Hoppe Seyler. PkysioL Chemie, p
grandes variations de pression exercent une certaine influence sur l'absorption de Toxygène. Sous de très faibles pressions le sang prend moins d'oxygène que sous des pressions plus fortes (voir page 469), et Ton ne doit pas s'étonner de ce fait si Ton se rappelle que l'oxyhémoglobine perd de l'oxygène dans le vide, en vertu d'un véritable phénomène de dissociation. On a établi, en effet, que l'oxyhémoglobine est une combinaison dissociable : dissoute dans Tcau, elle possède à 35^, d'après M. Hûfner',une tension de dissociation égale à 25 millimètres de mercure environ. Elle perdra donc de l'oxygène, lorsque la tension partielle de ce gaz tombe au-dessous de ce chiffre dans le milieu gazeux.
§ 215. Plus complexe est le phénomène de l'exhalation de l'acide carbonique dans les poumons. Ge gaz est contenu dans le sang sous deux états : à l'état de combinaison, à l'état de dissolution. Le sang est alcalin, et il ne faut pas perdre de vue qu'à Tëtat physiologique il ne devient jamais neutre ou acide. Une portion de l'acide carbonique est donc unie à de l'alcali et forme avec lui une combinaison qui ne peut être décomposée que par l'intervention d'un autre acide. Et encore cette décomposition i^e serait complète qu'à la condition que l'acide mis en liberté pût se dégager entièrement. Il est évident que cette portion du gaz carbonique contenu dans le sang n'obéit pas à la loi de I^alton; elle est indépendante de l'autre qui est dissoute. D'apï'ès les expériences do M. Setschenow, la proportion de l'acide ''*>onique combiné et qui n'est expulsé dans le vide que par p ^*cidc8 ne serait que la dixième ou la douzième partie de gj^.^^e carbonique simplement dissous ou faiblement combiné
|. Peut être expulsé par le vide.
'n ^ ^Dg qui contient du carbonate de sodium renferme aussi ^^4oi»j>liate, et l'on sait que ces sels peuvent dissoudre de ^© ^?^t «•ionique, de manière à former un carbonate acide. ^A^^Kx.ce du phosphate qui tend à devenir acide, ce bicar- ^ ^^ ^^ t nécessairement très peu stable et il doit s'établir ^j^ ^^^\xx sels un équilibre facile à rompre par des chan-
température et de pression. En ce qui concerne ^ de l'acide carbonique faiblement combiné^ les
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expériences de M. Fernet ont démontré que le sënim se comporte exactement comme ferait une solution de carbonate et de phosphate de sodium renfermant ces sels dans la proportion ou ils sont contenus dans le sérum.
Une autre portion de l'acide carbonique est simplement dissoute dans le sang et cette solution doit se comporter comme se comporterait une solution aqueuse d'acide carbonique. Elle] doit céder à Tair, par diffusion^ une portion du gaz qu'elle renferme : la rapidité avec laquelle elle perd son acide carbonique à une température donnée dépend du temps, de la pression et de la tension de l'acide carbonique dans l'air où il est déversé. Pour ne considérer que ce dernier point, il est évident que la solution d'acide carbonique perdra son gaz d'autant plus facilement que la tension partielle de l'acide carbonique dans l'air des alvéoles sera plus faible.
C'est cette dernière condition qui gouverne principalement les échanges de gaz carbonique dans les alvéoles pulmonaires. L'atm osphère de ces dernières renferme du gaz carbonique, mais la tension de ce gaz y est telle au moment de l'inspiration, qu'une certaine quantité de gaz carbonique peut s'échapper du sang dans les alvéoles. Les lois de la diffusion jouent certainement un rôle dans ce phénomène ; mais, d'après ce que nous avons dit plus haut, elles ne le gouvernent pas tout entier, par la raison qu'une portion de l'acide carbonique est combinée dans le sang. Pour faire comprendre ceci, il suffit de rappeler un fait d'observation vulgaire. Exposez à l'air libre de l'eau distillée chargée d'acide carbonique; au bout d'un certain temps elle aura perdu son gaz. Faites la même expérience avec de l'eau de Seltz naturelle, chargée au môme degré; au bout d'un temps égal elle aura conservé une portion de son gaz : celui-ci est retenu par les carbonates contenus dans l'eau de Seltz, môme au delà de la proportion nécessaire pour les constituer à l'état de bicarbonates.
Ainsi le sang perd de l'acide carbonique par diffusion en passant dans les poumons, mais il le perd plus lentement et j)lus difficilement que ne ferait une solution de gaz carbonique, dians l'eau pure.
