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un second gazomètre de même dimension. C'étaient des gazomètres à eau. Pour empêcher autant que possible l'absorption de l'acide carbonique par cette eau, on avait placé à la surface de celle-ci soit des flotteurs en liège, soit une couche d'huile, précaution utile sans doute mais insuffisante. L'air du second gazomètre était analysé.
g 192. Méthode de HH. Regnault et Reiset. — Cette méthode ne laisse rien à désirer, en ce qui concerne la rigueur des déterminations. Eu voici le principe en deux mots. Les animaux respiraient dans une atmosphère limitée dans laquelle l'acide carbonique formé par la respiration était absorbé sans cesse et remplacé par un volume égal d'oxygène. Ils étaient renfermés dans une cloche de verre tubulée (fig. 21), mastiquée hermétiquement sur un disque. Ce dernier portait au centre une ouverture assez grande pour que l'animal pût y être introduit facilement, et cette ouverture était ensuite fermée au moyen d'un obturateur boulonné. L'animal reposait sur un petit plancher à claire-voie et en bois. La cloche était enveloppée d'un manchon de verre mastiqué dans une seconde rainure que portait le disque. Ce manchon était rempli d'eau que l'on maintenait à une température constante pendant la durée de l'expérience. Par sa tubulure, garnie d'une monture métallique, la cloche elle-même était en contact, d'un côté avec un système de deux pipettes communiquant l'une avec l'autre, par le moyen d'un tube de caoutchouc vulcanisé. Ces pipettes, à moitié remplies de potasse caustique, représentaient deux vases communiquants et pouvaient s'élever et s'abaisser alternativement au moyen d'un balancier mis en mouvement par une petite machine.
En s'élevant, l'une des pipettes laissait échapper la potasse dans l'autre, et le liquide qui s'écoulait par le tube en caoutchouc était remplacé, dans la première pipette, par le gaz expiré; ce dernier y était appelé par un tube établissant une communication entre la partie supérieure de cette pipette et la cloche elle-même. Au contact de la potasse le gaz se dépouillait d'acide carbonique et rentrait dans la cloche, au moment où la pipette, s'abaissant de nouveau, recevait la potasse de l'autre entrain de s'élever à son tour. Par ce mouvement alternatif d'é-
lévation el d'abaissemcal l'almosphère de la cloche était incessammenl el rapidement appelée dans les pipettes et s'y dépouillait complètement du gaz carbonique produit par û respiration. Mais par suite de la disparition de l'acide carbonique, ou plutAt de l'oxygène absorbé par l'animal, la tension de l'air dans la cloche devait diminuer rapidement et il était nécessaire de remplacer l'oxygène disparu. Pour cela, lacloch« était mise en contact par un tube avec un réservoir d'oxygène dans lequel ce gaz était maintenu à une pression constante. Ce réservoir était un grand ballon (on se servait dans Ick
expériences de trois ballons semblables, comme le montre li figure SI), compris entre deux tubulures, l'une inférieure, l'autre supérieure. Ce ballon était d'abord rempli d'une solution de chlorure de calcium, puis d'oxygène pur, qui y pénétrait par ta tubulure supérieure, en môme temps que la solution de chlorure de calcium s'écoulait par l'inférieure. Rempli d'oxygène, le ballon était mis en communication : I* par la tubulure supérieure, avec l'almosphère de la cloche, non pas directement, mais par l'intermédiaire d'un petit ballon laveur renfermant une solution de potasse à travers laquelle l'oxygène barbotait bulle par bulle; S° par la tubulure inférieure et par le moyen d'nn tube doux fois recourbé avec un réservoir sup*-
rieur rempli d'une solution de chlorure de calcium ; ce liquide y dont le niveau était maintenu constant, communiquait librement par ce système de tubes avec la solution de chlorure de calcium restée dans le ballon. L'oxygène du ballon était ainsi soumis à la pression de Tair, augmentée de celle d'une colonne de solution de chlorure de calcium, égale à la différence de hauteur de cette solution dans le ballon à oxygène et dans le réservoir supérieur. Qu'arrivait-il donc, lorsque la pression de Tair venait à diminuer dans la cloche? L'oxygène, qui supportait une pression supérieure dans le ballon était appelé dans la cloche et s'y rendait après avoir traversé bulle à bulle le ballon laveur, et cet oxygène qui disparaissait du ballon y était remplacé par un volume égal d'une solution de chlorure de calcium, qui descendait du réservoir supérieur maintenu toujours plein.
Ainsi l'animal ne cessait de respirer dans une atmosphère renfermant, à peu de chose près, la proportion normale d'oxygène, et la consommation de ce gaz, ainsi que la quantité d'acide carbonique, pouvaient être évaluées rigoureusement. .l)*uu autre cdté, l'acide carbonique seul disparaissant de cette atmosphère, on pouvait découvrir et doser les petites quantités de gaz non absorbables par la potasse, tels que azote, hydrogène carboné, hydrogène libre, que l'animal versait dans cette atmosphère par les voies respiratoires ou digestives, et qui s'y accumulaient pendant tout le temps de l'expérience.
Tels étaient les avantages de cette ingénieuse méthode. Les inconvénients résident dans l'accumulation de la vapeur d'eau et de divers produits odorants de la perspiration, conditions qui devaient apporter, au bout de quelque temps, une certaine gène dans la respiration.
Ajoutons que dans les expériences citées plus haut, M. Reiset s'est servi d'un appareil construit sur le principe de celui qui vient d'être décrit, et auquel il a apporté des modifications commandées par la taille des animaux. Ceux-ci étaient introduits dans un cylindre de tôle rivée à section elliptique, sorte de cellule qui est représentée fig. 22. Ce cylindre est entouré d'eau de tous côtés à l'exception de la paroi F, qui est