RÉTINE
g 286. Rétine. — On ne possède que des données incomplètes sur la composition chimique des différents éléments de la rétine, dont la structure histologique est d'ailleurs compliquée et obscure. La rétine offre une coloration rouge qui est due à une matière colorante particulière aux bâtonnets. Cette matière possède la singulière propriété de se modifier rapidement sous l'influence de la lumière ; sa coloration s'évanouit bientôt pour reparaître dans l'obscurité, chez les animaux viyants. Ces observations ont été faites d'abord par M. Boll' chez les grenouilles. M. Kûhne • a reconnu que cette matière colorante, la rhodopsine ou pourpre rétinien, se dissout dans une solution de bilate (glycocholate) de sodium à 3 pour 100. Lorsqu^on soumet la solution à la dialyse, on obtient un magma myéliforme d'un pourpre intense.
Ces opérations doivent être faites dans l'obscurité, car la lumière décolore la matière colorante rouge, comme les bâtonnets eux-mêmes. La matière ainsi obtenue est mélangée avec la névrokératine (voir page 613) qui, d'après M. Kûhne, se dissout pareillement dans la solution de bilate. Quoi qu'il en soit, la rhodopsine n'est pas connue à l'état de pureté et ses réactions sont passablement obscures. Sa coloration disparait sous l'influence des alcalis minéraux, de l'iode, du brome, de la plupart des acides, de l'acide sulfurique, de l'aldéhyde et môme de simples dissolvants comme l'alcool, l'élher, le chloroforme, etc. Par contre, des réducteurs assez énergiques, tels que le suifhydrate d'ammonium, le tartrate stanneux, et des oxydants puissants comme l'ozone, l'eau oxygénée et le permanganate de potassium, le chlorure ferrique, seraient sans action. Ces données semblent étranges et contradictoires. A 50°, la matière humide commence à s'altérer. Sèche elle ne se décolore que lentement, môme à 100°.
D'après les expériences de M. Kûhne, la rhodopsine ne montre pas des bandes d'absorption bien déterminées, lorsqu'on examine au spectroscope, soit la solution dans le bilate sodique, soit la rétine elle-même; seulement, on constate une absorption diffuse mais bien marquée, dans la région du spectre comprise
1. Monalsberichte der AcadL der Wiss, zu Berlin, novembre 1876, janvier et février 1877.
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entre les lignes D et E. Le maximam est sitoé trois fois pl«^ près de E que D. En D elle est faible, en G nulle. De F TersG elle est sensible et décroît lentement ; an delà de G elle tombe rapidement et est très faible ^ers H. M. BoU a reconnu que par l'action de la lumière sur la ibodopsine, il se forme une matière colorante jaune qui présente un spectre d'absorption particulier. L'absorption est la plus forte un peu avant 6 et décroît ensuite d'un côté vers H, de l'autre jusque dans le voisinage de F. Elle diminue ensuite rapidement. Très faible vers b et E, elle est nulle en D.
Nous ne pouvons pas décrire ici en détail les propriétés optiques de la rhodopsine. Ajoutons seulement que d'après MM. Helmholtz et Setschenow* on voit apparaître une fluorescence blanc verdâtre de la rétine, lorsqu'on y fait tomber des rayons ultraviolets.
On doit à M. Gahn' des recherches sur la composition chimique de la rétine. A l'état frais, elle possède une réaction alcaline. Une solution de chlorure de sodium saturée au tiers en extrait trois matières albuminoîdes. L'une d'elles, insoluble dans la solution saturée de chlorure de sodium, se coagule à 55*^ et est probablement identique avec la myosine. La seconde, précipi table par l'acide acétique et ensuite insoluble dans l'eau de baryte, se rapproche de la mucine. La troisième paraît identique avec la serine. Voici les analyses de M. Gahn :