‹ Traité de chimie biologique (volume 2)Chapitre 288 sur 452 · IV. TISSU MUSCULAIRE · texte numérisé non relu

IV. TISSU MUSCULAIRE

§ 254. On distingue doux espèces de fibres musculaires, les fibres lisses et les fibres striëes. Les unes et les autres sont formées par la soudure de cellules contractiles. Lorsque cette soudure se fait bout à bout de façon que les cellules conservent encore leur forme allongée, il en résulte des fibres variqueuses avec renflements, qui renferment encore les noyaux allongés et le contenu granuleux des cellules contractiles : c'est la fibre lisse. Si, au contraire, ces cellules sont serrées les unes contre les autres, de façon à présenter une fusion plus complète, il ea résulte des fibres plus régulières qui sont les fibres striées.

Fibres striées. Elles sont formées par la réunion d'un certain nombre de fibrilles longitudinales, qui sont pressées les unes contre les autres et contenues dans une enveloppe, sorte de tube élastique et amorphe, le sarcolemme. C'est ce qu'on nomme la fibre primitive ou faisceau primitif. Le sarcolemme, insoluble dans l'eau froide ou bouillante, dans une solution de chlorure de sodium, dans l'acide acétique, dans la soude étendue, se rapproche beaucoup par ces caractères chimiques de la kératine ou de l'élastine.

Le contenu du sarcolemme offre une structure assez compliquée : il est divisé en un certain nombre de disques, d'égale hauteur et d'égal diamètre, par des membranes transversales qui semblent adhérer plus fortement au sarcolemme que le reste. La substance comprise entre deux de ces membranes primitives, les « Grundmembranen 5j ou membranes fondamentales de Krause*, n'est pas homogène. Elle est formée elle-

1. Centralblatt fur die Medizinischen Wissenschaften, 1873, n« 7. 2 Ardiiv fur die gesammle Physiologie^ t. VII, p. 508.

même par la superposition de disques, au nombre de neuf d'après M. Engelmann^ Les uns, placés au milieu, sont formés par une substance biréfringente dont les particules affectent la forme de petits prismes, serrés les uns à côté des autres, et orientés de telle façon que les grands axes, qui sont les axes optiques, soient parallèles à Taxe de la fibre '. Les autres sont formés par une substance isotrope. Bien qu'il soit impossible, en examinant au microscope les coupes d'une fibre musculaire, de reconnaître l'existence d'un liquide interposé entre ces disques, on doit admettre néanmoins qu'ils sont, sinon baignés, du moins imprégnés d'un liquide spontanément coagulable qui sera décrit plus loin sous le nom de plasma musculaire. Ajoutons que, d'après M. Brûcke, la contraction n'abolit par le pouvoir biréfringent des éléments prismatiques qu'on a désignés sous le nom de prismes de Bowmann.

Il est très probable que les disques biréfringents que M. Brûcke nomme « disdiaclastes » offrent une texture solide parfaitement homogène et que le liquide mentionné plus haut sépare et imprègne les disques isotropes dont la consistance est plutôt celle d'une bouillie.

La disposition qui vient d'être décrite donne aux fibres un aspect strié, et les stries sont le plus souvent transversales. Dans d'autres cas, elles sont longitudinales.

Fibres lisses. Elles sont surtout placées dans les parois contractiles des viscères (intestin, vessie, utérus) et des muscles de la vie organique. Leur structure histologique n'est pas bien connue ; on ignore, en particulier, si elles renferment les deux substances biréfringente et isotrope qu'on peut distinguer dans les fibres striées. D'un autre côté, on n'a pas démontré l'existence d'une membrane entourant les fibres lisses. M. Brûcke' a rencontré du glycogène dans les fibres lisses de la tunique musculeuse de l'estomac.

Après la mort, les muscles lisses présentent, comme les muscles strié», mais à un moindre degré, les phénomènes de la rigidité cadavérique.

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