Hoppe Seyler. PUysiol. Chemie, p. rj
kl6 LA RESPIRATION.
Dans trois autres séries d'expériences, il a fait varier la profondeur des «inspirations, c'est-à-dire le volume de Tair inspiré, mais en cherchont à maintenir, autant que possible, ce volume constant dans les expériences individuelles de chaque série.
Nombre des inspirations
Prôporiioo iTadde
par
minate.
Volume de Tair
expiré.
carbonique eu loo vol
Ces résultats sont sans doute approximatifs, mais tels qu*i sont ils permettent de calculer le volume de Tair et la quantité d'acide carbonique expirés par minute, dans les conditions qui viennent d'être indiquées (voirie tableau de la page 455).
L'air expiré après une pause de la respiration contient pareillement une plus forte proportion d'acide carbonique, ainsi qu'on pouvait s'y attendre. Vierordt a trouvé jusqu'à 7,44 pour 100 d'acide carbonique dans l'air expiré après une pose de 60 secondes. L'haleine peut être retenue plus longtemps encore, après une forte inspiration. Au bout de 100 secondes le môme physiologiste a trouvé dans Tair expiré 8,06 pour 100 d'acide carbonique.
La proportion de ce gaz dans l'air expiré varie suivant d'autres conditions : l'augmentation de la pression et l'élévation de la température la feraient baisser d'après Vierordt. Elle augmenterait après le repas et par le fait de l'exercice. Elle varierait aussi suivant les heures du jour. Mais il est à remarquer que la donnée importante à établir, dans ce genre de considérations, ce n'est pas tant la proportion d'acide carbonique contenue dans l'air expiré, que la quantité d'acide carbonique exhalée dans l'unité de temps. Il faut considérer, en outre, que la méhode qui consiste à recueillir dans des gaxo-
mètres l'air expiré, n'est pas à Tabri de tout reproche. Dans ces appareils ou môme dans les compteurs à gaz dont on s'est servi pour ce genre d'expériences, les gaz expires sont en contact avec l'eau. De plus, le léger effort qu'il faut faire pour pousser l'air expiré dans ces réservoirs impose une certaine gène qui peut influer sur les résultats. Il est donc plus sûr d'employer pour ces recherches les méthodes quantitatives que nous ferons connaître plus loin.
g 189. Composition de Tair alvéolaire. —Les données que nous possédons sur la composition du résidu de l'air dans les alvéoles ne sont pas concordantes. Il semble, comme nous l'avons dit plus haut, que cette composition doive se rapprocher de celle de l'air qui est exhalé à la fin d'une expiration (page 415). Or, il résulterait des expériences de MM. Paul Bert et Gréhant, que la teneur de l'air alvéolaire en acide carbonique et, par conséquent^ la tension partielle de ce dernier est sensiblement supérieure à celle de l'acide carbonique dans Tair expiré.
