CHAPITRE XVI
Hydrates.
922. C'est ici le lieu de dire quelques mots des combinaisons que l’eau peut former avec les oxides métalliques. Proust, qui a attiré sur elles l'attention des chimistes , les a désignées sous le nom d’hydrates qui exprime bien qu nature. Aujourd’hui, l’on considère ces corps comme de véritables sels dans lesquels l’eau fait fonction d'acide.
Presque tous les oxides métalliques peuvent s'unir à A Les ire de potassium et de sodium que L eau
HYDRATES. 207 derniers, il s’en trouve même quelques-uns qui peuvent vraisemblablement se combiner avec ce liquide. |
923: L'union de l’eau avec les oxides métalliques présente tous les caractères des combinaisons chimiques ; en effet , elle s’opére souvent avec chaleur, et quelquefois même avec lumière; elle se fait en proportions définies, et souvent en plüsieurs proportions; enfin, les composés produits résistent dans plusieurs cas aux actions décomposantes les plus énergiques. Aïnsi , le protoxide de barium , mis en contact avec l’eau, absorbe ce liquide avec tant de force, qu’il devient incandescent. Dissous à chaud dans l’eau , il s’en sépare par refroidissement sous la forme de cristaux qui sont composés d’eau et de baryte. Ces cristaux perdent au feu une partie de leur eau, mais une chaleur rouge intense ne peut l'enlever en entier. Le résidu est un autre hydrate aussi bien défini que le premier.
924. Les hydrates sont tous solides ; ceux qui sont formés par des oxides blancs, sont blancs eux-mêmes ; ceux qui proviennent d’oxides colorés, sont aussi blancs quelquefois, mais ordinairement ils sont colorés. Leur couleur est presque toujours fort différente de celle de l’oxide qui les produit. A
925. Les hydrates sont tous décomposables par le feu, excepté ceux de potasse et de soude. L’hydrate de baryte même résiste à une température très-élevée; celui de strontiane se décompose plus aisément, mais il exige encore un bon coup de feu. Les hydrates des trois dernières sections se décomposent, au contraire, à une température trésbasse ; ainsi, l’hydrate de bioxide de cuivre qui est bleu, se défait et passe au noir, quand on le chauffe, même dans l'eau à 5o° ou 60° c. Les hydrates terreux sont aussi trèsfaciles à décomposer et ne peuvent être obtenus purs qu'a-, vec peine. Leur eau se dégage quand on essaie de les sécher ; cependant, quelques-uns de ces hydrates existent
dans la nature,
Trois bydrates, ceux de protoxide de fer, de protoxide de manganèse et de protoxide’ d'étain sont susceptibles d’une décomposition PR AE NE Quand on les chauffe, ils décomposent l’eau et s'emparent de son oxigène. Les deux premiers passent à l'état d'oxides salins. Le troisième se transforme en acide stannique. L’hydrogène se dégage.
926. Sous l'influence de la pile, les hydrates se comportent comme les oxides.
927. Lés corps, capables de décomposer l’eau, agissent toujours sur les hydrates, même sur ceux que la chaleur n'altère pas. Aïnsi, l'hydrate de potasse et celui de soude donnent avec le fer du gaz hydrogène et du potassium, à la chaleur blanche. Avec le charbon, ils produisent du gaz oxide de carbone, de l'hydrogène carboné et du potassium. |
928. Les acides décomposent toujours les hydrates, quand ceux-ci sont produits par des oxides basiques ou indifférens. Il se forme des sels, et l’eau est mise en liberté. De même, les bases détruisent les hydrates produits par des oxides acides. Il se forme encore des sels, et l’eau devient libre.
929. Les hydrates de la première section se préparent directement, excepté ceux de potasse et de soude. Les autres s'obtiennent presque toujours ,‘en traitant les sels formés par leurs oxides, au moyen d’un excès de potasse, de soude ou d'ammoniaque. Ces hydrates se déposent en flocons que l’on doit laver à froid, et que l'on sèche à l'air libre ou à la température de l’eau bouillante, quand ils peuvent la supporter.
Les acides métalliques hydratés peuvent s'obtenir quand ils sont insolubles, en décomposant un de leurs sels par des acides plus puissans.
En général, les hydrates les plus stables et les plus faciles à préparer sont ceux qui résultent de Punion d’un atome d’oxide avec deux atomes d’eau.
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