jl = 0mm,001 = un millième de millimètre
2. Recherches sur l'anatomie, normale et pathologique du sang. Paris, 1878.
3. Archxv filr physiol. Ileilkunde, t. XI, 1852, et. t. XIII, 1854.
4. Vièrteljahrschrift f. prakt. ffeilkunde , 1854, t. XLIV, p. 11.
LE SANG
dans lequel ils comptaient les globules à l’aide d’un oculaire quadrillé. En employant cette méthode, M. Malassez a trouvé dans le sang provenant du bout du doigt 4,000,000 de globules par millimètre cube. D’après MM. Nachct et Hayem 1, les appareils capillaires donnent des résultats inexacts. Leur compte -globules ou hématimètre est une petite cellule de hauteur connue.
Dans cette cellule on dépose le sang, après l'avoir délayé dans une quantité déterminée d'un liquide séreux tel que celui de Phydropneumothorax ou de l’ascite, puis on place sur le tout une lamelle de verre. Le sang délayé forme ainsi une lame liquide à surfaces parallèles, qu'un oculaire quadrillé divise en cubes parfaits : on compte les globules dans un ou plusieurs de ces cubes. En se mettant à l’abri des causes d’erreurs qu’on, peut rencontrer dans cette opération délicate, M. Hayem a trouvé que, chez un homme adulte et vigoureux, la moyenne du nombre de globules du sang des capillaires du bout du doigt atteint 5,500,000 par millimètre cube.
Ce sont là des évaluations approximatives sans doute, mais qui donnent une idée de la quantité immense, on serait presque tenté de dire innombrable, de globules sanguins contenus dans la masse totale du sang de l’homme. Dans dix litres de ce sang, le nombre des globules s’élèverait à environ 50,000 milliards, et la surface de ces globules a été évaluée à 2,816 mètres carrés. Quelle que soit la valeur de ces chiffres, qu’il faut accepter avec réserve, ils donnent une idée de la puissance de l’appareil chargé des fonctions de l'hématose.
Forme des globules rouges. — Les globules du sang humain sont aplatis, discoïdes, renflés sur les bords et présentent une dépression au centre. Ils offrent donc l’aspect d’une lentille
1. Recherches sur l'Anatomie normale et pathologique du sang, Paris, 1878, p. 5.
SA CONSTITUTION HISTOLOGIQUE
légèrement biconcave et apparaissent au microscope sous forme circulaire, lorsqu’ils sont vus de face, ou allongée sous forme de bâtonnets lorsqu’ils sont vus par la tranche. D’après H. Welcker, le diamètre du disque étant en moyenne de 0mni, 0077, l’épaisseur de la tranche ne dépasse pas 0mm,0019
Fig. 4. — a, globules rouges ou hématies ; — b, hématies vues par la tranche; — c, hématies disposées en piles ; — cl, globule devenu sphérique sous l’influence de l’eau; — e, globules décolorés par l’eau ; — f, globules déformés par l’évaporation.
Fig. 5. — Globules sanguins des reptiles.
pour le sang d'homme. Pour le sang de femme, ces dimensions seraient un peu plus faibles.
Les globules rouges discoïdes offrent une disposition particulière à s’appliquer les uns contre les autres et à s’arranger, au bout de quelques minutes, en piles, comme le montrent les ligures h et 6. Ils sont mous, élastiques et peuvent, en se déformant et se rapetissant, passer au travers d’ouvertures dont le diamètre est plus petit que le leur.
Indépendamment de ces globules rouges discoïdes, le sang renferme, d’après M. Ranvier, des globules rouges sphériques un peu plus petits que les premiers, leur diamètre ne dépassant pas (D,5. M. Hayem 1 admet que ces globules sphériques ou microcytes ne préexistent pas dans le sang, mais résultent de la transformation des globules discoïdes et biconcaves, sous l'influence des agents extérieurs.
§ llâ. Structure des globules rouges. — Les hématies con-
1. Recherches sur l'anatomie normale et pathologique du sang. Paris, p. 03.
wirtz. — mot..
LE SANG
stiluent une masse homogène dépourvue de noyau, au moins pendant la vie extra-utérine. Les globules du sang de fœtus, généralement un peu plus volumineux, présentent, au contraire, des noyaux. La structure des hématies a été l’objet d’un grand nombre de travaux, sans qu’on puisse dire que la science soit définitivement fixée à cet égard, il est certain, en effet, que les agents physiques et les véhicules tels que l’eau ou l’eau alcoolisée ou le sérum iodé, qui ont été employés dans ces recherches, peuvent altérer la structure des globules et même la constitution chimique de leurs matériaux, circonstance qui paraît de nature à jeter quelques doutes sur les conclusions qu’on a tirées de ces expériences.
On s’accordait à admettre, il y a quelques années, que les globules sanguins, véritables cellules, présentent une membrane qui leur sert d’enveloppe, et un contenu semi-liquide coloré en rouge. 11 semble qu’il faille revenir à cette opinion, qui avait été abandonnée à la suite des travaux de M. Rollet1. D’après ce physiologiste, les hématies, dépourvues d'enveloppes, seraient formées par une trame organique solide, molle, incolore, qu’il a nommée stroma, et qui serait imprégnée, comme une éponge, d’un liquide coloré très épais, essentiellement formé d’hémoglobine. On réussit, en effet, à enlever ce liquide par divers procédés, de manière. à laisser une partie insoluble, enveloppe ou stroma. Voici le procédé de M. Rollet.