8 2 1 6. Une dernière question se présente. Le dégagement du gaz carbonique dans les alvéoles est-il favorisé par une action
chimique ? Une elpërience que Ton doit à MM. Schôffer et Preyer semble jeter quelque jour sur cette question. M. Schôffer avait remarqué que les globules exercent une certaine action sur le dégagement de l'acide carbonique du sang, et M. Preyer a confirmé et précisé cette remarque par Texpérience suivante. Du sang est partagé en deux portions : Tune est abandonnée à la coagulation, l'autre est défibrinée. Le sérum de la première portion et le sang défibriné sont entièrement et séparément privés de gaz dans le vide. Si on les môle ensuite et qu'on les expose de nouveau dans le vide, il s'en échappera une nouvelle quantité de gaz carbonique, et cette quantité correspond exactement à celle que le sérum privé de gaz aurait laissée dégager par l'action des acides. Il semble donc que les globules exercent sur le sérum une action analogue à celle des acides. Renferment-ils un acide qui passerait par diffusion dans le sënim? On l'ignore, et cela ne parait pas probable. Mais Texpérience de M. Preyer tend à prouver qu'une action chimique est en jeu dans le dégagement de l'acide carbonique^ et comme, dans le sang, le produit de la décomposition, l'acide carbonique, vient se mêler aux matériaux qui réagissent pour produire cette décomposition (bicarbonates et globules), il doit en résulter une espèce d'équilibre entre tous ces corps. En un mot, si l'expérience de M. Preyer est exacte et bien interprétée, une question de dissociation doit intervenir dans Texplication de ces phénomènes.
Quoi qu'il en soit, cette action chimique, dont les effets viendront s'ajouter à ceux que produit la diffusion gazeuse, doit être très faible, car il ne faut pas oublier que le sang reste alcftlin et qu'il ne perd dans le poumon qu'une petite fraction de la quantité totale d'acide carbonique qv'il renferme.
Nous ne mentionnons ici que pour la combattre une opinion d'après laquelle l'acide carbonique exhalé ne serait pas le produit d'une combustion lente, mais bien un produit de dédoublement, comme on le remarque, par exemple, dans la fermentation alcoolique. Les partisans de cette singulière opinion oublient que, dans la respiration, le dégagement d'acide carbonique est corrélatif d'une absorption d'oxygène, qui ne se retrouve môme pas tout entier dans l'acide carbonique exhalé. A quoi servirait-il, si ce n'esta effectuer des oxydations? Ils ou-
blient, en outre, que les faits établissent une relation évidente entre les combustions respiratoires et la chaleur animale. Il est donc inutile de nous arrêter sur ce point.
g 217. Siège et mode des phénomènes de combustion respiratoire. — Le poumon n'est pas le siège des phénomènes de combustion. Les physiologistes admettent aujourd'hui que la combustion respiratoire s'accomplit dans le sang, et surtout dans les tissus. Les globules qui absorbent l'oxygène dans les poumons le portent au loin dans l'économie. Dans le parconrs du système artériel, le sang conserve son apparence vermeille. L'oxy hémoglobine n'est pas modifiée ou Test fort peu. Il est donc peu probable que le sang artériel soit un siège actif des phénomènes de combustion. Nous ne pouvons partager l'opinion contraire, récemment soutenue par MM. Estor et Saint- Pierre*. Les expériences de ces physiologistes sur les proportions relatives d'oxygène contenues dans le sang des artères carotides, rénales, crurales (21,06, — 18,22, — 7,22), ont été contestées d'ailleurs par M. P. Bert*. Au reste, si le sang artériel était le siège principal des phénomènes de combustion, il devrait être plus chaud que le sang veineux, et c'est le contraire qui a lieu. C'est donc dans le système capillaire et surtout à travers l'épaisseur des parois des vaisseaux capillaires, dans l'intimité même des tissus, que s'accomplissent les combustions respiratoires.
Là l'oxyhémoglobinc cède l'excès d'oxygène qu'elle a absorbé et le transporte sur des matières oxydables qui doivent être éliminées de l'économie. Elle devient ainsi hémoglobine réduite. C'est donc cette curieuse matière cristalline qui forme la partie essentielle des globules du sang, qui est le véhicule de l'oxygène.
Une expérience récente de M. Schûtzenberger' prête un nouvel appui à l'opinion qui place le siège des phénomènes de combustion dans l'intimité des tissus. D'après cet auteur, l'oxygène passerait par diffusion des globules sanguins aux cel Iules baignées par le plasma des organes, et cela au traders des parois des capillaires, et sous l'influence d'une propriété