‹ Traité de chimie, appliquée aux arts (volume 2)Chapitre 165 sur 218 · CALCAIRES À CHAUX GRASSES · texte numérisé non relu

CALCAIRES À CHAUX GRASSES

&. | Carbonate de chaux. . . . | 97,0! 06,5] 98,5! 95,0! 94.0| 87,2 Carbonate de magnésie. . 2,0| 2,01... «| 1,3). 1,6|/.10,0 Carbonate de fer . . . .. EN Te TERES Oxide defer. :. .. ., À 1,0] 1,5] 1,5F.2,2/1,5,9h la,8

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Chaux qu’ils produisent.

Chaux. + ne 96,1 95 97»? 93,5| 91,6 86,0 Magnésie a “| ,14.01..388F 40,0

Argile. al AP iso 6,9! : 5,0

(1) Calcaire d'eau douce de CE da, près Nemours (Seine-et-Marne); compacte, jaunâtre » un peu cellulaire , sonore ; donne de la chaux très-grasse.

(2) Calcäire de Sat -Jacques; compacte, jäunâtre, un peu saccaroïde ; il fait la base des montagnes du Hét il donné une dant très-grasse. tré

: (3) Calcaire grossier de Paris; donne une chaux trèsgrasse. l

(4) Calcaire qui forine le toit de la mine de fer de la Voûte (Ardèche ) ; compacte, blanc jaunûtre ; il est d’une formation contemporaine au calcaire du Jura ; donne une chaux grasse,

(5) Calcaire de Lagneux (Aïn); compacte, d'un gris jaunâtre peu foncé : ; il donne de la chaux grasse qui est très-employée à Lyon:

(6) Calcaire d’eau douce de Vichy (Allier) ; compate, tre: blanc jaunâtre ; donne de trés-bonne chaux , mais médiocr ement grasse.

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Gatbonate de chaux. . . .

Carbonate de magnésie .

Garbonate de fer: . €.

Carbonate de manganèse...

Argile (silice alumine).. . | . :

Oxide de épi is de il Lx hf

Chaux qu’ils produisent.

Ghadx MARNE MR 78,0 ‘ 6o,0 Magnésie. ... ... . 20,0 | 26,2 Argil . e e. 0 e è ° e 1 2,0

Oxidé de fer, ete. . D APAt ee oi Kite 138.

F4 Calggire des environs de Paris, et qui paraît appartenir à la formation d'eau‘douce ; compacte, jaunâtre ; donne de la chaux maigre, mais nôn hydraulique.

(2) Calcaire de Valliranche (Aveyron); lamellaire, de couleur ocracée ; ; Ka chaux qu'on en a obtenue dans une expérience en: petit s’est trouvée très-maigre, sans être hydraulique:

1910. Lorsqu'o: on verse es l’eau sur la chaux provenant de lacraie, du marbre ou des chaux grasses ci-dessus désignées, ilya un dégagement considérable de chaleur, ' la masse se délite avec un craquement très-marqué, bientôt elle aug- ‘mente beaucoup de volume, se réduit en poudre et par l'addition d’un peu d’eau, forme une bouillie pâteuse. On désigne plus particulièrement sous le nom de chaux grasses , celles qui donnent lieu à des pâtes fortes et us

Les chaux maigres séchauflent moins, augmentent

(PIERRES À CHAUX. 405 moins de volume et donnent lieu à une pâte courte et peu liante.

Les, unes et les autres, réduites en pâte: et placées sous

l eau, peuvent s’y conserver pendant plusieurs siècles, àl’é é-

tat pâteux. Mais si après les ayoir amenées à l’état pâteux, on les expose à air dans un lieu abrité, elles perdent une pértie de l’eau qu’elles avaient absorbée et s'emparent peu à peu de l'aide carbonique contenu dans l'atmosphère.