Dans une capsule métallique fortement refroidie au-dessous de 0°, on laisse tomber goutte à goutte du sang défibriné de cheval, de chien ou de cochon d’Inde, de telle façon que chaque goutte se congèle immédiatement. On laisse ensuite le tout se réchauffer à + 20°. Le sang liquéfié de nouveau a perdu son aspect primitif : il est devenu rouge groseille et transparent. Lorsqu’on examine cette liqueur au microscope, on reconnaît que les globules sanguins ont perdu leur couleur, en conservant leur forme : ils nagent dans un liquide rouge homogène. Le contenu semi-liquide des globules a été expulsé et s’est dissous dans le sérum, et la partie insoluble, enveloppe ou stroma, est restée.
1. Sitzuncjsberichte der Wiener Akad. der Wissensch, t XL VI, mai 18G2.
SA CONSTITUTION HISTOLOGIQUE. 275
Les observations suivantes de M. Ranvier 1 démontrent l’existence d'une membrane périphérique, sans infirmer d’ailleurs celle d'une trame organique solide dans l’épaisseur des globules.
Lorsqu’on met une ou deux gouttes d’eau sur le bord de la lamelle avec laquelle on vient de recouvrir une goutte de sang pour l’examiner au microscope, l’eau pénètre par capillarité entre les deux lames, atteint les globules, les déforme et dissout leur contenu. Lorsque cette action est terminée, on aperçoit une solution colorée en jaune sur laquelle se détachent des globules sphériques décolorés. L’enveloppe des globules et les globules eux-mêmes ont donc subi un changement de forme ; en même temps, la matière colorante a été extravasée. L’alcool étendu (2 p. d’eau pour 1 d’alcool à 36°) agit comme l’eau; seulement, dans ce cas, les globules décolorés prennent la forme de vésicules à double contour très net, condition qui accuse l’existence d’une membrane ou coucbe limitante.
D’après M. Rollet, les globules rouges sont décolorés par l’action d’étincelles électriques. La matière colorante est extravasée et rougit le sérum ; les stromas restent.
L’urée ajoutée au sang défibriné ramène aussi les globules à la forme sphérique, mais ne les décolore pas (Kôlliker).
Par l’action de la bile, les globules pâlissent d’abord, puis disparaissent tout à coup sans laisser de trace. Cette observation intéressante est due à M. Kuhne.
S 115. Globules elliptiques. — Les globules elliptiques des oiseaux, des reptiles et des poissons présentent une forme et une structure particulière. Vus sous le microscope, les globules du sang de grenouille, par exemple, paraissent colorés en jaune pale et présentent à leur milieu une zone ovalaire légèrement granuleuse, plus claire que le reste. Tous les globules ne présentent pas cet aspect. On en remarque un certain nombre qui offrent une teinte jaune beaucoup plus foncée. Ces derniers apparaissent plus étroits et fusiformes : ils sont vus par la tranche. On peut en conclure que la forme des globules elliptiques est celle d’un ovoïde aplati sans dépression centrale.
1. Recherches sur les éléments du sang, dans la Bibliothèque des hautes études. Laboratoire d'histologie et Archives de plujsioh, 1874, p. 790.
LE SANG
Les globules elliptiques du sang de grenouille sont pourvus d’un noyau entouré de granulations. Par l’action de l’eau, ils se déforment en se gonflant, ensuite ils pâlissent peu à peu ; la matière colorante qu’ils renferment se dissout dans le liquide et les globules restent sous forme de cellules arrondies , incolores , contenant un noyau à bords très nets'. Les noyaux, insolubles dans l’eau, l’alcool, l’éther, le chloroforme, les acides organiques, se dissolvent aisément dans la potasse très étendue. Pour les faire apparaître, M. Ranvier ajoute à une goutte de sang de grenouille déposée sur une lame de verre deux ou trois gouttes d’alcool à 3G° Cart. étendu de deux parties d’eau, et recouvre le mélange d’une lamelle bordée de paraffine. On voit alors sous le microscope les globules, légèrement gonflés, se décolorer, l’hémoglobine se dissolvant dans l’alcool faible. Les noyaux, pourvus de nucléoles, deviennent très apparents L
Par l’action du sulfate de rosaniline, le noyau et les granulations prennent une couleur rouge vif et, chose importante, la membrane périphérique se colore elle-même en rouge, tandis que le reste de la substance globulaire est à peine coloré. M. Rarfvier conclut de cette expérience importante à l’existence d’une membrane ou couche limitante, entourant les globules elliptiques du sang des batraciens. Cette couche est accusée par un double contour très net, ce qui semble indiquer qu’elle offre une certaine épaisseur. Elle est molle et se laisse traverser par les nucléoles dont il a été question plus haut 1 2.
Les recherches de M. Ranvier ont mis hors de doute la nature cellulaire des globules rouges des reptiles : ces globules sont limités par une couche périphérique. A part les noyaux, les hématies discoïdes des mammifères possèdent probablement la même structure, car on peut se demander si les expériences propres à mettre en évidence l’existence du stroma, la congélation en particulier, ne sont pas de nature à détruire la membrane. Si l’on considère le rôle des globules sanguins, leur composition parfaitement distincte de celle du sérum