Confies rendus, t. LXXU, p
WÛATZ. — BIOL.
Quantités d'hémoglobine contenues dans 100 p.
de sang. Obtervatean.
Diabète (sujet gras) 15,4 Quincke.
Diabète (jeune fille) 14,4 Quiocke.
Diabète Qcune fille) 1 1,37 Subbotin.
Diabète fjeune fille) 10,90 Subbotin.
( iO,l
Fièvre typhoïde 11 f/ Quinquaud.
' 12i5 Fièvre typhoïde, l""*" semaine... 12,9
Fièvre typhoïde, l*"*^ semaine... 12,7 ) Quincke.
Fièvre typhoïde, !»"• semaine... 14,6
1" degré. 2* degré. 3* degré.
-w. u , lljO 10,6 6,2 f ^ .
Granulie j 9*7 Quinquaud.
Sclérose de la moelle j 9,6 Quinquaud.
Cancer de l'estomac j .^ Quinquaud.
Maladie de Putt I 6,7 Quinquaud.
Dans les maladies que nous venons d'énumérer, la proportion d'hémoglobine, et aussi celle des globules, ont éprouvé une diminution plus ou moins notable : il en est toujours ainsi dans les affections chroniques où l'organisme s'affaiblit, où la nutrition languit. Au contraire, dans un grand nombre de maladies aiguës ou d'états pathologiques n'altérant point la nutrition, le chiffre des globules n'est pas diminué, et peut même présenter de légères augmentations. Il en est ainsi dans l'épilepsie, dans l'angine de poitrine, dans l'hémorrhagie cérébrale, dans la méningite, dans l'intoxication aiguë par le phosphore. Ajoutons 4::{ue dans un grand nombre de maladies les globules
éprouvent des déformations plus ou moins . grandes ; quelquefois ils augmentent de volume comme dans la maladie d'Adr dison (Gubler), dans la cyanose d'origine cardiaque (Vulpian), dans Tempoisonnement saturnin (Malassez). M. Hayem fait remarquer que le sang des anémiques, toujours très riche en globules nains, renferme en même temps des globules plus volumineuxqueceuxdu sang normal et qu'il qualifie de géants. Leur diamètre atteint en moyenne 10 à 12 millièmes de millimètre *. D'un autre côté, le nombre des leucocytes augmente considérablement dans la chlorose, la leucocythémie, la pyémie, la fièvre puerpérale.
On a observé dans un grand nombre de maladies des variations dans les proportions de fibrine et d'albumine contenues dans le sang.
La fibrine augmente dans les maladies inflammatoires. MM. Andral et Gavarret, qui ont découvert ce fait important, ont vu le chiffre de la fibrine s'élever de 3 à 9, 10 et même 11 pour 1000 dans certains cas de rhumatisme articulaire aigu, de pneumonie, etc. Dans d'autres afl'eclions, telles que certaines formes d'anémie, la période d'invasion du scorbut, etc., la proportion de fibrine tend pareillement à s'élever. Pour interpréter ce fait, il faut tenir compte d'une observation de Nasse, d'après laquelle la fibrine augmente à la suite d'une alimentation insuffisante.
La proportion de serine diminue dans une foule de maladies. 11 en est ainsi dans les maladies inflammatoires, dans la période avancée de la fièvre typhoïde, le scorbut, la fièvre paludéenne, la fièvre puerpérale, la dyssenterie, la maladie de Bright et dans les hydropisies œdémateuses. Dans ce dernier cas, les sérosités albumineuses déposées dans les tissus ou dans les cavités entraînent naturellement une certaine quantité d'albumine. Dans la maladie de Bright, on sait que l'albumine passe directement du sang dans les urines.
L'albumine augmente dans le sang des cholériques. Elle augmente aussi après les évacuations abondantes que produit l'usage des purgatifs drastiques. On a constaté une augmenta-
1. Hayem, Recherches sur Vanatomie normale et pathologique du sang.
tion des matières grasses et notamment de la cholestérine , dans la premiùre période des maladies inflammatoires. Le même phénomène se produit dans le choléra, dans les affections chroniques du foie, dans Tictère grave, dans Tabuminurie, dans la tuberculose, etc.
Dans la fièvre puerpérale et dans le scorbut, on a signalé une augmentation des matières extractives du sérum.
Vitrée augmente dans le sang des individus atteints d'albuminurie, de choléra, de diabète et, d'après M. Picard, d'affections fébriles, de fièvre pernicieuse, d'anémie; l'augmentation est très notable dans l'albuminurie et dans le choléra, mais les chiffres donnés par l'auteur * paraissent trop élevés en raison de la méthode un peu sommaire qu'il a employée pour le dosage de l'urée.
M. Garrod a dosé Yacide uriqm dans le sang d'individus atteints de diverses affections. Le sang des goutteux en est très riche, si bien qu'il suflit de faire coaguler le sérum, de filtrer, d'aciduler légèrement la liqueur, et de plonger quelques fils dans la capsule qui la renferme pour voir l'acide urique se déposer du jour au lendemain.
Dans les cas de diabète, on constate que la proportion du sucre est légèrement augmentée dans le sérum.