Elles acquièrent de cette manière une dureté très-remarquable et deviennent même susceptibles d’un beau poli. Ces caractères sont plus prononcés dans les chaux grasses que dans les chaux maigres. , |

Ïl est évident, d’après les analyses de M. Berthier, que

Îles chaux grasses contiennent au moins 90 p. ‘/, de chaux pure, et que la présence de la magnésie, de la silice, de l’alumine ou de l’oxide de fer, lorsque l’ensemble de ces: matières ne dépasse pas 10 p. °/,, en altère peu les propriétés. Lorsque lasmagnésie s'élève à 20 ou 25 p.°/, la chaux devient maigre sans acquérir pourtant les, caractères des chaux hydrauliques dont nous allons parler plus loin. Il est aisé de voir que la chaux est rendue maigre par la magnésie, parce que cette dernière terre ne

jouit pas dela propriété de faire pâte avec l’eau. Elle s’y délaie, mais ne contracte aucun liant avec elle, tandis que la chaux pure donne naissance à une bouillie tenace, assez analogue à celle qui résulte des angiles ordinaires,

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Des mortiers à chaux non hydrauliques.

1311. Toutes cés matières sont plus ou moins bonnes pour lesconstructions exposées à l'air; mais pour bien comprendre les conditions les plus favorablesrà la solidité des constructions qui en résultent, il est nécesssaire d’examiner les changemens qu'elles éprouvent sous l'influence de l'air. | |

L'eau de chaux exposée à l’air absorbe rapidement l’acide carbonique, et toute la chaux qu’elle renferme se précipite à l’état de carbonate insoluble, si l’on a soin d’agiter le liquide ; maïs si on l’abandonne à lui-même dans un lieu tranquille, le carbonate de chaux formé produit à la surface de la liqueur une pellicule assez épaisse et glacée qui se divise en larges plaques par l'agitation. L'ab- | sorption de l'acide carbonique s'opère plus lentement , si l'on emploie de la chaux en bouillie, parce que les pellicules de carbonate enveloppent une portion de la chaux et l’abritent du contaët du gaz acide carbonique ambiant. Enfin , Si la chaux est sèche, l'absorption ne s’effectue encore qu'avec lenteur en raison de la faible puissance de l'acide carbonique. ;

Voyons maintenant ce qui se passe dans la formation et l'emploi des mortiers.

1312, Le mortier ordinaire résulte du mélange des chaux précédentes avec un sable quarzeux grossier. Ce mélange s'opère en diverses proportions suivant la naturede la chaux et celle du sable. On peut y faire entrer pour une partie de chaux depuis une jusqu’à quatre ou cinq de sable. On

commence par établir sur le sol une aire bien battue, le plus souvent adossée à un mur et fermée par une enceinte demi-circulaire qui s'élève à quelques pouces du sol. Cette encéinte est formée de sable mouillé, lié par un peu de terre argileuse, On place sur l’aire la quantité de

PIRRES À CHAUX. 497 chaux qu’on veut transformer en mortier, et on l’arrose d’eau pour la déliter. Bientôt la chaux s'échaufle , se divise en fragmens, se délite plus ou moins complétement, et, par une addition convenable d’eau , on en forme une bouillie bien liquide. C’est cette bouillie que l’on gàche ensuite avec le sable pour former le mortier. Pour que le mélange soit bien fait , il faut que la matière soit agitée dans tous les sens, et que les petites pelotes de chaux hydratée ou de sable mouillé soient écrasées successivement. Divers moyens plus ou moins simples peuvent conduire à ce résultat. Tantôt les matières sont placées sur une aire, et labourées, pour ainsi dire, en tous les sens au moyen d'un ràble que l’ouvrier lance en appuyant sur la partie plate de l'instrument, et qu'il ramène en appuyant sur le tranchant. De cette manière, le premier mouvement écrase les matières, et le second reporte sans cesse auprès de l’ouvrier toutes les parties du mortier qui s’en étaient : éloignées. T'antôt on se sert de moyens plus rapides et qui peuvent être très-variés. On peut, par exemple, placer le mortier dans une auge circulaire peu profonde, au centre de laquelle est un axe vertical, tournant au moyen d'un manége. Cet axe est traversé par des baguettes de fer horizontales qui divisent la matière, la sillonnent en tous sens, et en. mêlent toutes les parties. Il est pourtant néces-

saire de ramener de temps en temps vers la surface les portions qui sont tombées au fond de l’auge.

