PLASMA
d'opérer comme nous l'avons indiqué page 289. On réussit sonvent à obtenir on volume de plasma égal à la moitié de celui du sang. Ce procédé n'est pas applicable au sang d'homme, de bœuf, de mouton, de lapin, etc. Toutefois il peut fournir une petite quantité de plasma avec du sang humain, dans les cas de maladies inflammatoires ou d'hydrémie (page 377).
Lorsque, à l'exemple de Denis, on retarde la coagulation du sang en y ajoutant soit du sulfate de soude, soit une solution de chlorure de sodium ou de chlorure de calcium (page 280), on peut, de môme, séparer le plasma des globules, soit par décantation, soit par ûltration. Mais l'addition de sels étrangers exerce une certaine influence non seulement sur la composition du plasma lui-môme, mais encore sur celle des globules.
Le plasma pur de cheval constitue un liquide alcalin d'un jaune ambré un peu visqueux, mais non ûlant, qu'on peut décanter facilement d'un vase refroidi dans un autre ou môme filtrer à 0*", quoiqu'il ne passe que lentement. A quelques degrés au-dessus de 0®, il se coagule et se convertit d'abord en une gelée transparente qui se rétracte peu à peu et devient opaque en expulsant le sérum (page 280).
Le plasma humain présente les mômes caractères que celui du sang de cheval. Sa densité moyenne est de 1,027 à 1,028. D'après Denis, le plasma renferme une substance spontanément coagulable qu'il a désignée sous le nom de plasmine. Nous complétons ici 'les indications que nous avons données sur ce corps (page 92).
Lorsqu'on reçoit du sang, au sortir de la veine, dans une éprouvette dont la septième partie environ est occupée par une solution concentrée de sulfate de sodium, qu'on môle, et qu'on abandonne le tout dans un endroit frais, le sang ne se coagule pas et les globules se déposent. Le plasma étant décanté, si Ton y ajoute peu à peu de petites quantités de sel marin en poudre, tant qu'il peut s'en dissoudre, le tout prend bientôt l'aspect d'une crème claire remplie de grumeaux. On recueille ces derniers sur un ûltre, et on les lave avec une solution saturée de sel marin. Il reste sur le filtre une masse molle formée de granulations amorphes. C'est la plasmine de Denis. On la sèche en la déposant sur du papier buvard et en l'exposant dans le vide.
Délayée, encore humide, dans de l'eau salée, la piasmine s'y dissout d'abord, mais au bout de 5 à 15 minutes cette solution se coagule spontanément en donnant un caillot incolore. Lorsqu'on comprime le coagulum dans un nouet de linge, il passe un liquide qui renferme, indépendamment du sel, une substance albuminoïde soluble, analogue, d'après Denis, à la fibrine dissoute dans le sel marin. Il désigne cette matière sous le nom de fibrine pure dissoute. Quant au coagulum qui reste dans le nouet, il présente, d'après l'auteur, tous les caractères de la fibrine modifiée par l'action de l'eau bouillante: c'est la fibrine concrète. Cette dernière substance se séparerait du sang pendant la coagulation de ce liquide, l'autre substance, c'est-à-dire la fibrine soluble restant en dissolution dans le sérum. La coagulation du sang serait la conséquence do dédoublement spontané de la piasmine en ces deux substances isomériques entre elles et avec la piasmine. Nous avons déjà présenté quelques objections contre cette théorie qui parait peu satisfaisante. Autant vaudrait dire que le plasma renferme une substance spontanément coagulable, la piasmine, qui devient fibrine en se coagulant, car rien ne prouve que le sérum tient en dissolution l'autre produit du dédoublement de la piasmine, la fibrine soluble. Comment séparer et distinguer cette substance des autres matières albuminoïdes du sérum ? Et cela serait pourtant nécessaire, car, d'après Denis, H»', 39 de piasmine qui existent dans 1,000 grammes de sang donneraient 2^,2 de fibrine concrète (c'est, en effet, le chiffre de la fibrine) et 12 grammes environ de fibrine dissoute, proportion qui atteindrait le sixième environ de la masse totale des matières albuminoïdes contenues dans le sérum.
Nous ne reviendrons pas ici sur l'opinion de C. Schmidt concernant les causes de la coagulation et l'existence dans le plasma de deux matières qui en se combinant formeraient la fibrine. Nous savons que le fait sur lequel ce physiologiste distingué appuie son opinion est exact et nous avons fait voir dans nos cours le coagulum floconneux que détermine l'addition du liquide de l'hydrocèle à du sérum du sang ; mais il nous a paru difficile de confondre ce coagulum avec cette matière concrète, fermé, élastique qui constitue la fibrine, A ce sujet, nous devons pourtant rappeler une ancienne expérience de