‹ Traité de chimie biologique (volume 2)Chapitre 204 sur 452 · Àrchivet de phytiologie {V série · texte numérisé non relu

Àrchivet de phytiologie {V série

plit comme celle des poissons. Ces animaux consomment par kilog. et par heure 0<%0648 d'oxygène (Jolyet et Regnard).

On sait, d'un autre côté, que beaucoup de poissons avalent de l'air à la surface de l'eau; quelques-uns sont même organisés de manière à fonctionner alternativement, au point de la respiration^ comme des animaux respirant dans l'air ou dans l'eau aërëe.

La loche des étangs (CobUis fossilis) présente cette particularité remarquable qu'elle avale de Tair à la surface de l'eau et le rend par l'anus, dépouillé d'une partie de son oxygène. D'après M. Baumert^, l'air rendu par l'anus ne renferme plus que 7 à 12 pour 100 d'oxygène et contient 1 à 2 pour 100 d'acide carbonique. Chose curieuse, pendant que cette respiration aérienne, qui est véritablement intestinale, s'effectue chez la loche des étangs, ses branchies demeurent inactives.

La vessie natatoire que possèdent un grand nombre de poissons est-elle un organe respiratoire? Il semble en être ainsi, tu moins pour quelque-uns et dans certaines circonstances. D'après M. A. Moreau*, la vessie natatoire de la perche renferme de 19 à 25 pour 100 d'oxygène et celle de la tanche S pour 100 du même gaz. Or, lorsqu'on place les perches dans une eau faiblement aérée, elles consomment l'oxygène de leur yessie natatoire et l'épuisent avant de périr; dans les mêmes conditions, les tanches périssent sans l'avoir consommé. Au reste, la vessie natatoire des perches étant parfaitement close, l'oxygène ne peut s'y accumuler qu'à la suite d'un travail physiologique consécutif de la respiration normale; si donc ces poissons consomment avant de périr l'oxygène qu'ils avaient accumulé antérieurement dans leur vessie natatoire, c'est là, d'après M. Moreau, un pur accident, et qui ne préjuge rien au sujet des fonctions de la vessie natatoire comme organe de la respiration. De fait, la vessie natatoire d'un grand nombre de poissons d'eau douce renferme, d'après M. Owen, principalement de l'azote, avec une très petite proportion d'oxygène et des traces d'acide carbonique. La vessie natatoire des poissons

1. Respiration de* Schlammpcitigcn {Ann. der Chem. u, Pharm,, t UXXIII, p. 1).

% Compi. rend. 1S63, p. 37 et 810.

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de mer, surtout de ceux qui vivent à de grandes profondeurs, renferme une plus grande quantité d'oxygène.

Respiration chez les invertébrés. — Les expériences de Regnault et Reiset avaient donné quelques indications sur U respiration des hannetons, des vers à soie et des vers de terre (page 434). MM. Jolyet et Regnard ont étudié l'activité de la respiration chez les crustacés, les annélides, les mollusques et les zoophytes. Les résultats qu'ils ont obtenus sont consignés dans le tableau suivant :

Crustacés.

Astacus fluviatilis.

Gammarus pulex .

PalemoD sqailla. .

Cancer pagurus. .

Homanis vulgaris. . .

Palinurus quadricornis

Mollusques.

Octopos vulgarig..

Le môme

Gardium edule^ .

Mutilus edulis^ .

Ostrea edulis'.. .

Ànnélidcs.

Hirudo ofGcinalis . . .

Les mômes, 5 jours après l'ingestion du sang

Zoophyte.

Asteracanthion rubens.

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1. Ghez les mollusques à valves le poids de la coquille diminue natarellemenl la proportion d'oxygène absorbée, lorsque celle-ci est rapportée au poids brut de Panimal.

§ 198. — Respiration chez l'homme. — Les expériences de MM. Andral et Gavarret, Scharling, Vierordt, Yalentin et Brun-

ACTIVITÉ ET VARIATIONS. kkl

neTy Pettenkofer et Voit ont fourni de nombreuses données concernant la respiration humaine et ses variations. La plupart de ces expérimentateurs ont eu en vue la respiration pulmonaire et se sont bornés à doser Tacide carbonique. Seuls MM. Pettenkofer et Voit ont condensé les produits de la respiration totale et ont pu évaluer la consommation d^oxygène.

Il résulte des expériences de MM. Andral et Gavarret, confirmées par celles de Scharling, qu'un homme adulte du poids de 65 à68 kilogrammes exhale par les poumons, en 24 heures, 914 litres d'acide carbonique, qui renferment, en nombres ronds, 292 grammes de carbone. La quantité de carbone brûlée par heure s'élève donc à 12^^,2 environ. Le poids du corps restant sensiblement le môme, la quantité de carbone brûlée par heure diminue avec l'âge. Entre soixante et quatre-vingts ans elle ne dépasse pas en moyenne 9<%2. La quantité absolue d'acide carbonique exhalée est moins forte chez les enfants que chez l'adulte ; la quantité relative rapportée à l'unité de poids est plus considérable au contraire. Ainsi, l'activité de la respiration est plus grande dans le jeune âge : résultat d'ailleurs explicable, un enfant devant compenser par une plus forte production de chaleur les pertes relativement plus considérables que lui fait éprouver la petitesse de sa taille.

Le tableau suivant indique quelques-uns des résultats obtenus par MM. Andral et Gavarret :

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