On conçoit que le résultat proposé, c’est-à-dire un mélange intime, pourrait s’obtenir par des procédés sans nombre parmi lesquels l’économie locale peut seule déterminer le choix. |

Ce mortier ainsi fabriqué sert à lier entre elles les diverses pierres ou briques des constructions ordinaires. Pourlappliquer on mouille la surface des pierres poreuses ou des briques, afin d'empêcher ces corps d'absorber trop rapidement l'humidité du mortier, et on applique ce dernier au

at, 39

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inoyén de la truelle. "On à soin dé placer un excès de mor: tiér dans l'intervalle remplir, püison comprime lés pièrres fer eures ‘ét voisines aû Te dè Fa nouvelle pierre; qui force l'excès de mortier à sortir ‘en RÉSSNT les ‘nter- . Vales bieh remplis.

1313. Supposons ina qu A tel mortier soit cab: mers, la chaux pure scra dissoute par l'eau, et le ‘sable resté pur se trouvera privé de tout moyen de liaison.

Supposons qu'il soit desséché rap: idement, toutes es molécules de chaux, si Ellés sont placées dans des circonstances Convenables, pourront absorber l'acidé carbontdue, mais le carbonate régénéré se trouvera dans ün état dc division tel, que le mortier h'aura rien gagné en ténas tité. En outre, l'absorption de l'acide carboïique sera très-fénte, ‘si la chaux est sèche.

‘Supposons enfin que le mortiér soit plus dans l'air, ais dû “1 soît mainténu humide, l'éau qu'il renferme se saturera de chaux, Celle“ci BASE Dérs l'acide carbonique ambiant, et il sé précipitéra du éarbonaté de chaux en péllicules sur Ts fragmens de sable ou sur les matériaux Vôisins, L'éa étant en Contact avec un excès de chaux en diséotidra toujours à resure que la précipitation du car | Pônate : S effectuera. La chats dù mortier Se transformerà dônié afnsi, peu à peu, én carbonate, non point pulvérus Yent, ‘maïs lämelléuk et peut-être cristallin. Ce carbonate

contractera avec le sable‘et les pierres voisins ne adhé: réhcé forte, analogue a cellé dès vernis APS l'oh applique sure bois.

The faudrait potitant pas croire que k de des mor- : tiers exposés à l'air, se sature d’acide carbonique. Une ex= pos itiôn dé phagtéts siècles est inême insuffisante pour cfa. En effet, le carbonate de Chaux déposé doit énvelopper cà et là quelques partiés de chaux vivé qui, $e trouvant ainsi incrustées, deviennent incapablés de réagir Sür l'acide carbonique de Pair,

‘Il suit de là que l'effet utile de la chaux doit rarement sé réaliser en entier. Aussi M; d'Afcet nous ap= prend-il que jamais il n’a trouvé la chaux des mortiers saturée d'acide carbonique ; quelque antiens qu'ils

fussent (1): Plus récemment M: John est arrivé au même résultàt par l'analyse exacte de divers mortiers âgés de deux cents à six cenis années: On remarque à cet égard ; comme on aurait dü s'y attendre, que l’absoryÿtion d’aeide carbonique ; d’abord très-rapide, se ralentit ensuite progtressivément, et finit par devenir presque nulle.

1514. Examinons maintenant quelles sont les conditions lés plus favorables à la consolidation des mortiers. Lä première sans doute consiste dans le contact de l’air qui doit leur fournir l’âcide tarbonique dont ils ont besoin. Ea seconde, non moins importante ; consiste dans la nécessité de l'ea pour mettre en dissolution tine partie de Ja chaux.

‘Oh: trouve une preuve bien éiidente de la nécessité du renouvellement de l'air, dans l'observation suivañte de M. John. Lorsqu'on démolit dernièrement, dit-il, uü des piliers de la tour de Saint-Pierre à Berlin ; bâti depuis eniron quatre-vingts ans et de vingt-éépt pieds dé diamètre, : on trouva le mortier de l’intérieur de la maçorinerie aussi frais que s'il n'avait été employé que depuis quelques jours; il aVait la saveur caustique et fortmait du lait de chaux avec l’eau: Cette observation est d’ ailleurs confit mée par unie expérience journalière:

