbone.

4o Phosphore, arsenic, azote.

Dans chacun de ces groupes l’ordre d'énergie électrique est facile à établir ; mais faites un ensemble des corps qu'ils renferment, et essayez de les classer, vous éprouverez des dificultés sans nombre. Or, ces treize corps sont bien connus, et s’ils né peuvent être rangés avec certitude, c’est qu'il se présente des anomalies ou plutôt des phénomènes compliqués dès que nous ne corparons plus des corps de même nature. . |

Il est probable que parmi lés métaux 1l faut établir des distinctions semblables, et qu’il convient de ne comparer entre eux, que ceux qui jouissent de propriétés chimiques analogues, C’est le vrai moyen d’éclaircir leur histoire, car autant il y aurait de difficulté à établir des rapports exacts entre les métaux considérés tous ensemble, autant il devient facile dele faire pour les métaux comparés à ceux dont ils sont le plus près pour leurs propriétés.

MÉTAUX, 33 920. Voyons maintenant s'il est possible de tirer parti, sous Je point de vue de la classification des observations faites sur les métaux, en ce qui concerne leur tendance électrique. | On sait qu'entre deux métaux mis en contact, il se dé veloppe un état d'équilibre électrique, au moyen duquel l’un d’eux se trouve électrisé positivement et l’autre électrisé négativement. C’est en étudiant Îles métaux sous ce point de vue que M. Pouillet a formé la table suivante, dans laquelle chaque métal est positif à l'égard de celui qui le suit.

Zinc, Plomb , Étain, Fer, Antimoiné , Bismuth, Cuivre, Mercure , Argent, Or, Tellure, Palladium , Platine.

Si, comme cela paraît probable, l'électricité que fes métaux développent au contact, résulte de l’oxidation de l'un d'eux, et si le plus RTE joue lerôle positif, cette

série ne représente autre chose que la facilité plus où moins grande avec laquelle les métaux s’oxident à [4 tem- * pérature ordinaire. Ceci nous explique pourquoi l’ argent regardé par les chimistes comme un métal positif paraît au contraire aux phisiciens un métal très-négatif. L’électricité due au contact n’apprend donc rien de plus aux chimistes que ce qu'ils savent déjà par l'étude des rapports de l’oxigène avec les métaux. |

730. On a mesuré plusieurs fois la faculté conductrice des métaux pour l'électricité. M. Davy, qui s'en est occupé le premier, pense qu’elle est proportionnelle à la surface de la section des fils ou lames métalliques et qu’elle est en raison inverse de la longueur. Voici d’ailleurs comment il en exprime le rapport numérique en prenant le platine pour 100.

| LA AS 82 Platine. . . 100 Étain. . .. 109 Plomb.. . . 380 Or UT UT des Cuivre.. . . 550 Argent. . . 600

M. Becquerel, qui s’est occupé du même sujet , trouve de son côté les résultats suivans :

Potassium. . 8 Mercure... . 21 Plomb.. . . bo Per 00 à DM Platine. . . 100 Étain. . .. 94 Zinc: :. 1. an Argent. . . 447 Of soudsdsbar Cuivre. . . 6og

M. Pouillet trouve d’autre part des nombres encore différens.

R Argent à 0,956. . 860 HR CE PR PRO EL DRM uen 623

Platine, “12: "100

Ces résultats, pour être utiles aux chimistes, ont besoin

d'une transformation. Ici, l'on suppose que l’observation est faite sur des fils d’égale section, tandis que si le pouvoir conducteur se rattache à quelque propriété chimique, il faudrait le considérer par rapport au nombre des molécules, ou ce qui revient au même donner le pouvoir conducteur des molécules. On aurait ainsi la table suivante, en supposant que les molécules des métaux sont à égale distance , à la température ordinaire.

Mercure. . 0,6 Potassium. 1

Platine... . 2 Plomb. 2 Fer. 2 AC. 10 Étain. ‘4 OR EUR S

Cuivre. . .10

Argent.. .40

Tl est peu probable que les molécules de tous les métaux soient à égale distance, à la température ordinaire. Pour tirer quelque chose de la conductibilité électrique, il faudrait faire les observations à des températures différentes, mais placées à égale distance du point de fusion des métaux.

Quoi qu’il en soit, les divers tableaux que nous venons de parcourir montrent assez que la faculté conductrice des métaux ne peut être d'aucune utilité actuelle dans les recherches de classification.

731. Le frottement exercé entre deux métaux est encore une source d'électricité ou plutôt l’occasion d’une rupture d'équilibre électrique. Ce phénomène étudié par M. Becquerel, au moyen d'appareils d'une grande délicatesse , lui a fourni la table suivante dans laquelle les métaux sont rangés en allant du positif au négatif, c'est-à-

dire, que pour chaque métal, ceux qui le suivent sont négatif et eeux qui le précèdent positifs.

Antimoine, Cadmium , Fer, Zinc , Cunré, Argent, Of, Étain , Plomb, Platine, Palladium , Cobalt, Nickel, Bismuth,

Cet ordre ressemble tellemént à celui qu'on obtient quand on emploie la chaleur comme moyen d’exciter les mouvemens électriques , qu’il est naturel d'admettre que le frottement n'agit ici qu'en vertu de la chaleur qu'il développe. Cependant M. Becquerel ne pense pas qu’il en soit ainsi, et il se fonde sur ce que deux métaux très-électriques par le frottement, comme l’antimoine et le bismuth, ne le sont pas quand on les frappe fortement l’un contre l’autre.

