Comptes rendus, t. LXX, p. I.'IOO
à la température ordinaire. Clvez les mammifères, le sang se maintenait liqoide, dans ces condîtioDS, pendant quatre à cinqbeures, c'est-à-dire aussi longtemps que le cœur oonseratit son irritabilité.
Le sang des animaux à saDgfrmd se maintient liquide dans leur cœur pendant huit jours. Une goutte de ce sang aiaaî conserv'é se coagule à Tinstant même lorsqu'on l'extrait d» ecvoTr Si l'on introduit dans le corar ou dans un gros vaisseau de Tair, du mercure ou d'autres corps étrangers, le sang ne se coaguk qu*au contact immédiat de ces corps. Si l'on y introduit mi tube ouvert, les parois seules de ce tube se recouvrent d'une couche de fibrine.
Dans le môme ordre de faits, M. Virchow a fait voir que des corps étrangers introduits dans les vaisseaux vivants produisent autour d'eax la coagulation du sang.
On doit à Magendie et à M. BroMTi-Séquard une obserraliQO d'un autre ordre, mais qui a trait pareillement au sujet que nous traitons. Du sang déûbriné introduit dans un cœur de tortue exsangue, mais encore vivant, y acquiert bieatôt la pnqviété de se coaguler de nou\'eau. Ces expériences sont de nature à faire ressortir l'influence des parois des vaisseaux sur la noncoagulation du sang, mais elles n'apportent aucua éclaircissement sur les causes déterminantes du phénomène. Pourquoi le sang se coagule-t-il dès qu'il est extravasé? Pourquoi iie se coar gule-t-il pas dans les vaisseaux ? C est là ce qu*rl s'agirait d'ex* pliquer. On sait bien que la coagulation du sang n'est due ni à son état de repos, ni à son refroidissemeut, ni à l'actiou de l'air, ni à une perte d'acide carbonique ou d'une trace dCammoniaque; mais lorsqu'il s'agit «^indiquer la vraie cause du phénomène, on rencontre des difficultés qui ne paraissent pas résolues. On va s'en convaincre par re?q)osé suivant :
$ 119. Cause$de la coaguiëetioiu — Denis, auquel on ddN tant de découvertes en hématologie ^ admettait que le j^asma sanguin renferme une substance soluble, la plasmine, formée par l'union,
1. Bêchârchês expérinienialet sur le sa»d humain comidéré à Vétat ici«- Pttitf 1830. — Essai sur ^application dé la chimie à Véitték phyatiologiqui à^mKgék Vliomme et d fétud* pHysiologico-pof/iologique, hygiéniqtK et thér(^utiqu0 d$s maladies de celte humeur, 1838. — Mémoirs sur le saug, Ptoi», 1859, p. 32. --. C^^mj^tes rendus, t. XUÏ, XLVU, LH.
CAUSES DE LA COAGULATION. t83
en iHreporlioi» Tariables, de iîhrme concrète (insoluble), et de fibrine solubte. Le sangr étant soustrait à raction des vaisseaux, la ptasnine se dédovdole en se» deux éléments, en yertu de transformations isoniériques : en se déposant, la lîiMine concrèle donne Kcu au phénomène de la coagulation. Nous savons Inen que c'est le àéptifi de fihrine qui fait coaguler le sang, maïs Ke:^cation, donnée par Denis^ de ce dépôt, ne repose que sur nne hypothèse ; on ne connaît en effet ni la constitution de la plasnnne ni le» transformations isomériques qu'dle éfnroure- Fait en se dédoublant.
M. AI. Schmidt* a pris le contre-pied de cette h^-pothése en admettant que la fibrine qui se dépose dans le sang est formée de deux éléments o<n fadeurs, la »uh9tance fihrinogme et la nKt- Hère filfrapkutiqne ou paraglobuUne, contenus Tun et Pautre dans le sang et qui en se combinant hors des vaisseaux donneraient lieu à la formation et au d^t de la fibrine (voir page 92). Cette explication repose sur les faits suivants : 1° la formation d'un coagulum de fibrine lorsqn^on ajoute à du sérum, contenant de la paraglc^uline en excès, certains liquides séreux tels- que le liquide de l'hydrocèle qui renferme de la matière fibrinogène ; 2^ la formation d'un coagulum de fibrine lorsqu'on met en présence dans certaines conditions les deux générateurs de la fibrine préalablement isolé». Ces faits peuvent être invoqués en faveur de Phypothèse de la nature complexe de la fibrine ; mais ils constituent une présomption et non une preuve. Au reste, même en admettant Phypothèse, il resterait encore à expliquer pourquoi la combinaison de la matière fibrinoplastique et de la matière fibrinogène ne s'effectue pas dans le sang vivant. Cest ici que la théorie de M. A. Schmidt s'embarrasse. 11 admet que la matière fibrinoplastique, plus facilement oxydée dans le sang que la matière fibrinogène, y disparaît plus rapidement que Pautre. Conmient se fait-il alors que le sang défibriûé en renferme, et môme que le sérum en renferme encore un excès? De deux choses Pune, ou ces générateurs existent ensemble dans le sang; pourquoi dès lors n^y forment-
i. Ckmm$che9 Cetdrmlbémit, iWi, p.4&^Artki9 fêr Anat. ti.'P%«. 1861, p. 545 et 675. — Ibid. \m% p. 42S, ^'à. àrchiv fur pothiiioffitcke Ami., t. XXIX, p. 1.
ils pas de fibrine ? ou ils n'y existent pas ensemble ; alors comment se fait-il qu'on les trouve dans le sang extravasé? D y a là une difficulté. M. A. Schmidt Ta bien senti en proposant récemment une modification importante à sa théorie ^. Il admet aujourd'hui que les deux générateurs de la fibrine, incapables de se combiner directement, ne s'uniraient que sous l'influence d'un ferment (page 103). Ce ferment n'existerait pas tout formé dans le sang qui circule, mais prendrait naissance, après l'émission, aux dépens des éléments des leucocytes, ces derniers s'altérant rapidement, à moins que la température ne soit maintenue à O^".
Nous ne reviendrons pas sur ce sujet, et nous nous bornons à rappeler ici les objections que M. Olof Hammarsten a présentées contre la théorie des deux générateurs. D'après ce savant, il n'y en aurait qu'un, savoir : le fibrinogène coagulable à 55* ou 56*» d'après M. Frédéricq (page 103)*. Ajoutons seulement que, d'après des expériences de M. Frédéricq', la quantité de ûbrine que fournît une solution de fibrinogène par l'action du ferment spécial ne dépasse pas, et même n'atteint pas tout à fait, le poids de la matière que cette même solution fournirait par la coagulation à 56*. Ce fait semble exclure l'idée que la fibrine se forme par la combinaison du fibrinogène avee une autre substance.
S 120. Récemment MM. Mathieu et Urbain* viennent do proposer une nouvelle explication du phénomène de la coagulation, explication qui repose sur le fait suivant : lorsqu'on extrait les gaz du sang à l'aide de la pompe à mercure, en opérant sur deux portions, prises Tune avant et l'autre après la coagulation, la portion non coagulée fournit un excès notable d'acide carbonique. Ainsi, dans deux expériences, ces auteurs ont obtenu les résultats suivants:
10(K« lU* sang 100** de sang
conaerré h 3^'* donnent conservé à lO» donnent
Arant Ia Après U Arant la Après la
coagulation, coagulation, coagulation, ooagalatk».
CO» 48",0o 39<^S38 51*^,50 42«,50