Les seh et particulièrement les sels alcalins augmentent dans le sang des individus atteints d'exanthèmes aigus, de typhus, de fièvres pernicieuses, de fièvre typhoïde, de dyssenterie, d'hydropisies diverses, de scorbut.
La proportion des sels diminue au contraire dans les cas de phlegmasies aiguës et dans le choléra.
Après avoir indiqué les variations des divers éléments du sang, il nous reste à donner quelques indications spéciales sur la composition du sang dans certaines maladies déterminées. Sans vouloir traiter à fond ce sujet qui est plutôt du ressort de la pathologie, nous mentionnerons ici quelques maladies ou états pathologiques où la composition du sang subit des changements bien caractérisés.
§ 158. Sang dans les phlegmasies. — Dans les maladies inflammatoires et particulièrement dans le rhumatisme articu-
i. J. Picard, Thèses de Strasbourg, 1856, p. 46 et suiv.
laire aigu, la pleurésie, la pneumonie, la composition du sang subit une altération marquée. La proportion de fibrine augmente notablement et varie entre 4,8 et môme 10 p. 1,000 de sang^ Elle croît et décroît à peu près proportionnellement à rintensité de la fièvre. A mesure que la maladie se prolonge, le sang s'appauvrit en globules et en hémoglobine; en même temps on constate une diminution dans les matières albuminoïdes du sérum. Ces résultats sont déduits d'un grand nombre d'analyses, mais, à part l'augmentation constante de la fibrine, les indications relatives aux autres matériaux ne présentent rien de caractéristique, par la raison que les saignées et la diète prolongée peuvent exercer une influence dont il est nécessaire de tenir compte. Dans la pneumonie, on a signalé une augmentation notable des globules blancs, circonstance qui est peutêtre en rapport avec l'augmentation de la fibrine.
En tout cas, les globules blancs paraissent jouer un rôle dans le processus^ inflammatoire, lis s'attachent aux parois des capillaires et des premières veinules, diminuent le calibre de ces vaisseaux, ralentissent le cours du sang et l'afflux de l'oxygène et peuvent même passer au travers des parois des vaisseaux (Wanderzellen).
Cottenne. — Dans les maladies inflammatoires, particulièrement dans le rhumatisme articulaire aigu et dans la pneumonie, le sang présente, après la coagulation, une apparence particulière : il est couenneux, c'est-à-dire que la surface du caillot est décolorée. La couenne se produit par suite de la plus grande facilité avec laquelle les globules se déposent dans le plasma. Au moment où ce dernier se prend, sa surface est déjà débarrassée de globules. Les mailles de fibrine ne peuvent donc plus enlacer ces derniers : elles n'emprisonnent qu'une certaine quantité de sérum. De là, la décoloration que présente la surface du caillot.
On peut se demander pourquoi les globules se déposent plus facilement dans ce plasma riche en fibrine. Ce phénomène peut être dû à plusieurs causes : 1° à un retard dans la coagulation du sang, retard provoqué peut-ôtre par un état
1. Andral et Gavarret, Ann. de chim. et de phys., 2' série, t. LXXV, p. 227. 1840.
Fièvres intermittentes. — Dans le début des fièvres intermittentes, on a signalé une diminution de globules dont le poids peut descendre à 86 p. dans 1000 p. de sang. Dans la période de réaction, Peau étant éliminée en abondance par la transpiration, c'est la proportion du plasma qui diminue, et celle des globules se relève, non pas d'une manière absolue, mais par rapport au plasma.
On remarque souvent dans ces affections le passage d'une certaine quantité d'albumine dans les urines. Lorsque la maladie se prolonge ou se complique d'accidents graves, les globules diminuent et se détruisent en partie. L'hémoglobine altérée passe dans le plasma sous forme de particules amorphes, constituant un pigment très foncé. Ce dernier peut encore se déposer dans divers organes, dans les ganglions, le cerveau, le foie, et peut même pénétrer dans les leucocytes. Cette altération particulière du sang a reçu le nom de mèlanèmie.
S 160. Fièvres graves. — Les nombreuses analyses qui ont été faites sur le sang d'individus atteints de fièvre typhoïde, de typhiis, n'ont pas signalé de changements importants et caractéristiques dans la composition de ce sang. Au début de la fièvre typhoïde, on avait signalé une augmentation dans la proportion des globules, mais cette assertion n'a pas été confirmée.
Avec la durée de la maladie, le chiffre des globules s'abaisse, surtout dans les cas graves, où il peut descendre à 86 pour 1000. En môme temps les globules se déforment. On constate aussi une diminution notable du chiffre de la fibrine (0,9 pour 1000 au lieu de 2,7). Le sang, ainsi appauvri en fibrine, se coagule difficilement et reste souvent fluide. Ajoutons que M. Tigri* a signalé la présence de bactéries dans le sang d'un homme mort d'une fièvre typhoïde. D'un autre côté, MM. Coze et Feltz ont vu des bactéries se développer dans le sang de lapins inoculés avec du sang d'iiommes atteints de fièvres t\phoïdes. Toutefois la présence de ces ferments dans le sang ne constitue pas un caractère spécifique de la fièvre typhoïde. De plus, M. Robin a fait remarquer qu'ils n'apparaissent dans le