M. Paul Bert a recueilli l'air des alvéoles en mettant rapidement la trachée-artère d'un chien en communication avec an flacon de trois litres et demi de capacité, dans lequel il ivait fait le vide L'air résidual ainsi recueilli renfermait :
Azote «0
Oxygène 12
Acide carbonii|iie K
ion
M. Gréhant s'est servi d'une autre méthode pour déterminer [a composition de Tair alvéolaire ; ayant fait une inspiration de 500 centimètres cubes d'hydrogène, il fît l'expiration en deux temps, recueillant et analysant la seconde partie du gaz expiré. Ce gaz renfermait :
Azote 68,2
Oxygène l L2
Acide carbonique 7.5
Hydrogène 13j I
Remplaçant, dans le calcul, les 13'%1 d'hydrogène par 13 wuRn. — BioL. 27
d'air dont ils tiennent la place et qui renferment 2**,7 d'oxygène et 10''%4 d'azote, M. Oréhant a pu attribuer à l'air alvéolaire la composition suivante :
Azote 78.6
Oxygène .. 13,9
Acide carbonique 7.5
Il est à craindre que la proportion d'acide carbonique trouvée par M. Gréhant, et à plus forte raison celle qu'indique M. Paul Bcrt, ne soient trop élevées, parla raison que l'afflux d'air pur étant suspendu au moins pendant une inspiration, il est possible que l'air alvéolaire dégagé par l'expiration se soit appauvri en oxygène et enrichi en acide carbonique par suite d'une gêne momentanée delà respiration. Par contre, les expériences de MM. Wolffberg* et Nussbaum* ont certainement donné, pour la teneur de l'air alvéolaire en acide carbonique, un chiffre trop bas. La méthode employée par ces derniers expérimentateurs consiste à introduire par une fistule de la trachée, dans une ramification bronchique, une canule construite sur le modèle de celle qu'a décrite M. Tarnier, et sur laquelle est fixé par deux ligatures un tube de caoutchouc portant un ajutage latéral. En soufflant dans ce dernier, on pouvait gonfler la partie du tube de caoutchouc engagée dans la voie aérienne de façon à boucher celle-ci, tandis que le reste du poumon respirait librement. Au bout d'un temps déterminé on recueillait par le tube de caoutchouc l'air ainsi intercepté dans le poumon et on l'analysait. Les expériences qui ont été faites sur de grands chiens ont donné les résultats suivants: la proportion moyenne d'acide carbonique dans l'air alvéolaire serait, d'après M. Wolffberg, de 3,56 pour 100. Cette teneur représente aussi la tension partielle de l'acide carbonique en centièmes d'atmosphère, tension qui est d'ailleurs exprimée par une colonne de mercure de 27,07 millimètres. M. Nussbaum a trouvé une teneur en acide carbonique de 3,84 pour 100, ce qui répond à une tension partielle de 29,18 millimètres. Ces chiftres me paraissent être trop bas.
I. Arcltiv fiir die gesafnmie Physiol.j t. IV. p. kùb, et t. VI, p. 23. '2. lbid,y t. VU, p. 2%.
La proportion centésimale d'acide carbonique dans Tair alvéolaire, ou, ce qui revient au même, sa tension partielle en centièmes d'atmosphère ne saurait être moindre que la proportion d'acide carbonique dans Tair expiré, et nous avons vu plus haut que la proportion de ce gaz dans cet air atteint en moyenne 4,38 pour 100.
g 190. Exhalation et absorption d'azote. — Ya-t-il exhalation ou fixation d'azote dans Téconomie, ou bien le sang et les poumons restituent-ils à l'atmosphère exactement la quantité d'azote qui est absorbée? Cette question a été longtemps agitée et semble résolue par les expériences de M. Boussingault d'une part, par celles de MM. Regnault et Reiset de l'autre. D'après M. Boussingault*, une tourterelle nourrie au millet exhale en 24 heures environ 0"S126 d'azote, c'est-à-dire le centième du volume d'acide carbonique expiré. MM. Regnault et Reiset ont conclu de leurs nombreuses expériences que des animaux à sang chaud soumis à un régime normal exhalent généralement une petite quantité d'azote, quantité qui ne dépasse jamais et qui n'atteint souvent pas un cinquantième de la quantité d'oxygène absorbée. Plus récemment M. Reiset * a trouvé que les moutons exhalaient par jour de 5 à 8 grammes d'azote, les veaux de 6 à 7 grammes, les cochons environ 4 grammes et les dindons 2 grammes. Il est à remarquer que dans ces expériences qui ont été faites dans des appareils analogues à celui qui sera décrit plus loin, l'azote exhalé pouvait provenir du poumon, de la peau et môme du canal digestif.
M. W. MûUer'* a confirmé de son côté les expériences de MM. Regnault et Reiset, en constatant l'exhalation d'une petite quantité d'azote dans des expériences faites sur des lapins.
Plus récemment, MM. J. Seegen et J. Nowak* sont arrivés à cette conclusion que chez les lapins, les chiens, les poules, les pigeons, une portion de l'azote provenant de la destruction