‹ Traité de chimie, appliquée aux arts (volume 2)Chapitre 162 sur 218 · LIŸ. V. CH: VII. ALUN · texte numérisé non relu

LIŸ. V. CH: VII. ALUN

colore et ne pas bleuir, quand on arrose les cristaux réduits en poudre avec une dissolution de cyanoferrure de potassium.

Pour obtenir cet alun, on redissout le précédent et on maintient la dissolution à 30° de Beaumé. Cette liqueur versée dans les cristallisoirs , y dépose des cristaux peu volumineux d’une pureté parfaite. Les eaux-mères très-abondantes servent à refaire de l’alun ordinaire (1).

1299. C'est par un procédé bien différent que l’on se procure l'alun de Rôme. Ici, l’on fait usage de l’alunite, minéral dont M. Cordier nous a fait connaître la composition exacte. Il est formé de

2, at. sulfate de potasse. . . 2178 ou bien 18,53

2 at. sulfate d’alumine. . , 4203 38,50

5 at. hydrate d’alumine . , 4903 42,97 À

x at, alunite.. , . . , s . 11374 100,00

Pour transformer ce composé en alun , il faut donc lui enlever les 5 atomes d’hydrate d’alumine.

Mais cette composition , qui est celle de l’alunite pure, n’est presque Jamais réalisée par l’alunite ordinaire. Celleci renferme à l’état de mélange diverses substances dont il faut tenir compte. Voici Les letats de l’analyse de quelques alunites.

DelrTolfa. | De la Hon-| De Du Mont-

Composition la Tolfa, ( des d'après d'après, Ne bein, ane Îtes :Î1K th. apré ’après après Greg TE Er Klaproth. | Descostils. | M.Cordier. nn] RG HT TROUPES

Acide sulfurique.f 25,0 16,5 » 911:35,6 27,3 Alumine, . . . .| 43,9 19,0 À G,19 | 40,0 31,8 Potasse, : 433 ,:41 3,1 4,0 4,10 1/20:0 8

Suiee auras. h 41,000 006 1 20899 TE Ms 2 Oxide de fer.. . "JOUR » * | Pertes de ae) eu 1,0 1,7 »

LES OU RRNREURe EPRP RE 3,0 7,10 | 10,0 À *

(1) Comme il est rare que les eaux qu’on emploie à ces dissolutions ne contiennent pas un peu de carbenate de chaux, il ya

Dans la plupart des alunites, outre les principes essentiels à la pierre, il existe donc de la silice, un peu d’oxide de fer quelquefois et souvent de l’alumine en excès.

L’alunite pure est cristallisée ou en masse cristalline; impure, elle est amorphe, et au lieu d’être blanche, elle est colorée en rougeâtre ou en jaunâtre. Sa densité est de 2,7 , quand elle est pure. Exposée à la chaleur, elle perd son eau à une température bien au-dessous du rouge. Au rouge, le sulfate d’alumine se décompose en alumine, acide sulfureux et oxigène. A la chaleur blanche, le sulfate de potasse se décompose lui-même en acide sulfureux et oxigène , et la potasse se combine, soit avec l’alumine, soit avec la silice. L'eau est sans action sur l’alunite. Quand celle-ci a perdu son eau par la calcination, l’eau l’atiaque aisément et dissout de l’alun. Quand enfin l’alunite a été fortement chauflée, l’eau ne peut plus l’attaquer.

D’après ces résultats, il est facile de concevoir comment on traite l’alunite pour en extraire l’alun. La mine divisée en fragmens est calcinée, soit en tas, soit dans des fours semblables aux fours à chaux, soit encore dans des fours à réverbère ; dans ce dernier cas, on la casseen morceaux plus menus. Cette calcination présente une difficulté que l'on ne peut lever qu’en faisant usage de fours à réverbère. En eflet, la pierre doit être chauflée au point de perdre son eau et non pas au point où le sulfate d’alumine se décompose , et à plus forte raison au point où le sulfate de potasse lui-même commence à s’altérer. Dans le grillage en tas ou en fours à chaux , on est forcé d'employer la pierre en masses assez volumineuses, ce qui en raison de son imparfaite conductibilité , ne permet guères aux parties centrales d’être portées à la température convenable, qu'autant que les parties extérieures sont déjà chauflées au rouge. De là, une perte qu’on évite en calcinant la matière pulvérisée dans des fours à réverbère.

L’alunite calcinée est placée ensuite sur une aire battue,

toujours un peu d’alun décomposé. Il se dépose de l’alun aluminé. La perte résultant de cette cause doit varier ; mais d’après M. Payen, elle peut aller jusques à 2/100 , de l’alun pur obtenu à chaque dissolution. Presque toujours , elle peut être prévue et calculée,

d’après la composition de l’eau employée.

480". à LIV. V, ÇH. VII, ALUN,

entourée d’une rigole qui communique avec un réservoir. On arrose d'eau les couches d’alunite que l’on y dépose et donton forme untas plus ou moins considérable. La masse se réduit peu à peu en pâte, et au bout d’un ou deux mois, on peut la soumettre au lessivage. Ce lessivage, qui doit être fait par les procédés ordinaires, donne des eaux saturées d'alun et un résidu boueux. Les liqueurs évaporées dans des chaudières de plomb donnent de l’alun octaédrique, cubo-octaëdrique oucubique, suivant les circonstances de température. Dans les premiers momens de la cristallisation, l’alun est octaëdre, il passe ensuite au cubo octaëdre et enfin au cube, à mesure que la liqueur se refroidit. Leblanc s’est assuré, en effet, que si l’on fait bouillir de l'eau et de l’alumine, on obtient par l'évaporation de la liqueur filtrée, un magma que l’eau froide dissout en partie. La nouvelle dissolution fournit des cristaux cubiques, par une évaporation spontanée. D’après cela, il fut conduit à traiter par l’alumine, une dissolution froide d'alun; elle donna encore des cristaux cubiques quand on la soumit à une évaporation spontanée. Une petite quantité d’a- Jumine sufht pour produire cet effet; un grand excès donnerait de l’alun aluminé. M. D'Arcet a vu de son côté, que l'alan cubique dissous dans de l’eau au-dessous de 40° c. ne s’altérait point et pouvait être reproduit par la cristallisation. Mais si la température de l’eau est plus élevée, l’alun cubique se décompose, il y a précipitation d’alun aluminé, et la liqueur ne donne plus que des cristaux octaëdriques. 3 On conçoit, d’après cela, que l’alun de Rome qui est dissous en présence d’une grande quantité d’alumine, doit être de l'alun cubique. Quand, par l’évaporation, on a porté la liqueur à une température élevée, il y a dépôt d’alun aluminé et l’alun devient octaëdre. Mais à mesure que la température baisse, l’alun aluminé se redissout et on refait de J’alun cubique.

© Il est donc facile, en ajoutant à l’alun ordinaire un peu d’alumine, de le transformer en alun cubique, pourvu que la liqueur ne soit chauflée qu à 40°, et que l’évaporation s'opère spontanément.

LCL OUOD PE BBCODE COOCOLOTOC CT OOE DEC DD CE 0TOEOTPEDIOO OO PT EPDE CD-60-DC DE DE CC DE 060

Page 1