Comptée rendus, L LX, p
S. Comptée rendue, t. LXXV, p. 231.
2*» M. Hoppe-Seyler * recommande le procédé suivant : Du sang défibriné est mélangé avec au moins iO fois son volume d'une solution de chlorure de sodium renfermant, pour 1 volume de solution saturée, environ \k volumes d'eau. On laisse reposer pendant 1 ou 2 jours dans un endroit frais, de manière que la plus grande partie des globules se dépose. On décante alors le liquide surnageant, on introduit le dépôt dans un ballon, on y ajoute Teau, dont il faut éviter un excès, puis une égale quantité d'éther, et Ton agite vivement : les globales se dissolvent. Après avoir décanté Téther, on Cltre rapidement, à la température de 0<', et Ton ajoute au liquide i/k de son volume d^alcool, pareillement refroidi à G'». On laisse ensuite reposer le tout pendant quelques jours à 0^ ou mieux à une température plus basse encore. Le liquide se prend en une masse cristalline.
Avec le sang de rat, de cochon d'Inde, d'écureuil, dechien,les cristaux d'oxyhémoglobine se forment avec une grande facilité pendant la filtration du liquide rouge renfermant la solution de globules ; une partie de ces cristaux peut rester sur le filtre. S'il en était ainsi, on les reprendrait avec une certaine quantité d'eau à 40® : le liquide filtré rapidement, refroidi à 0** et additionné du quart de son volume d'alcool froid, fournit une nouvelle cristallisation, lorsqu'on l'abandonne à une basse température.
Le procédé qui vient d'être indiqué est applicable à la purification d^s cristaux d'oxyhémoglobine bruts préalablement recueillis sur un filtre et débarrassés d'eau mère par l'expression.
3<» On peut retirer l'oxyhémoglobine du sang de chien, qu'il est assez facile de se procurer.
Pour cela, on laisse coaguler ce sang; on divise lecailloteton l'exprime à travers un linge ; on ajoute au sang défibriné quelques centimètres cubes d'une solution de 1 partie de bile cristallisée dans 3 parties d'eau. Au bout de 24 heures, on filtre et l'on ajoute au liquide filtré un cinquième de son volume d'alcool. On laisse reposer dans un endroit froid, on recueille les cristaux et on les lave d'abord à l'alcool faible et puis à l'alcool concentré (}N. Kûhne).
L Handbuch der Phys. u. Pathol. Chemischen Analyse, 4* éd., p. S51.
OXYHËHOGLOBINE. 30t
M. Hoppe-Seyier a indiqué un procédé encore plus simple. Le sang de chien défibriné est môle d'un égal volume d'eau; la solution rouge ainsi obtenue est additionnée d'alcool dans la proportion de 1 volume pour k volumes de sang étendu. Le tout est abandonné ■■ une température qui ne doit pas dépasser 0". Les cristaux séparés au bout de 24 heures sont recueillis sur un filtre, exprimés enire du papier et rediasous dans la plus petite quan'lilé possible d'eau à 25° ou 30'. La solution est de nouveau additionnée d'alcool et abandonnée à la cristallisation à une basse température.
k' S'agit-il simplement de former des cristaux d'oxyhém<%lobine dans une goutte de sang pour les observer au microscope, il convienl d'opérer de la manière suivante : on place une goutte de sang défibriné sur le porte-objet, on la laisse évaporer jusqu'à ce que les bords commencent à se dessécher; on dépose ensuite au centre une gouttelette d'eau et on couvre le tout avec la lamelle de verre. Le liquide déborde ainsi au delà de l'anneau d'abord formé, et les cristaux de sang ne tardent pas à se montrer.
S 132. Forme «t composition des criatanx d'ozyhémogloblne. — Ces cristaux sont microscopiques et constituent, à l'étal humide, une masse pâteuse d'une couleur rouge de cinabre. Sêchée au-dessous de 0°, cette masse se convertit en une poudre rouge brique. Lorsque la dessiccation a lieu au-dessus
OijbioiotlobiM telliis du Hng ds rbammo cl da celui d« H pliipin dai ciraiiorM.
de 0", la poudre prend une couleur plus foncée, due sans doute à une décomposition partielle
3ttS LE SANG.
Sous le microscope, les cristava d'oxyhémoglobine préseotenl des formes variées, appartenant à des syslëmes cristallins différents. Ceux du sang veineux de l'homme sont des prismes à quatre pans et se présentant souvent sous forme de rec- Ungles ou de rhombes allongés {fig. 8 et 9). Les cristaux do sang de chien forment généralement des prismes à 4 pans; ceux du sang de chat sont des tables rhomboldaies miaces, ou
des prismes à quatre pans, avec des faces terminales très obliques (fig. 9). Seuls, les cristaux du sang de dinde paraissent appartenir au système régulier. Ce sont des cubes rarement modiûés par des faces octaédriques. Les cristaux du sang d'écureuil {fig. 11) apparaissent comme des tables hexagonales. L'oxyhémoglobine du sang de rat et de cochon d'Inde cristallise en tétraèdres ou en octaèdres orthorhombiques (Qg. 10]; celle du sang d'oie en tables rhomboldaies très minces; les uns et les autres cristaux appartiennent probablement au système du prisme orthorhombique.
Les cristaux d'oiybémoglobine renferment de l'eau de cristallisation dont une partie se dégage par la dessiccation à 0*, dans une atmosphère séchée par l'acide sulfurique. Le reste de l'eau ne se dégage qu'à 110 ou 120°, en même temps que l'oxyhémo-, globine se décompose partiellement. La quantité d'eau de cristallisation que renferment les cristaux varie suivant letir forme et suivant la nature du sang d'où ils proviennent. Les anal^'ses
0XTHÉM06L0BINB 303
suivantes, dues à MM. C. Schmidt et Hoppe-SeylerS indiquent la composition de ces divers cristaux. L'eau de cristallisation y est rapportée à 100 parties de cristaux desséchés sous la machine pneumatique.
OZTBiMOOLOBIlfl OU lANO
Giriioiie
Hydrogène
Axote
Oqrgène...
Soute
Fer
Acide phosphorique.
de cochon
de
dechiezi.
d'oie.
d'Inde.
d'écnreuil.
dMfiL
Sl,84
OfiS
9,4 p. Vo
M. Hq>pe-Seyler pense que Tacide phosphorique trouvé dans les cendres des cristaux d'hémoglobine provient d'un mélange de nucléine.
S 133. Propriétés optiques des cristaux d'oxyhémoglo- Mue. — Ils présentent la double réfraction et sont polychroîques. Les cristaux eux-mêmes et leur solution montrent deux bandes d'absorption (fig. 12) situées entre les raies D et £ du spectre solaire et séparées par une bande lumineuse colorée en jaune verdâtre.
Ainsi, lorsqu'on fait tomber sur le prisme du spectroscope un faisceau de lumière qui a traversé une solution d'hémoglobine, on obtient un spectre incomplet; l'extrémité rouge de ce spectre est la plus lumineuse. Au delà de la raie D, on remarque les deux bandes d'absorption a et p qui viennent d'être mentionnées et qui, si la solution d'oxyhémoglobine n'est pas trop concentrée, sont séparées par une bande lumineuse d'un jaune verdâtre. Ainsi D étant à la division 80 de l'échelle du micromètre, la bande a s'étend de 81 à 87; la bande p, moins sombre, va de 93 à 105. Au delà du Vert, la partie bleue et violette du spectre est peu apparente et ne commence à s'illuminer que lorsque la solution d'oxyhémoglobine est très diluée, lorsqu'elle