‹ Traité de chimie biologique (volume 2)Chapitre 162 sur 452 · ACTION DES GAZ SUR LE SANG · texte numérisé non relu

ACTION DES GAZ SUR LE SANG

Les alcalis caustiques convertissent le sang en une gelée épaisse d*un brun foncé, les globules étant gonflés et détruits.

§ 150. Action des gaz sur le sang défibriné. — Les gaz naturellement contenus dans le sang, Toxygène, l'azote, le gaz carbonique, n'y sont point contenus en quantité telle qu'on puisse considérer le liquide comme étant saturé de ces gaz.

Lorsqu'on agite du sang dans une atmosphère d'oxyghne, on le voit prendre une couleur rutilante ; en absorbant une portion de ce gaz, il acquiert les caractères du sang artériel. Nous savons que ce sont les globules qui fixent l'oxygène. Ce fait important a été d'abord établi par une expérience de M. Fernet *. Ce savant a montré que tandis qu'un volume de sérum n'absorbe que 0''°',00117 d'oxygène, à 16°, un volume de sang défibriné en absorbe, dans les mêmes conditions, 0^®*,0958. On doit à M. Hoppe-Seyler Tinterprétation précise de ce fait : l'oxygène se fixe sur l'hémoglobine pour former une combinaison peu stable, l'oxyhémoglobine.

D'après des expériences plus récentes de M. Gréhant, 100 centimètres cubes de sang tiré de l'artère carotide d'un chien à jeun absorbent 31«,8 d'oxygène et 27 centimètres cubes d'oxyde de carbone. 100 centimètres cubes de sang des veines sushépatiques absorbent 30 centimètres cubes d'oxygène et 26 centimètres cubes d'oxyde de carbone. Les mêmes expériences ayant été répétées sur un chien en état de digestion, on a trouvé que 100 centimètres cubes de sang du cœur droit absorbent 27,17 centimètres cubes d'oxygène et 17,53 centimètres cubes d'oxyde de carbone, tandis que 100 centimètres cubes du sang des veines sushépa tiques n'absorbent que 17,17 centimètres cubes d'oxygène et Û,45 centimètres cubes d'oxyde de carbone.

Ces expériences démontrent que le pouvoir absorbant du sang des divers vaisseaux pour l'oxygène et l'oxyde de carbone est variable, ces variations étant liées peut-être à des différences dans la quantité d'hémoglobine que renferment ces divers sang». Elles paraissent démontrer que le sang des veines sushépatiques renferme moins d'hémoglobine que le sang de la

\. ùu rôle des principaux éléments du sang dans Vabsorption ou le dégagement des gai de la respiration, Paris, 1808.

ut LE SANG.

contenus à Pétai de dissolution et à l'état de combinaison. Aussi le coefficient d'absorption du sang pour Poxygène et pour l'acide carbonique est-il très différent de celui de l'eau pour les mêmes gaz; d'un autre côté, leur dissolution dans le sang ne suit pas exactement la loi de Dalton : les quantités dissoutes ne croissent pas proportionnellement à la pression. Toutefois celle-ci exerce une certaine influence, car la soustraction absolue de cette pression laisse dégager la plus grande partie de l'oxygène et du gaz carbonique que le sang renferme. Cest en exposant le sang dans le vide parfait de la pompe à mercure que l'on en dégage les gaz. L'expérience est délicate, et ce n'est qu'à la suite de longues recherches qu'on est parvenu à la faire correctement.

On savait dès le xviu* siècle que le sang perd du gaz dans le vide. H. Davy avait réussi, en 1799, à extraire du sang, par l'action de la chaleur, de l'oxygène et de l'acide carbonique. Après lui, d'autres savants se sont occupés du môme sujet, qui n'a été traité avec quelque succès qu'en 1837, par Magnus^ Ce physicien s'est ser\i de deux méthodes pour expulser les gaz du sang. La première consistait à les déplacer par un courant d'un gaz inerte tel que l'hydrogène; la seconde, à recueillir le sang dans un vase plein de mercure, qu'on mettait ensuite en communication avec un autre vase vide d'air dans lequel s'écoulaient les gaz dégagés.

Les résultats obtenus parMagnus n'étaient pas entièrement corrects. M. L. Meyer les a complétés et rectifiés en partie. II faisait passer le sang de la carotide d'un chien dans dix à vingt fois son volume d'eau bouillie, faisait le vide en même temps qu'il portait à 40® la température du sang étendu d'eau. 11 dégageait ainsi de l'oxygène et une partie de l'acide carbonique. Le reste de ce gaz, qu'il considérait comme combiné avec l'alcali du sérum, était expulsé, après l'addition d'une certaine quantité d'acide tartrique, par une nouvelle exposition dans le vide. M. L. Meyer* a obtenu ainsi les résultats suivants :

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