D'un autre côté, nous pourrions én dire autaht dé ce qui concerne l'influence de leau, s'il n’existait à cet égard quelques préjugés qu'il importé de détruire. On pense ee un temps sec est plus favorable aux constractions qu’un temps pluvieux: C'est une question dont la solution dépend des doses et des conditions. Il faut que la

(1) Aer, de chi om ,t 7f5p 810,

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quantité d’eau soit insuffisante pour dissoudre toute la chaux, mais il importe qu’elle soit assez grande pour maintenir le mortier humide pendant quelque temps et pour dissoudre une petite portion de la chaux. Si Le temps est sec, arrosez le mortier avec de l’eauordinaire, ou mieux avec de l’eau de chaux; s’il est trop pluvieux, abritez-le autant que vous le pourrez, en ayant soin toutefois de le maintenir humide. ù

D'après l’ensemble de ces observations, on voit en outre que la qualité. du sable doit exercer une influence notable, Trop grossier, il divise peu la chaux; trop fin, il ne rend pas le mortier suflisamment poreux. M. Higgins (1) observe à cet égard que le sable fin est préférable au sable moyen, et ce dernier au caïilloutage. Mais il remarque en outre que le meilleur mortier résulte d’une partie de chaux pure ou d'une dose équivalente de chaux ordinaire, de trois de sable fin et de quatre de sable moyen. L’emploi du cailloutage ne lui semble utile que pour des fonds qui doivent être recouverts d’une-nouvelle couche dont ils facilitent l’adhérence.

1315. Terminons cette discussion par RENE d'une opinion récemment débattue. La chaux doit-elle être calcinée entièrement, ou bien convient-il d'en laisser une portion à l’état de carbonate? M. Higgins s'exprime positivement à cet égard, et regarde la chaux la plus pure comme la meilleure. M. John et la plupart des chimistes partageaient cette opinion. Îl paraît cependant qu’une calcination imparfaite ou une extinction lente à l'air donnent à la chaux des propriétés utiles.

Quant à la calcination imparfaite, elle donne des résultats bien remarquables. La craie, complétement dépouillée d’acide carbonique, donne naissance, par l’action de l’eau, à un hydrate qui ne fait jamais prise sous l’eau, tandis

(1) Ann. dechim. »t. 4, pag. 274.

: PIERRES À CHAUX. RCE". 2:

que la même substance, au moyen d’une calcination telle, qu’elle perde une portion seulement de son acide carbonique, donne un produit qui ne foisonne point par l’action de l’eau, et qui ne tarde pas à faire prise de la même manière que la chaux hydraulique. L’aiguille d’épreuve ne s'enfonce dans ces pâtes que de 0,8 de millimètre, tandis qu'elle pénètre indéfiinment dans l’hydrate ordinaire. En ce qui concerne l'extinction lente à l’air, son effet doit consister dans la transformation d’une partie de la chaux eu carbonate. Or cette chaux , employée par M. Vicat en concurrence avec de la chaux semblable mais rapidement éteinte, lui a donné des mortiers dont la tenacité était représentée par les nombres 15 pour la chaux ordinaire et 23 pour la chaux éteinte spontanément. Au bout de six ans, il a trouvé leur tenacité dans le rapport de 19 à 25. Ce sont des questions qui exigent encore des recherches spéciales, bien que les expériences de M. Vicat rendent son opinion très-probable.

Chigtse hydrauliques.

1316. On donne ce nom à toutes les chaux qui résistent à l’action de l’eau et qui ne possèdent pas la propriété de fuser quand elles sont humectées, mais qui pourtant à l’état de poudre absorbent ce liquide sans augmenter beaucoup de volume et sans produire beaucoup de chaleur, en donnant naissance à une pâte courte, qui placée sous l’eau durcit au bout de quelques jours. Cette pâte exposée à l'air y prendrait au contraire une consistance crayeuse et n’acquerrait qu'une ténacité très-faible.

Des propriétés aussi distinctes ont attiré dès long-temps l'attention des constructeurs et des chimistes. Onsavait que les Romains se procuraient de semblables chaux par un mélange de sable volcanique connu sous le nom de pouzzolane et de chaux ordinaire, On savait que le trass et le ba-

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