LIV. V. CH. 11, SEL MARIN
logramme de bois en forme à peine 2,5 de vapeur. Les chaudières construites par Cleiïss, à Rosenheim, en Bavière, sont bien plus avantageuses ; elles évaporent environ 3,5 kilogr. d’eau. avec un kilogramme de bois. On en trouve tous les détails dans la planche 24. Dans ces derniers temps, M. Clément Desormes a construit à Dieuze, des appareils qui ne laissent rien à désirer sous le rapport de l’économie du combustible. |
On ne doiît pas perdre de vue ce que nous avons dit de l'emploi de la chaux pour purifier l’eau salée. Il est évident qu’en se servant de ce moyen on simplifie de beaucoup la marche du travail; on se débarrasse d’une foule de produits accidentels ; enfin, on obtient en moins de temps, et avéc une grande économie de combustible, une plus grande quantité de sel marin, puisqu'on recueïlle tout celui que l’eau renferme, et même un peu plus. - |
Ces réflexions sont non-seulement applicables aux sources salées , mais en outre elles le sont aussi évidemment à toutes les exploitations de sel marin. Ainsi, quand on dissout le sel gemme pour le faire cristalliser, on se retrouve précisément dans les mêmes conditions, et quand .on exploite l’eau de la mer, elles se reproduisent encore. Aussi, au moyen des détails dans lesquels nous venons d'entrer, pourrons-nous abréger beaucoup l’examen des autres procédés, qui ne font que reproduire les mêmes phénomènes. |
Marais salans,
1288. Ce sont des réservoirs creusés ordinairement sur les bords de la mer, et dans lesquels se fait, à l’air libre, l’évaporation de l’eau de la mer. Cellé-ci contient
DÉTRATE Ae ed e0 O0 Chlorure de magnésium. . : . 0,35} Sulfate de magnésie. . . . . . 0,58K Carb. de chaux et de magnésie 0,02/f° Sulfate de chaux. : ... . . . o0,o1\
da di A dt 1 dol
La quantité d'eau à évaporer est donc fort:grande ; mais dans les marais salans bien placés, l'évaporation est sira=
pide, qu'on obtient le sel aun prix excessivement modique. On place les marais, dont la planche 20 donne une idée générale , dans une plage unie, située au bord de la mer et mise à l'abri des marées. L'eau de la mer est conduite d'abord dans un réservoir appelé jas, qui doit recevoir deux pieds d’eau au moins, et six pieds au plus. Dans ce réservoir , l'eau commence à s’évaporer, et surtout elle se dépouille des corps qu’ellé tenait en suspension. Au moyen
d’un tuyau ou gourmas, on la fait passer dans une suite
‘de bassins nommés couches. De ceux-ci, au moyen du Jaux gourmas , autre tuyau souterrain, elle passe dans le mort. C'est un canal qui fait tout le tour du maraïs , et auquel on donne jusqu’à 4ooo mètres de longueur. Le mort amène l’eau dans dénouveaux bassins, connus sous le nom de tables, De ceux-ci, elle passe dans une série de bassins semblables, désignés sous le nom de muant, Du muant , l’eau arrive enfin dans les aires, où s'achève son évaporation. Elle y parvient par des canaux nommés brassours, qui versent chacun l’eau dans quatre aires par des conduits souterrains qu’on perce et qu'on ferme à volonté. L’eau arrive déjà très-concentrée dans les aires, et ne tarde pas à y saliner. Le dépôt du sel s'annonce ordinairement par une teinte rougeâtre, qui se développe dans l’eau. Le sel cristallise à la surface de l’eau ; on brise la croûte, et lorsqu'il s’est forméune couche assez épaisse, on ramasse le sel, et on le met en tas sur le chemin qui sépare les aires et qu’on désigne sous le nom de vie. Dans certains marais, au lieu de briser la croûte de sel, on la ra- ‘ masse en l’écrèmant avec un râteau à long manche.
Le travail des marais salans commence au mois de mars, et se termine en septembre. Pour mettre le marais en état, on commence par le nettoyer; pour cela, on ferme la communication entre le muant et les tables, et on ouvre lé conduit souterrain désigné sous le nom de coy. Les eaux du muant s'écoulent et entraînent avec elles tous les dépôts. On jette dans le muant toutes Les eaux que contiennent les aires, et on nettoie celles-ci. On ferme alors la communication entre les couches et les tables, et on vide ces dernières dans le muant. Les tables étant nettoyées, on pourrait en faire autant des couches, mais ordinaire= ment on s'en dispense,