Quelle que soit la force mise en jeu dans ces phénomènes, quelle que soit la propriété de laquelle ils découlent, l’ordre auquel ils conduisent ne se lie évidemment pas aux propriétés chimiques générales des métaux.

732. Si l’on forme avec deux métaux différens un cercle dans lequel les deux points de contact des métaux soient réunis par des soudures, il suffira de chauffer l’une d'elles pour mettre le fluide électrique en mouvement dans ce circuit métallique. L'un des métaux sera encore ici positif et l'autre négatif, On pourra donc former encore une sé-

MÉTAUX. 37 rie analogue à celle qui précède. C’est ce qu'a fait M. Cumming en plaçant chaque métal de manière qu’il soit positif à l'égard de celui qui le suit, et par conséquent négatif pour celui qui le précède. On trouve par ce moyen l’ordre suivant :

Antimoine , Fer, Zinc, Or, Cuivre, FREE :

Plomb, Étain, Argent, Manganèse , Cobalt, Palladium , Platine, Nickel, Mercure, Bismuth.

Il suffit de jeter les yeux sur cette série pour voir que les effets thermo-électriques n’ont aucun rapport avec les phénomènes chimiques.

M. Becquerel vient de montrer, dans un mémoire fort remarquable, que l'ordre indiqué par M. Cumming n'est pas tout-à-fait exact. M. Becquerel adopte, d’après des expériences faites avec toutes les précautions et tout le soin qu'exigent de telles recherches, l’arrangement suivant. Les métaux y sont disposés aussi en allant du positif au négatif.

Fer, Argent, & Or, Zinc, |

; Cuivre,

Étain,

Platine.

Cet arrangement , quoique bien différent du précédent, ne convient pas mieux au chimistes. Aussi M. Becquerel, par des expériences dirigées avec une sagacité rare, est-il parvenu à ce résultat que É pouvoir thermo-électrique d'un métal se lie à son pouvoir rayonnant. Aïnsi, le mouvement électrique occasioné per la chaleur dépend d’une propriété physique des métaux et ne se lie en rien à leurs propriétés chimiques. En partant de ce point de vue, M. Becquerel a même pu déterminer les valeurs numériques qui indiquent le pouvoir thermo-électrique de chacun de ces métaux. C’est ce que la table suivante exprime.

Éer,»4:. 245

Argent. . 4,07

On ra USD

Zinc. .-. . 4,035

Cuivre. . . 4

Én. :°, 3,89 F Platine . . 3,68

Ces résultats précieux pour la physique ne peuvent donc pas nous diriger dans le classément des métaux.

733. On n'arrive pas à des résultats pluspositifs quand on met les métaux en contact avec des agens capablés de $e combiner avec eux. L'ordre dans lequel les métaux se rangent dépend alors de l'intensité de la réaction. IL varie avéc l'agent si où nid il varie avec la température, il varie enfin de manière à nous laisser dans une incertitude complète. | FÀ

Les phénomènes électriques qui jouent un si grand rôle dans toutes les réactions chimiques sont donc encore irop peu connus pour qu’on puisse asseoir sur les notions

qu'ils nous fournissent une base de classification , pour qu'on puisse même par leur moyen disposer en série les, métaux d’une manière qui corresponde à peu près à l’arrangement que leurs propriétés chimiques nous font con sidérer comme le plus vraisemblable. ;

734. Pour établirentre les métaux une classification utile sous le point de vue chimique, ce n’est donc pas seulement un de leurs caractères qu’il convient d'envisager. Il faut faire intervenir l’ensemble de leurs propriétés.

La classification des métaux peut être faite sous divers points de vue. En effet, on peut distinguer les métaux employés dans les arts de ceux qui ne le sont pas, les métaux jaunes des métaux blancs , les métaux fixes des métaux volatils, etc. ; mais on voit de suite que €esdistinctions n’ont d’autre résultat que celui qu’elles indiquent immédiatement. Il en arrive de mème à l'égard des classifications puisées dans les caractères chimiques, lorsque ces caractères sont restreints à un seul ordre de combinaisons. Ainsi, que l’on classe les métaux selon leurs divers rapports avec l’oxigène , et l’on trouvera cette clas- sification bonne dans toutes les réactions où l’oxigène inierviendra; mais elle ne le sera plus pour les cas où ce corps ne fera point partie des matières employées.

Pour bien classer les métaux et tous les corps en général, il faudrait donc étudier avec soin leurs réactions sur un grand nombre de substances différentes, et rapprocher les uns des autres ceux qui offrent le plus de caractères communs. Quoique ce travail. ne soit point encore fait d’une manière complète, on peut néanmoins classer les métaux assez approximativement en faisant usage de leurs réactions connues pour espérer que les changemens de position qu on leur fera subir par la suite ne seront ni bien importans ni bien nombreux.

Je ne veux pas donner ici la classification des métaux par familles, ; je craindrais d'émettre à ce sujet des idées

4o . LIV, III, EM, T. MÉTAUX.

que je serais forcé de modifier au moment où je mettrai la dernière main au troisième volume de cet ouvrage, Il est des métaux qui se rapprochent par tant de caractères que je n’hésiierais pas à leur sujet; tels sont le titane et l'étain, le chrôme et le manganèse , ete. Mais il en est d'autres qui ont besoin d'être étudiés sous ce point de vue, avant de prendre\ une décision; la classification adoptée dans cet ouvrage, étant basée sur ces principes, on trouvera les métaux groupés en familles dans le volume suivant.

t Pour montrer dans quel sens je conçois cette classification, et pour faire sentir le parti qu’on en peut tirer, Je vais donner ici les caractères généraux d’une de ces familles, de celle dont l’histoire va occuper la majeure partie de ce volume.

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